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Pour mieux dialoguer avec son corps

Bertrand Gauthier 74 ans, yoga

Chronique Oxygène - Bertrand Gauthier
Photo Ben Pelosse Pour Bertrand Gauthier, le yoga est simplement un complément de vie.

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« Je fais tout ça pour continuer à travailler », résume Bertrand Gauthier, écrivain. 

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Le Montréalais de 74 ans n’a pas une routine de travail fixe – « je suis un exemple d’indiscipline totale depuis toujours », précise-t-il –, mais il place à l’agenda, docilement, trois cours de yoga hebdomadaires, en plus de quelques séances de spinning et d’entraînements Essentrics. 

« Le matin, en général, j’écris, puis j’arrive au studio de yoga, où je recommence à respirer », dit M.Gauthier. Les épaules voûtées, la tête penchée vers l’écran, le souffle, toujours un peu court. « Écrire m’est extrêmement prenant », dit l’écrivain connu notamment pour le célèbre personnage d’Ani Croche, le tendre Zunik et les jumeaux Bulle. 

S’écouter et respirer 

Bertrand Gauthier s’est mis au yoga dans la soixantaine, sans aucune ambition acrobatique. Plutôt, une certaine curiosité et la recherche de détente. « Le yoga pour moi, c’est un complément de vie. Un complément à mes autres activités physiques, comme le spinning et le tennis, et un complément à mon quotidien », dit l’écrivain. « Lorsque je marche, je prends désormais conscience de l’ouverture de la cage thoracique », cite en exemple Bertrand Gauthier.  

« Quand on est jeune, tout est naturel, automatique. Quand on vieillit, il faut penser aux gestes que l’on pose », dit le sportif. Le yoga est une invitation à l’écoute, mais aussi au dialogue avec un corps qu’on n’entendrait autrement que rouspéter contre le temps qui passe. « Depuis que je fais du yoga, je sens que je maintiens ma flexibilité, ma force et mon équilibre. C’est déjà énorme ! » a-t-il dit. 

Au lieu des prouesses et de la performance, des mouvements et des pauses. « Le yoga peut s’adapter à tous les âges. La respiration, c’est universel », sou-ligne Dylane Hétu, professeure de yoga. 

S’ouvrir et se responsabiliser 

Il y a l’activité physique, et il y a le quotidien. Commun aux deux, le corps. Commune aux deux, la posture. « En vieillissant, on se voûte, comme si la gravité devenait pesante, partage Bertrand Gauthier. Le yoga m’aide à rétablir une bonne posture. » Or, une meilleure posture rime avec une meilleure santé : moins de douleurs quotidiennes, mais aussi une digestion plus efficace, une circulation fluide et un système nerveux soulagé. 

« Dans le mot “retraite”, il y a “retrait”, et, de suite, un risque d’isolement. C’est de ça que je me méfie surtout. Dans mes cours de yoga, je revois les mêmes visages, et je me fais même des amis », dit l’écrivain. 

« Puis, ici, je ne pense pas que les autres pensent que je suis vieux. Je ne veux pas qu’on me considère comme un vieux. Je ne suis ni jeune ni vieux : je suis vivant », ajoute le Montréalais.  

Le père d’Ani Croche déplore que l’on vive dans une société « où la négativité prime et où on se déresponsabilise de tout ». Le grand sportif a adapté sa pratique au fil du temps, sans jamais y voir une résignation ou y compter une série de deuils. « Je m’adapte, et je pense aussi qu’il faut combattre le mieux possible la vieillesse en mettant les statistiques de notre bord », partage-t-il. 

« Au fond, la vie, c’est comme un marathon. Sauf qu’on ne connaît ni la distance qu’on aura à parcourir ni le temps qui nous sera alloué », pense Bertrand Gauthier. Alors, il marche jusqu’au studio, y déroule son tapis, et il respire.