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Le coronavirus frappe les Bourses

L’impact du COVID-19 sera plus grand que ce que Wall Street avait prévu, affirme l’économiste Clément Gignac

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Plus de deux mois après l’éclosion du coronavirus, les marchés boursiers occidentaux ont finalement été rattrapés par l’épidémie meurtrière. 

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« On voit qu’une certaine nervosité, voire une panique, s’est installée », commente François Dupuis, économiste en chef au Mouvement Desjardins. 

« Les investisseurs en Bourse faisaient l’hypothèse que la situation se limiterait à la Chine, mais là avec les cas en Corée du Sud, en Iran et en Italie, il y a un gros, gros reality check. Les gens reviennent sur terre », renchérit Clément Gignac, économiste en chef à l’Industrielle Alliance. 

Clément Gignac<br>
<i>Économiste et ancien ministre</i>
Photo Jean-François Desgagnés
Clément Gignac
Économiste et ancien ministre

« Le niveau de propagation du virus sera beaucoup plus important que ce que Wall Street avait estimé », ajoute-t-il. 

Le Dow Jones a perdu plus de 1000 points, lundi à New York. Les trois principaux indices boursiers américains ont cédé plus de 3 %. Le Dow et le S&P 500 ont maintenant complètement effacé les gains qu’ils avaient faits depuis le début de 2020. 

Ce courtier de Wall Strett dissimulait mal son inquiétude, lundi. Les Bourses new-yorkaises ont été durement touchées par les impacts de l’épidémie de coronavirus.
Photo Reuters
Ce courtier de Wall Strett dissimulait mal son inquiétude, lundi. Les Bourses new-yorkaises ont été durement touchées par les impacts de l’épidémie de coronavirus.

L’instabilité a atteint son comble sur les marchés : l’indice de volatilité VIX a bondi de 47 % à Chicago, clôturant à son plus haut niveau depuis décembre 2018. 

Comme c’est souvent le cas en pareilles circonstances, les investisseurs se sont rués sur la valeur refuge par excellence : le prix de l’or a grimpé de 1,7 %. En revanche, les cours du pétrole ont plongé de près de 4 %.  

En Europe, les principaux indices de l’Allemagne et de la France ont reculé de 4 %. En Italie, nouveau foyer de contagion, la Bourse de Milan a chuté de plus de 5 %. 

Le TSX moins touché 

À la Bourse de Toronto, le coup a été moins dur avec une baisse de 1,6 %. 

« Aux États-Unis, les entreprises qui composent le S&P 500 tirent 45 % de leurs profits à l’étranger. Au Canada, les entreprises sont un peu moins internationales, alors elles sont moins touchées par ce qui se passe ailleurs », explique Jean-René Ouellet, gestionnaire de portefeuilles chez Valeurs mobilières Desjardins. 

À la Bourse de Toronto, Bombardier Produits récréatifs (-7,1 %), SNC-Lavalin (-6,6 %), Manuvie (-6,3 %) et Air Canada (-5 %) ont écopé alors qu’Iamgold a bondi de près de 16 %. 

Clément Gignac estime que les Bourses sont plus susceptibles de connaître de nouvelles baisses compte tenu des fortes hausses qu’elles ont enregistrées au cours des derniers mois. 

« Il est difficile de savoir où est le plancher parce qu’on est dans une situation qui n’arrive pas souvent », dit-il. 

Croissance freinée 

Le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, a déjà réduit ses prévisions de croissance économique au pays pour le trimestre en cours en raison du coronavirus. 

Si la crise se résorbe au cours des prochaines semaines, l’économie canadienne devrait pouvoir rattraper le temps perdu, de sorte que les conséquences seraient limitées sur l’ensemble de l’année 2020, estiment MM. Gignac et Dupuis. 

Pour l’économie de l’ensemble de la planète, c’est moins sûr.  

« On voit déjà des économistes prévoir que le coronavirus retranchera 0,3, 0,4 ou même 0,5 % à la croissance mondiale en 2020, alors que l’impact du SRAS avait été d’à peine 0,1 % », indique Clément Gignac en soulignant que l’économie des pays est beaucoup plus dépendante des échanges internationaux qu’il y a 15 ans. 

M. Gignac croit que les chances sont maintenant beaucoup plus élevées que la Banque du Canada relève son taux directeur dès le mois prochain pour donner du souffle à l’économie, plutôt que d’attendre en avril. 


La Bourse de Tokyo a chuté de 4 %, à l’ouverture, mardi. Les Bourses de Shanghai, Shenzhen et Hong Kong, en Chine, ont aussi amorcé la séance en baisse. 

Les perdants du jour 

Les titres du secteur du voyage et des constructeurs automobiles ont fortement reculé alors que ceux de certaines firmes d’antiviraux et de plusieurs entreprises du secteur aurifère ont progressé. 

Photo AFP

► RYANAIR : - 13,8 % 

Photo AFP

► Carnival (croisières) : - 9,4 % 

Photo AFP

► American Airlines : - 8,5 % 

Photo courtoisie

► BRP : - 7,1 % 

Photo AFP

► Daimler : - 6,7 % 

► SNC-Lavalin : - 6,6 % 

► Manuvie : - 6,3 % 

► Fiat Chrysler : - 6,1 % 

► Uber : - 5,9 % 

► Cenovus Energy : - 5,4 % 

Les gagnants du jour 

Capture d'écran

+ 38,4 % 

Capture d'écran

+ 28,9 % 

► Iamgold : + 15,9 % 

► Gilead Science (antiviraux) : + 4,6 % 

► Barrick Gold : + 3,3 % 

► Zoom Video (téléconférences) : + 3,2 % 

De fortes baisses partout dans le monde 

EUROPE  

  • Milan, Italie (MIB) : - 5,4 % 
  • Francfort, Allemagne (DAX) : - 4,0 % 
  • Paris, France (CAC 40) : - 3,9 % 
  • Londres, R.-U. (FTSE) : - 3,3 %  

ASIE  

  • Séoul, Corée du Sud (KOSPI) : - 3,9 % 
  • Hong Kong, Chine (Hang Seng) : - 1,8 %  

AMÉRIQUE DU NORD  

  • Nasdaq : - 3,7 % 
  • Dow Jones :- 3,6 % 
  • S&P 500 : - 3,4 % 
  • S&P TSX : - 1,6 %