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Date limite des transactions: les trois scénarios pour Marc Bergevin

Le DG du Canadien devra trancher entre l’illusion des séries et construire pour le futur

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Photo d'archives, Didier Desbusschère Marc Bergevin lors du repêchage de la LNH à Vancouver en juin dernier.

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Marc Bergevin vivra pour une huitième fois la frénésie de la date limite des transactions. Historiquement, le directeur général du Canadien n’a jamais chamboulé le visage de son équipe lors de cette date fatidique. Bergevin jouera gros cette année. Le DG du CH aura à décider s’il croit toujours au miracle d’une participation aux séries ou s’il préfère regarder vers l’avenir en échangeant certaines pièces de son casse-tête.   

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À la veille de la date limite des transactions, le Tricolore a encore des chances mathématiques de poursuivre sa saison au printemps. Il y a un relent d’espoir depuis que les Maple Leafs de Toronto ont perdu contre un conducteur de Zamboni en David Ayers. Mais il n’y a pas des tonnes d’histoires hollywoodiennes au cours d’une même saison. Avec 66 points, le Tricolore reste encore assez loin des Leafs et du troisième rang dans la division Atlantique. Il y a six points qui séparent les deux équipes et la bande à John Tavares a un match en main. À l’image des Maple Leafs, les Panthers de la Floride ont maintenu le Canadien sur le respirateur artificiel avec un piètre dossier de 3-7-0 à leurs dix dernières sorties. Malgré tout, les Panthers ont 70 points et deux matchs en main. Selon deux sites qui se spécialisent dans le calcul des probabilités, le Canadien frôle déjà l’élimination. Le site sportsclubstats établit les chances des « Glorieux » à 1,8 %, alors que hockey reference arrive à 2,7 %. Dans un tel contexte, Bergevin devra garder un esprit lucide en n’oubliant pas que les séries tiennent plus de l’illusion que de la réalité. Le Journal a proposé trois scénarios pour le DG du CH à cette journée limite pour les transactions.      

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Le plan conservateur  

  

Il s’agit probablement du plan le plus probable, mais aussi d’un plan impopulaire pour une grande portion des partisans de l’équipe. Le Canadien s’accrochera jusqu’à la dernière seconde dans sa quête d’une participation aux séries.       

Après la victoire de 3 à 0 contre les pauvres Sénateurs d’Ottawa, Claude Julien a encore une fois insisté sur son désir de se battre.       

« On se rapproche [du 3e rang dans l’Atlantique]. Il n’y a pas un seul athlète qui abandonnera, a dit Julien. Personne ne voudra perdre des matchs. On n’a pas été élevés de cette façon. On veut gagner tous nos matchs. »       

Julien n’a pas le choix de tenir ce type de discours. Il n’aurait pas le droit de dire que son équipe a déjà lancé la serviette. Mais il a aussi intérêt à se battre pour protéger son propre emploi. Advenant une troisième année d’affilée sans une participation en séries, Julien pourrait craindre pour son poste. Idem pour Bergevin, qui manquerait les séries pour une troisième année d’affilée et une quatrième fois en cinq ans.       

Si le CH opte pour un plan conservateur, Bergevin pourrait quand même rester vendeur. Il a fait un premier pas dans cette direction dimanche soir en échangeant Ilya Kovalchuk aux Capitals de Washington contre un choix de 3e tour en 2020. Voici quelques joueurs qui seraient susceptibles de partir.       

Nate Thompson  

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Photo AFP

Le 11 février 2019, Bergevin avait acquis Thompson pour une bouchée de pain. Il avait donné un choix de 4e tour aux Kings de Los Angeles contre Thompson et un choix de 5e tour. Un an plus tard, Bergevin pourrait échanger le centre de 35 ans à un meilleur prix. Thompson est un bon meneur, il a gagné 55,1 % de ses mises en jeu et il se débrouille bien en infériorité numérique. Une équipe à la recherche d’un quatrième centre pourrait offrir un choix de 3e ou 4e tour pour le joueur originaire de l’Alaska.       

Nick Cousins  

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Photo Martin Chevalier

À un salaire d’un million, Cousins est un attaquant très abordable. L’Ontarien a un talent limité, mais il travaille fort. Il est un ailier fiable pour un quatrième trio. Il se dirige vers la meilleure saison de sa carrière avec 22 points (9 buts, 13 passes) après 58 matchs. Le Canadien n’obtiendrait pas la lune pour Cousins, mais il s’agirait d’une autre occasion de garnir une banque de choix déjà impressionnante.       

Jordan Weal  

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Photo Martin Chevalier

Weal a fait rager les fidèles de l’équipe avec ses présences régulières en supériorité numérique, tout comme Cousins. Il n’a pas la fougue de Cousins et il lui reste une autre année à son contrat à un salaire de 1,4 million. Il devient donc plus difficile à échanger. Un choix lointain pourrait faire le bonheur de Bergevin.       

