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Air Canada jette de la «poudre aux yeux»

Les anciens employés d’Aveos tirent à boulets rouges

Air Canada
Photo d’archives, Chantal Poirier Les promesses passées du PDG d’Air Canada, Calin Rovinescu, dans le dossier de la fermeture d’Aveos, le rattrapent.

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Les annonces d’Air Canada hier concernant deux nouveaux contrats d’entretien d’avions Airbus, à Trois-Rivières et Mirabel, s’apparentent à de la « poudre aux yeux », estime l’ancien représentant syndical d’Aveos, Jean Poirier.

« Air Canada, dit-il, devrait arrêter de nous lancer de la poudre aux yeux et commencer une fois pour toutes à nous dire les vraies affaires (...) On comprend sa stratégie qui consiste à nous faire croire qu’elle pourrait créer des centaines d’emplois. Mais on peut certainement douter. »

Air Canada a annoncé hier avoir conclu des lettres d’intention avec l’américaine AAR Aircraft Services (anciennement Premier Aviation) et Avianor pour la maintenance d’appareils Airbus. En vertu de ces ententes, l’entretien de sa flotte d’avions A330 serait confié à AAR de Trois-Rivières ; et l’entretien de ses avions A220 (ex-C Series de Bombardier) serait confié à Avianor, de Mirabel.

Loin du compte

Le hic, dit Jean Poirier, est que ces deux projets sont conditionnels à ce que les autorités fédérales donnent leur aval au projet d’acquisition de Transat A.T. par Air Canada. 

« C’est une belle stratégie d’Air Canada, dit-il. L’entreprise fera miroiter des emplois pour convaincre le Bureau de la concurrence que la fusion des deux géants est dans l’intérêt de la population. »

On se souviendra que la fermeture d’Aveos, une ancienne division d’Air Canada spécialisée dans la maintenance d’appareils, avait entraîné la perte de 2600 emplois au Canada (Vancouver, Winnipeg et Toronto), dont 1800 à Montréal. 

En 2016, le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait laissé tomber les poursuites de Québec contre Air Canada en échange d’un engagement de sa part à acheter 45 avions C Series (devenus A220) de Bombardier. Bombardier peinait alors à convaincre le transporteur national à contribuer à son carnet de commandes déjà peu garni.

En échange de la décision du gouvernement du Québec de cesser de se battre pour la défense des emplois des 1800 ex-employés d’Aveos, Air Canada s’était engagée à la création d’un nouveau « centre d’excellence » à Mirabel, voué à l’entretien de sa nouvelle flotte d’avions C Series. 

Or, « quoi qu’on en dise, commente Jean Poirier, un contrat de dix ans confié à Avianor pour l’entretien de 45 avions C Series encore neufs, ce n’est certainement pas ce qu’on peut appeler un centre d’excellence. Au mieux, 200 personnes pourront y trouver un emploi. Mais on est loin, très, très loin, du millier d’emplois auquel on serait en droit de s’attendre. »


Depuis le début de l’année, l’action d’Air Canada a perdu près de 20 %.