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Trop durs, trop mous

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Photo AFP Justin Trudeau

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On est en business, au Canada, non ? 

D’un côté, un gouvernement mollasson, qui manque de fermeté et jase, jase, jase jusqu’à ce que tout le monde s’endorme. 

De l’autre, une opposition conservatrice trop dure, qui rêve d’envoyer l’armée dans le tas et qui manque totalement de souplesse. 

Entre le Schtroumpf Mignon et Arnold Schwarzenegger, il n’y a pas une troisième voie ? 

ROULER DES MÉCANIQUES 

Oui, je sais, tout le monde est à bout de nerfs, à bout de patience, et on a hâte que toute cette crise se règle. 

Mais employer la manière forte comme le préconisent les conservateurs, qui roulent des mécaniques et parlent fort afin de montrer à tout le monde à quel point ils sont virils, contrairement à monsieur Kleenex, ne réglera strictement rien. 

Deux mois plus tard, vous vous retrouverez avec un autre blocus, ou deux, ou cinq. 

On ferait quoi, alors ? 

On jetterait tous les Autochtones en prison ? 

La seule façon de prévenir d’autres crises est de prendre le taureau par les cornes et d’essayer de régler le problème à la source. 

C’est-à-dire de faire table rase de la vieille Loi sur les Indiens et revoir de A à Z les relations entre le parlement canadien et les Premières Nations. 

Et ça, ça demande de la diplomatie, de l’écoute et, oui, « un brin » de patience.    

Des deux côtés. 

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PLUS DURE SERA LA CHUTE 

Certaines personnes ont beau pester contre les « méchants Amérindiens qui se foutent de la loi », le principal responsable de la crise dans laquelle nous pataugeons depuis trois semaines est notre premier ministre fédéral. 

La première fois qu’il a brigué le vote des Canadiens, Justin Trudeau s’est présenté comme le champion des droits des Autochtones et des écolos. 

Cinq ans plus tard, qu’est-ce qu’il se passe ? Strictement rien.   

Les Autochtones croupissent dans des réserves sans eau potable, Steven Guilbeault (que le PM a utilisé comme caution verte aux dernières élections) a été parachuté ministre du Patrimoine, et Justin est copain comme cochon avec les pétrolières. 

Plus tu mets la barre haute et plus tu gonfles les attentes, plus la chute est dure quand tu ne remplis pas tes promesses. 

Or, Justin a mis la barre haute comme ça. 

Résultat : les Autochtones et les écolos ont perdu confiance en lui. Ils ont vu trop souvent notre PM parler des deux côtés de la bouche... 

Alors ils se disent : on n’a plus rien à perdre. 

LES BEAUX DISCOURS 

Sur sa page Facebook, l’essayiste Jérôme Blanchet-Gravel a publié une réflexion intéressante. 

« La bien-pensance est en train de se retourner contre elle-même. On le voit bien avec la crise ferroviaire : Trudeau est totalement empêtré dans ses beaux discours. 

« En tant que grand féministe et multiculturaliste – mais qui reste un homme blanc –, Trudeau est devenu incapable de faire face à une femme ou à une communauté culturelle qu’il a canonisées. Il a pris tous les moyens pour torpiller sa propre légitimité. » 

À force de « sanctifier » les Premières Nations dans des discours larmoyants et creux, Trudeau les a rendues intouchables. 

Et les « saints » qu’il a créés se retournent maintenant contre lui... 

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