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La violence conjugale... jusqu’au travail



Exhausted female freelancer using smartphone in cowork office
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Une travailleuse canadienne sur trois aurait été victime de violence conjugale. Pour plus de la moitié d’entre elles, la violence se poursuit au travail, notamment sous la forme de textos en continu. Que peuvent faire les employeurs, les collègues ?  

Plus de 33 % des travailleuses canadiennes auraient été victimes de violence conjugale, selon une étude de l’Université Western, en Ontario, publiée en 2014. De ce nombre, 53,5 % déclarent que cette violence les suit sur leur lieu de travail.  

Les gestes violents se manifestent notamment par des messages textes, des appels et des courriels incessants. Il peut aussi arriver que le conjoint se présente au bureau ou communique directement avec les collègues de la victime.    

Afin de répondre à cette problématique, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a récemment lancé la campagne de sensibilisation Milieux de travail alliés contre la violence conjugale. Après avoir agi auprès des municipalités, l’organisme québécois invite maintenant le milieu du travail à s’engager dans la protection des femmes violentées.  

L’objectif ? Améliorer le soutien aux victimes et mieux reconnaître une situation de violence. Des trousses de sensibilisation portant sur les effets du problème jusque sur les lieux de travail ont donc été envoyées à plus de 1000 employeurs et syndicats du Québec.  

« Plus [ils] seront sensibilisés, plus ils seront capables d’aider les femmes à sortir de leur relation de violence », a affirmé par communiqué Chantal Arseneault, présidente du Regroupement. Parce qu’ils côtoient chaque jour la personne violentée, le rôle des employeurs et des syndicats est en effet essentiel.  

Grâce à cette action, le Regroupement désire renseigner ces acteurs sur les services de ses 43 maisons d’aide et d’hébergement pour femmes violentées. Ainsi informés de ces structures, ils sauront diriger les femmes vers des ressources parfois méconnues.  

Que peuvent faire les employeurs ?  

Au-delà de la promotion de ces services dans le milieu de travail, il est recommandé d’instaurer un climat sécuritaire. Le Regroupement suggère d’établir une politique interne de protection des victimes, des mesures de sécurité si la personne se sent en danger (par exemple, le filtrage des appels), voire de déterminer une procédure si le conjoint se présente sur place.  

Plus encore, la présence d’une intervenante auprès des femmes dans chaque organisation peut être bénéfique, tout comme les accommodements tels qu’un changement d’horaire, une modification du numéro de téléphone ou des congés pour lui permettre de régler la situation.  

De même, il est important de communiquer quelles sont les ressources en place en interne, mais également en externe dans des organismes spécialisés.  

Et les collègues ?  

À l’instar des employeurs, les collègues doivent en outre être conscientisés pour mieux agir. Ce que propose le Regroupement ? Organiser des formations ou des activités de sensibilisation.  

Enfin, il existe des signes permettant de déceler si une personne est victime de violence conjugale : la difficulté à réaliser ses tâches dans le délai imparti, une attitude anxieuse, méfiante ou une volonté d’isolement, des retards réguliers, un grand nombre d’appels reçus, mais aussi la visite répétitive du conjoint. Autant d’indices auxquels les collègues peuvent être attentifs pour au moins sortir la victime de son isolement.