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«Cuba libre !» de Gabriel Anctil: images d’un pays en pleine mutation

Gabriel Anctil
Photo courtoisie, Julie Artacho Gabriel Anctil

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Roman rempli d’images de La Havane et de Cuba en pleine transformation, Cuba libre ! démontre l’acuité de la perception de l’écrivain Gabriel Anctil. Campé deux mois après la mort de Fidel Castro, le roman dépeint, par les descriptions du narrateur, la beauté un peu fanée de La Havane, l’arrivée du tourisme américain et les rêves de la jeunesse locale.  

Savoureux mélange de prose et de poésie, Cuba libre ! est inspiré d’un voyage que Gabriel Anctil a fait en 2017. 

«C’était la première fois que j’y allais. C’est ce que j’ai essayé de reproduire dans le roman : la découverte d’un nouveau pays, d’un univers. L’émerveillement qui va avec, les déceptions, tout ce qui arrive quand on visite un endroit pour la première fois», explique-t-il, en entrevue. 

«On a beaucoup d’images préconçues et d’attentes par rapport au pays, mais j’étais pressé d’y aller, en janvier 2017, parce que Fidel Castro venait de mourir, deux mois plus tôt, Trump venait d’être assermenté. Je voulais capter l’état du pays avant que ça change.» 

Gabriel, un passionné de politique qui suit beaucoup l’actualité internationale, y est retourné un an plus tard. 

«Ça change à la vitesse grand V. C’est incroyable. J’avais vraiment l’impression d’être dans l’épicentre de tous les changements mondiaux. Ça faisait quelques mois que les Américains avaient le droit d’aller sur l’île, comme touristes. Ça fait pleuvoir des dollars américains sur l’île. Raoul Castro était au pouvoir, mais il avait déjà annoncé qu’il allait quitter le pouvoir. C’est difficile d’avoir des circonstances plus explosives que ça!» 

L’avenir du pays 

<strong><em>Cuba libre !</em></strong><br>Gabriel Anctil<br>Éditions XYZ<br>290 pages.
Photo courtoisie
Cuba libre !
Gabriel Anctil
Éditions XYZ
290 pages.

L’écrivain se questionne sur l’avenir du pays. «Est-ce que ça s’en va vers une ouverture sur la démocratie, sur l’abandon total du communisme, ou si ça va rester figé comme ça? S’il y a une transition, est-ce que ça va être comme en Russie, qui est passée du communisme au capitalisme vraiment sauvage?» 

Il était très sensible à tout ce contexte. En arrivant sur place, il a été frappé de constater à quel point il y avait de la vie, dans les rues du quartier Centro, où il logeait. 

«La vie se déroule dans la rue. Les gens se parlent, sont assis sur le bord du trottoir. J’ai sorti mon carnet et j’ai commencé à noter ce que je voyais, de façon poétique.» 

Le moins de mots possible 

Il voulait capter ces images fugaces, en les décrivant avec le moins de mots possible. 

«C’est une forme qui s’est imposée sur place et que j’ai retravaillée, en revenant à Montréal. Ça m’a un peu surpris parce que je n’ai jamais publié de poésie et je n’ai jamais écrit de poésie de façon sérieuse, même si je pense que l’écriture de mes romans est poétique. Je trouvais que c’était une forme qui traduisait bien l’effervescence de la vie dans ce pays, et à La Havane en particulier.» 


  • Gabriel Anctil a aussi publié Sur la 132 et La tempête. 
  • Son roman Les aventures érotiques d’un écorché vif est en cours d’adaptation pour le cinéma.