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Ça tourne en rond encore et encore

Stars c. Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Des 50 joueurs repêchés entre 2012 et 2018 par Marc Bergevin, seulement cinq sont dans la LNH. Parmi, eux, Artturi Lehkonen.

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Il ne fallait pas s’attendre à ce que Marc Bergevin chamboule sa formation avant l’heure de tombée des transactions . Il aurait agi à l’encontre de son plan. Il va donc continuer à courir deux lièvres à la fois. Ça veut dire en maintenant le noyau de son équipe en place, tout en espérant y greffer le plus grand nombre possible de choix au repêchage.  

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Je ne sais pas pour vous, mais je ne suis pas rassuré.   

Pour tout dire, il n’y a pas de quoi l’être. Car à moins de mettre la main sur un jeune surdoué ou sur un joueur prêt à casser la baraque tel Brady Tkachuk, les autres demeurent des projets jusqu’à ce qu’ils fassent la démonstration qu’ils peuvent bien se tirer d’affaire dans la Ligue nationale.   

C’est vrai qu’il est difficile de se projeter dans l’avenir quand on repêche un joueur à 17 ou 18 ans. Mais il y a des recruteurs qui ont du pif.     

Long chemin de croix  

Le Canadien navigue entre deux eaux depuis 25 ans. Avant Bergevin, Pierre Gauthier, Bob Gainey et André Savard, avec le peu de temps qu’on lui a donné, ont fait du rapiéçage, tout en souhaitant relancer leur équipe avec des joueurs provenant du repêchage.   

Les résultats n’ont pas été vraiment probants et ça continue.   

Le Canadien fait du surplace.   

Personne ne peut dire quand il s’en sortira. On ne sait pas s’il s’en va ou s’il revient.    

Le processus pourrait s’étirer encore sur plusieurs années.   

Geoff Molson est patient. Bergevin a toute sa confiance.   

Rien de garanti  

L’organisation a beau détenir 14 choix au prochain repêchage et des jeunes comme Jesperi Kotkaniemi, Ryan Poehling, Cole Caufield, Alexander Romanov et quelques autres en banque, encore faut-il bien les développer.   

On le sait, le Tricolore ne présente pas un très bon taux de réussite à ce chapitre. Bergevin s’est lancé dans une longue explication lorsque je l’ai questionné à ce sujet hier.    

Il a répondu que certains joueurs répondaient à l’appel pendant que d’autres rataient leur coup même s’ils bénéficiaient du même encadrement.   

Il a évoqué le facteur chance. C’est vrai que ça compte dans l’équation, mais certaines organisations semblent drôlement plus chanceuses que d’autres.   

On peut penser aux Bruins de Boston, qui ont repêché David Pastrnak au 25e rang à la séance de repêchage de 2014. Le Canadien a sélectionné Nikita Scherbak juste après lui.   

Ce qu’on aimerait savoir, c’est si les Bruins ont coupé l’herbe sous le pied du Canadien en choisissant Pastrnak.   

Bergevin m’a invité, d’ailleurs, à passer en revue les résultats des autres organisations de la Ligue nationale au repêchage. Façon de dire que le Canadien n’est pas pire que les autres équipes.   

Maigre récolte  

Or, seulement cinq joueurs parmi les 50 repêchés lors des sept premières années du régime Bergevin (2012 à 2018) évoluent en ce moment avec le Canadien ou avec d’autres formations de la LNH.   

Trois d’entre eux, Artturi Lehkonen, Victor Mete et Jake Evans, qui a été rappelé du Rocket de Laval hier, font partie de la formation du Tricolore.   

Les deux autres sont Alex Galchenyuk, qui a été échangé à deux autres reprises (des Coyotes aux Penguins au Wild) depuis son départ de Montréal, et Mikhail Sergachev, qui fait bien avec le Lightning de Tampa Bay.   

En dépit de cette faible récolte, Bergevin dit ne pas être prêt à jeter le blâme sur son personnel de recruteurs et d’entraîneurs.   

Pas de remue-ménage en vue  

À la lumière de ce commentaire, on peut penser qu’il n’y aura pas de remue-ménage dans les bureaux du secteur hockey à la fin de la saison. Bergevin semble satisfait des hommes de hockey qui gravitent autour de lui.   

À moins que Geoff Molson se fasse dire par son conseil d’administration que la situation a assez duré. Si le Canadien rate les séries pour la quatrième fois en cinq ans, comme ça semble vouloir être le cas, ce sera la deuxième fois qu’il vivra pareille situation dans le présent millénaire.   

On a beau dire que les temps ont changé et que la LNH n’a jamais été aussi équilibrée, c’est inacceptable pour une organisation telle que celle du Canadien.   

Geoff Molson devrait remercier le ciel tous les jours que les foules accourent encore dans son Centre Bell.