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Quand les hôteliers se mettent en mode solution

L’industrie a organisé une journée de recrutement afin de répondre à ses besoins

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Anait Aleksanian, directrice générale du Centre d’appui aux communautés immigrantes, qui offre des services aux nouveaux arrivants, dont un volet employabilité.

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Les besoins de recrutement sont de plus en plus criants dans les hôtels montréalais.   

Face à ce constat, l’Association des hôteliers du Grand Montréal (AHGM) a décidé de s’allier avec un organisme qui offre des services d’employabilité aux travailleurs immigrants pour organiser la première édition de la Journée de recrutement en hôtellerie qui s’est tenue récemment au Palais des congrès.      

« Les résultats ont dépassé nos attentes, affirme Eve Paré, PDG de l’AHGM. Plus de 1000 candidats ont franchi les portes du salon. »     

Ces chercheurs d’emploi avaient été préalablement sélectionnés par le Centre d’appui aux communautés immigrantes (CACI), qui s’est assuré de leurs qualifications et de leur intérêt pour un emploi en hôtellerie. Et aussi qu’ils détiennent un permis de travail valide pour permettre une embauche rapide.       

« On visait environ 500 candidats qualifiés. Finalement, plus du double se sont dits intéressés, il nous a fallu mettre fin au recrutement », explique Anait Aleksanian, directrice générale du CACI.     

« Un emploi en hôtellerie offre des perspectives intéressantes pour les nouveaux arrivants, ajoute-t-elle. Ce sont pour la plupart des postes réguliers avec salaire et avantages sociaux. De plus, ils ne requièrent pas de qualifications spécialisées. »     

Rattrapés par la pénurie   

« Montréal a été touchée plus tardivement par la pénurie, mais depuis 18 mois, elle frappe durement le secteur hôtelier, explique Eve Paré. C’est ce qui nous a poussés à agir. Avec le CACI, on a pu mettre en commun nos ressources pour faire se rencontrer employeurs et chercheurs d’emploi. »     

Une cinquantaine d’hôteliers étaient présents à la Journée de recrutement. Ils avaient plus de 500 postes à offrir.      

Le Groupe Antonopoulos, qui exploite 25 établissements dans le Vieux-Montréal, dont l’Hôtel Nelligan et l’Auberge du Vieux-Port, était de ceux-là.      

Renny Pulido, conseiller, Attraction et acquisition de talents, est reparti avec plus de 300 CV sous le bras. Une semaine après l’événement, il avait déjà procédé à une quinzaine d’embauches.      

Les activités de recrutement vont toutefois s’intensifier au cours des prochaines semaines.      

« En avril, on doit embaucher de 250 à 350 personnes en vue de l’ouverture de nos terrasses, explique-t-il. On a différents postes à pourvoir, mais là où la pénurie se fait le plus sentir, c’est pour les cuisiniers. »     

Au travail le jour même  

Au cours de la Journée de recrutement, certains employeurs n’ont pas hésité à embaucher les candidats sur place.      

« Il y en a même un qui a commencé à travailler le jour même. Une voiture est venue le chercher pour l’emmener à l’hôtel sur-le-champ. Il faut dire qu’il avait des compétences rares en entretien technique. L’employeur n’a pas voulu risquer de le perdre », relate Eve Paré, qui, face aux résultats obtenus, espère bien renouveler l’expérience l’an prochain.     

Les réelles attentes des travailleurs au Québec   

Pour attirer et retenir les travailleurs, encore faut-il savoir précisément quelles sont leurs aspirations. C’est ce à quoi veut répondre le Portrait 360°, une étude sur la main-d’œuvre québécoise dévoilée cette semaine par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Elle a été réalisée à la suite d’un sondage mené par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) auprès de 6290 travailleurs, 502 employeurs et 500 jeunes de 15 à 17 ans.   

Les résultats indiquent que 84 % des travailleurs veulent bénéficier des horaires de travail flexibles pour favoriser la conciliation avec les études, la famille et leurs contraintes personnelles. Cela est particulièrement vrai pour les personnes de 55 ans ou plus.   

Près de 50 % des répondants affirment être prêts à déménager pour améliorer leurs conditions de travail. Quelque 70 % des travailleurs accordent de l’importance à une meilleure reconnaissance ; 67 %, aux possibilités d’avancement ; et 63 %, à l’ambiance de travail.   

Un peu plus de 90 % des travailleurs accordent de l’importance au développement de leurs compétences. Toutefois, près du tiers des répondants soulignent ne pas avoir accès à de la formation dans le cadre de leur emploi.    

Faciliter l’intégration à un poste de cadre  

L’Ordre des administrateurs agréés du Québec (OAAQ) a lancé cette semaine une plateforme offrant des outils concrets pour faciliter l’intégration des cadres immigrants à des postes de décision au sein des entreprises.    

Ils pourront, par exemple, procéder à une auto-évaluation des compétences et aptitudes à prouver pour accéder à des emplois de cadre.    

La plateforme propose également une formation en ligne divisée en plusieurs modules sur différents aspects du monde du travail de même que des conseils pour aider les cadres immigrants dans leur pratique.    

Selon un sondage mené par l’OAAQ plus tôt cette année, les deux principaux freins à la promotion des personnes immigrantes à des postes de cadres dans les entreprises au Québec sont l’équivalence ou la reconnaissance de diplôme (34 %) et les barrières culturelles (28 %).    

La plateforme intitulée Éthique et déontologie du gestionnaire en sol québécois veut les aider à se familiariser avec les codes culturels, les styles de gestion et le contexte québécois des affaires.    

Elle est accessible en ligne à : formationgestionquebec.com.    

Des hausse des salaires modérées en 2020  

Alors que les salaires ont bondi bien au-delà du seuil de 3 % au Canada en 2019, il faut s’attendre à ce que le rythme de croissance se modère en 2020. C’est ce qui ressort de la plus récente lettre économique de BDC.    

Selon la moyenne de plusieurs enquêtes salariales menées auprès des employeurs canadiens, les salaires devraient augmenter de 2,7 % cette année.    

Le ralentissement de la création d’emplois, la faible croissance de la productivité sont deux facteurs qui devraient limiter les gains salariaux pour les employés.    

La croissance des salaires sera plus importante dans les secteurs où les talents sont en forte demande, soit les technologies numériques, les métiers spécialisés et les services professionnels.    


Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés, s’y préparent.   

Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à yves.daoust@quebecormedia.com