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Courir pour gagner

Alice Cole 86 ans, course

Alice Cole
Photo Chantal Poirier Pour la prochaine saison de courses, Alice Cole a quelques records mondiaux dans sa ligne de mire.

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« Je n’ai pas commencé à courir pour la santé, j’ai commencé à courir pour gagner », dit Alice Cole, 86 ans, les yeux aussi vifs que sa foulée. 

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Elle vient tout juste de reprendre son souffle, après l’une de ses quatre séances de course de la semaine. « J’ai fait des sprints... que je n’aurais pas dû faire ! Ça allait trop bien ! » précise l’athlète, tout sourire. De retour d’une blessure, elle doit suivre son plan de remise à la lettre... et ce n’est pas toujours facile. 

« Alice, il faut que je la surveille pour qu’elle ralentisse, sinon elle en ferait beaucoup plus, et peut-être trop, dit son entraîneur, Dorys Langlois. Il faut doser les risques. À plus de 80 ans, ceux qui gagnent sont ceux qui restent. » 

Commencer, et ne pas arrêter 

Alice Cole avait 70 ans lorsqu’elle a commencé à courir. Avant, c’était le gym, le vélo et la randonnée. « Des amis m’ont mis au défi de courir sur le tapis roulant alors qu’on s’entraînait... et l’année suivante, j’étais à Edmonton, à mes premiers Championnats du monde en course à pied ! » raconte Mme Cole. 

Sans surprise, beaucoup ont craint qu’elle se blesse en commençant une activité aérobique à impact à un âge avancé. « On m’a dit que je prenais trop de risques pour mon âge ! Le vrai risque, à mon avis, c’est de ne rien faire », dit la coureuse de Montréal. 

Selon son entraîneur, il ne fait aucun doute que la génétique lui est favorable. Les années passent, et Alice Cole ne ralentit pas autant qu’elle devrait. Impossible de deviner jusqu’où son potentiel l’aurait menée si elle avait commencé plus tôt. On sait toutefois où celui-ci la place aujourd’hui : elle détient le record du monde dans sa catégorie au 800 m (3 min 42 s) et au 1600 miles (11 min 23 s), ainsi que plusieurs records canadiens dans sa catégorie d’âge (dont 1 min 58 s,68 s au 400 m et 27 min 18 s au 5 km). 

Cette année, elle s’attend à aller chercher les records du monde qui lui « manquent », dont le 400 m et le 1500 m... et, si ce n’était que d’elle, elle irait chercher tous les autres. 

« Le 100 m et les distances de plus de 5 km posent plus de risques de blessures, la met en garde toutefois Dorys Langlois. À 100 m, c’est l’intensité qui est problématique, pour un 5 km, le volume d’entraînement requis. » 

« Dorys me retient », avoue Alice.  

Elle s’enthousiasme en pensant aux records qu’elle fera ensuite à 90 ans, puis 95 ans. 

« Je vais courir jusqu’à 100 ans, c’est sûr ! » dit-elle. Son entraîneur adapte ses entraînements tous les jours, pour qu’ils soient toujours bien dosés selon ses capacités du moment (« c’est ça qui est important, et non son âge », dit Dorys Langlois). Sage élève, Alice Cole s’assure de bien manger et de bien se reposer pour optimiser sa récupération. « Je ne prends aujourd’hui qu’un verre de vin par jour, la plupart du temps », précise-t-elle, tout sourire.