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Coronavirus: la peur bouscule les plans de plusieurs voyageurs

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Photo AFP Cette voyageuse portait un masque et des lunettes protectrices, lundi, à son arrivée à l’aéroport international de Pudong à Shanghai, en Chine. Les voyageurs se protègent du coronavirus.

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Une mère de Québec n’en revient pas que sa fillette de 21 mois a été déclarée persona non grata par un équipage d’Air Transat sur un vol transatlantique, pour une fièvre qui lui paraissait banale, et se demande si la « paranoïa » entourant le nouveau coronavirus pourrait y être pour quelque chose.

Dimanche dernier, jour de son départ pour Paris, Lila s’est levée avec les symptômes d’un rhume pour une deuxième journée, raconte sa mère, Clémentine Ferraton, qui, par précaution, a décidé de consulter une médecin dans une clinique sans rendez-vous.

La petite combattait de toute évidence un virus et faisait de la fièvre par moments, mais son état n’était pas préoccupant aux yeux de la professionnelle, qui n’aurait manifesté aucune objection au vol, selon Mme Ferraton. 

Plaintes

Mais, une fois à l’intérieur de l’avion à l’aéroport Jean-Lesage de Québec, avant le décollage, « un ou deux » passagers se seraient plaints au personnel à propos de la toux de Lila, qui voyageait en compagnie de ses parents et de ses deux sœurs.

Les agents de bord ont demandé à voir un billet du médecin attestant que l’enfant pouvait prendre l’avion. Les parents n’en avaient pas. Un médecin qui prenait le même vol aurait ensuite examiné la fillette : malgré une fièvre de 39,6 °C, son état n’était pas inquiétant, d’après la mère de famille.

Après avoir contacté un spécialiste à distance, l’équipage a annoncé qu’elle ne pourrait pas être du voyage. 

« La directrice de vol a répété, à plusieurs reprises, “avec tout ce qu’il se passe en ce moment”. Elle nous a demandé si on était allés en Chine [ce qui n’était pas le cas, NDLR]. Je pense que les gens deviennent paranoïaques », déplore Mme Ferraton, à propos de l’épidémie mondiale de COVID-19, pour lequel il n’y a aucun cas confirmé au Québec.

La famille de cinq, qui voulait visiter des proches en France, a préféré demeurer à Québec dans les circonstances, et leur séjour de deux semaines est tombé à l’eau.

Procédures

Air Transat soutient avoir simplement suivi des procédures répandues dans l’industrie et établies bien avant qu’il soit question du coronavirus dans l’actualité.

« Le seul cas où un passager, présentant des signes flagrants d’une maladie contagieuse, pourrait être accepté à bord serait lorsque celui-ci fournit la documentation appropriée, remplie par un médecin qualifié », qui certifie que le passager n’est, en réalité, plus contagieux et n’est pas un risque pour la santé d’autrui, explique la porte-parole Debbie Cabana.

Selon des agents de voyage interrogés par Le Journal, l’épidémie de coronavirus fait souffler un vent de panique sur des touristes québécois, au point où plusieurs préfèrent annuler leur périple plutôt que de prendre l’avion, parfois même lorsque leur destination n’est pas touchée à l’heure actuelle.

— Avec la collaboration de Dominique Scali