/news
Navigation

Employé pris la main dans le sac: «On a échappé ça», admet le PDG d’Hydro-Québec

Coup d'oeil sur cet article

Très déçu par l’employé filmé en train d’accepter de l’argent d’un fournisseur, le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, admet que le système de surveillance interne a failli à détecter ce cas présumé de corruption.  

• À lire aussi: Employé d’Hydro-Québec pris la main dans le sac: intolérable, mais difficilement contrôlable, dit le ministre Julien  

• À lire aussi: Un architecte d’Hydro filmé en train d’accepter une enveloppe  

• À lire aussi: Hydro-Québec suspend son employé et appelle l’UPAC  

«Il y a toujours quelqu’un qui va réussir à déjouer le système. C’est prouvé, que n’importe quel système n’est pas parfait», a expliqué le gestionnaire sur les ondes de TVA Nouvelles, lundi.    

Notre Bureau d’enquête a publié lundi matin une vidéo montrant un architecte employé par Hydro-Québec, Guy Huot, en train d’accepter une enveloppe contenant 500$ de la part d’un entrepreneur, André Dansereau.    

Ce dernier et ses ex-partenaires affirment avoir versé à Guy Huot plus de 30 000$ en argent comptant, sur une période de 17 ans, pour qu’il les aide, entre autres, à obtenir des contrats de la société d’État.     

  • Marc-Antoine Pouliot, Chef – Médias et Affaires publiques chez Hydro Québec, a commenté l'affaire à QUB radio:  

Or, faute de dénonciation de la part du public ou de l’interne, Hydro-Québec n’a jamais été en mesure de faire la lumière sur ce stratagème, a indiqué Éric Martel.    

«Si ça a duré aussi longtemps, il faut retourner et se poser des questions [...] on a échappé ça, a-t-il expliqué. [...] Le plus surprenant, ce matin, c’est que ça n’ait [...] été dénoncé par personne en 17 ans.»    

Hydro-Québec, lundi matin, a suspendu sans solde Guy Huot. Le service de sécurité interne de la société d'État enquêtera sur le volet administratif de ce cas de corruption présumée. L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a également ouvert une enquête, tout comme l'Ordre des architectes du Québec.    

Tout en qualifiant d’«intolérable» le geste posé par l’architecte, le ministre responsable d’Hydro-Québec, Jonatan Julien, a lui aussi expliqué qu’il aurait été très difficile de l'empêcher.    

«Tous les systèmes de régie interne, aussi robustes soient-ils, auront de la difficulté à prévenir ce genre d’éléments là», a-t-il indiqué en point de presse lundi.    

«Il faut voir les impacts de ça. C’est pour ça qu’on doit analyser dans tous les systèmes qu’est-ce qui a pu se passer avec ce fournisseur-là, qu’est-ce que ça impliquait, quels étaient les avantages réels, pour être en mesure de circonscrire ces éléments-là», a expliqué le ministre.    

«L’UPAC va mener une enquête très serrée et les services de sécurité interne d’HQ également», a répondu son attachée de presse, à qui l'on demandait si tous les contrats auxquels Guy Huot a participé seraient scrutés par les enquêteurs.    

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a quant à lui tenu à lancer un appel à tous: «N’hésitez pas à signaler tout cas actuel ou passé de trafic d’influence.» 

Il se dit toutefois peu surpris devant ce cas, malgré la tenue de la commission Charbonneau, puisque de nombreux domaines n’y ont pas été passés au peigne fin.    

Le député de Québec solidaire Vincent Marissal qualifie de «méchant wake up call» la vidéo révélée par notre Bureau d’enquête. Le gouvernement doit saisir cette occasion pour rappeler à toutes les sociétés d’État de rester vigilantes, près de cinq ans après le dépôt du rapport de la commission Charbonneau.