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Virus: la quarantaine arrive en Italie, la Corée du Sud en alerte maximale

Virus: la quarantaine arrive en Italie, la Corée du Sud en alerte maximale
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La Corée du Sud a proclamé l'état d'alerte maximum dimanche face au coronavirus, alors que l'Italie devenait le premier pays d'Europe à mettre des villes en quarantaine, un mois exactement après une mesure similaire prise en Chine autour du berceau de l'épidémie.  

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Face à l'augmentation rapide de la contagion, le président sud-coréen Moon Jae-in a décidé de relever «au plus haut» le niveau d'alerte. L'épidémie de Covid-19 est «à un tournant décisif. Les prochains jours seront cruciaux», a-t-il estimé après une réunion du gouvernement.   

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Avec 602 cas de contamination, la Corée du Sud compte le plus grand nombre de malades sur son sol, après la Chine, exception faite du foyer d'infection du paquebot Diamond Princess au Japon.   

Trois nouveaux décès ont été annoncés dimanche, portant le total à cinq.   

Le président Moon a appelé les autorités à prendre «des mesures d'une ampleur sans précédent», alors que des centaines de membres d'une même secte d'inspiration chrétienne sont désormais contaminés dans le sud du pays.   

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Plus de 9000 d'entre eux sont en quarantaine ou bien forcés de rester chez eux.   

Entre Chine et Corée du Sud, la Corée du Nord, qui été l'un des premiers pays à fermer sa frontière avec la Chine, est pour l'instant officiellement épargnée par l'épidémie, mais son système de santé ne serait pas en mesure d'y faire face, selon des experts.   

À l'autre bout de l'Asie, près de 200 écoliers israéliens ont été appelés à rester cloîtrés chez eux pendant 14 jours après avoir été en contact avec des touristes sud-coréens contaminés.   

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Barrages invisibles  

Dans le nord de l'Italie, environ 52 000 personnes se sont réveillées dimanche dans des zones où ni l'entrée ni la sortie ne sont autorisées «sauf dérogation particulière», comme l'a annoncé le premier ministre Giuseppe Conte.   

Fermeture des entreprises et des établissements scolaires, annulation d'événements culturels et sportifs, report de matches de foot : le gouvernement italien tente de mettre sous cloche une partie de la Lombardie et la Vénétie et de freiner l'épidémie.   

La première mesure de confinement avait été édictée il y a un mois exactement, le 23 janvier, pour les 11 millions d'habitants de Wuhan, ville du centre de la Chine où s'est déclenchée l'épidémie de pneumonie virale en décembre.   

Les images des télévisions locales montraient une absence de barrages pour le moment autour des villes concernées. Même si le décret-loi prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à trois mois de réclusion pour les contrevenants.   

Troisième décès en Italie, 149 cas de contamination 

Une femme âgée, atteinte d’un cancer et qui avait contracté le nouveau coronavirus, est morte en Italie, ont annoncé dimanche les autorités, ce qui porte à trois le nombre de décès dans ce pays qui compte 149 personnes contaminées. 

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Le troisième cas mortel est une «femme âgée qui était hospitalisée à Crema (près de Crémone, en Lombardie, ndlr) depuis plusieurs jours et dont les tests montraient qu’elle avait contracté le coronavirus», a expliqué lors d’une conférence de presse à Milan, l’adjoint régional à la Santé, Giulio Gallera. 

Il a précisé qu’elle avait été admise «en oncologie dans un état grave». 

Dans une conférence de presse séparée, le chef de la Protection civile Angelo Borrelli a annoncé que l’Italie, pays le plus touché d’Europe, comptait 149 cas sans compter les trois personnes décédées, dont “110 contaminés en Lombardie (autour de Milan), 21 en Vénétie (autour de Venise), 9 en Emilie Romagne, 2 dans le Latium (Rome)”, ces deux cas ayant été contractés hors d’Italie. 

«55 sont hospitalisées avec des symptômes, 25 en thérapie intensive, 19 à l’isolement et 27 en cours de contrôle», a-t-il précisé. 

Les décès en lien au nouveau coronavirus concernent tous des personnes âgées et déjà atteintes d’autres pathologies. 

Le premier cas mortel en Italie était un maçon retraité de 78 ans à Vo’Euganeo, près de Padoue, en Vénétie (nord-est), qui est décédé le 21 février. 

Le deuxième décès a été celui d’une femme de 77 ans, trouvée morte chez elle le 22 février, à Casalpusterlengo, près de Codogno. Un test post-mortem a détecté la présence du virus. 

Risque d'expansion  

En Chine, le bilan a atteint dimanche 2442 morts après l'annonce de 97 décès supplémentaires, tous sauf un dans la province centrale du Hubei, berceau du virus.   

Le ministère de la Santé a aussi fait état de 648 nouveaux cas de contamination, ce qui porte à environ 77 000 le total national.   

Le nombre de décès annoncé dimanche pour les dernières 24 heures est en léger retrait par rapport à celui communiqué la veille (109), mais celui des nouveaux cas de contamination repart à la hausse (397 samedi).   

Mais c'est l'expansion en dehors du pays qui avive les inquiétudes.   

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) redoute «le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires», a averti son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.   

C'est le cas de nombreux pays africains dont les infrastructures sanitaires et le personnel médical sont mal préparés pour affronter l'épidémie. Pour l'instant, sur le continent, seule l'Égypte a enregistré un cas confirmé de contamination.   

Une étude publiée vendredi par le centre des maladies infectieuses de l'Imperial College de Londres «estime qu'environ les deux tiers des cas de Covid-19 sortis de Chine sont restés indétectés au niveau mondial».   

Et les précautions manquent parfois : le Japon a confirmé dimanche que le virus avait finalement été diagnostiqué chez une ex-passagère du Diamond Princess, rentrée chez elle par le train mercredi après avoir été considérée comme un cas négatif.   

Plus d'une vingtaine d'anciens croisiéristes étrangers sont dans le même cas.

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