Brett Kulak   

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Photo Martin Chevalier

Il y a des soirs où Kulak joue comme un défenseur du top quatre, mais il y a aussi des matchs où il ressemble plus à un septième défenseur. Le défenseur de 26 ans gagnera encore 1,85 million pour les deux prochaines saisons. Avec la faiblesse de l’équipe du côté gauche à la ligne bleue, il serait surprenant de le voir partir.        

Le plan proactif   

Avec ce plan, Bergevin fait une croix définitive sur une participation aux séries. Et probablement pour l’an prochain également. Le DG travaillerait ainsi à construire la meilleure équipe possible dans trois, quatre ou cinq ans. Mais il y a toujours le danger qu’il n’en récolte jamais les fruits.       

Le DG du Canadien aura toutefois à considérer l’attrait d’échanger des joueurs établis dans un marché où il y a énormément d’équipes à la recherche de renfort et que les prix sont très élevés. Il y a trois noms qui ressortent dans les discussions.       

Jeff Petry  

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Photo Martin Chevalier

Les Hurricanes de la Caroline auraient les yeux sur Petry. Don Waddell chercherait un défenseur offensif pour remplacer Dougie Hamilton. Pierre Lebrun, du site Athletic, a rapporté que les Canes offriraient le jeune défenseur Jake Bean, le 13e choix au total en 2016, et un choix de 1er tour pour Petry. Il s’agit d’une proposition des plus sérieuses. Bergevin ne serait toutefois pas enclin à échanger Petry. On peut aussi le comprendre. Petry a 32 ans et il lui reste une autre année à un salaire « abordable » de 5,5 millions. À court terme, le CH n’aurait aucun défenseur pour le remplacer. Cale Fleury, Josh Brook et Noah Juulsen (toujours blessé) n’ont pas l’expérience pour ce rôle.       

Tomas Tatar  

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Photo Martin Chevalier

Le Lightning a échangé aux Devils l’espoir Nolan Foote et un choix de premier tour (celui des Canucks de Vancouver en 2020) pour Blake Coleman. Les Penguins ont sacrifié le jeune défenseur Calen Addison, un choix de 1er tour et Alex Galchenyuk pour Jason Zucker du Wild. Il y a donc un marché très intéressant pour des ailiers offensifs. Et Tatar a de meilleures statistiques que Coleman et Zucker. « Tatar joue du très bon hockey depuis son arrivée l’an dernier à Montréal, mais j’ai comme philosophie que sa valeur ne peut pas être plus élevée qu’en ce moment, a dit l’ancien gardien du CH José Théodore. Tu vends une action quand elle est à son maximum. C’est le cas avec Tatar, un ailier de 29 ans. »  

Tatar se destine vers un sommet personnel cette saison avec une récolte de près de 70 points. Il mène l’équipe pour les buts (21), les passes (34) et les points (55). Il forme aussi le meilleur trio de l’équipe avec Phillip Danault et Brendan Gallagher depuis deux ans. À l’image de Petry, il lui restera une autre saison à son contrat (5,3 millions, mais le CH ne paye que 4,8 millions).       

Max Domi  

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Photo Martin Chevalier

Domi constitue un mystère. L’an dernier, c’était la lune de miel avec une saison de 72 points à ses débuts à Montréal. Cette saison, c’est une autre histoire avec seulement 40 points (15 buts, 25 passes) en 64 matchs. Avec l’émergence de Nick Suzuki, Domi se retrouve maintenant comme le 3e centre de l’équipe. Bergevin aura également à lui offrir un nouveau contrat à la fin de la saison puisqu’il sera joueur autonome avec restriction. Le CH pourrait monnayer Domi pour obtenir du renfort à la ligne bleue.       

Le plan destruction   

Carey Price et Shea Weber.
Photo Martin Chevalier
Carey Price et Shea Weber.

Dans une entrevue téléphonique au Journal, José Théodore a lancé une idée intéressante. À ses yeux, Bergevin pourrait sauver son emploi à long terme en revoyant la fondation de son équipe en échangeant Carey Price et Shea Weber.       

« Bergevin est DG depuis huit ans et il sait qu’il vit dans un monde où les performances priment. Il ne gagne pas avec l’équipe actuelle et il ne gagnera pas plus dans le futur. S’il veut démontrer qu’il est un bon DG, et je crois qu’il en est un, il n’a pas le choix de changer le visage du Canadien de A à Z. Et ça passe par les deux gros canons, Price et Weber. Il n’est pas dans l’obligation de passer le coup de balai à la date limite des transactions, il pourrait aussi le faire à l’été.   

« Price et Weber sont des joueurs vedettes et des joueurs de concession, mais je crois qu’il est possible de réaliser deux bonnes transactions pour eux. »  

Bergevin a toutefois souvent dit qu’il ne touchera pas à sa fondation. Le DG a construit son équipe autour de Price et de Weber et il ne devrait pas modifier sa philosophie.