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Le sonneur d’alerte Ken Pereira dit ne plus pouvoir travailler

Il poursuit le Fonds FTQ pour 3,7 M$

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Le syndicaliste, sonneur d’alerte et témoin vedette de la commission Charbonneau, Ken Pereira, intente une poursuite de 3,7 M$, se disant incapable de faire son métier au Québec depuis qu’il a exposé des magouilles à la FTQ Construction.  

Dans un recours judiciaire qu’il a déposé lundi, Pereira réclame très exactement 3,68 M$ au géant de l’immobilier Cogir et au Fonds de solidarité FTQ.   

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Ken Pereira à l'émission Dutrizac, sur QUB Radio: 

Dans la requête que notre Bureau d’enquête a consultée, le sonneur d’alerte n’est pas tendre envers le Fonds FTQ. Il soutient que l’institution a fait des « démarches soutenues pour le faire déclarer personne indésirable à travers le milieu de la construction québécois ».   

Parmi les premiers  

Mécanicien industriel et ancien leader syndical, Pereira affirme, dans sa poursuite, avoir été « parmi les premières personnes à dénoncer la corruption et les mauvaises pratiques dans l’industrie de la construction ».   

C’est lui qui a exposé, à partir de 2009, les fraudes commises par l’ex-patron de la FTQ Construction Jocelyn Dupuis avec l’argent des travailleurs, qui ont valu à ce dernier d’être envoyé en prison.   

Au fil des années, il a également montré que le Fonds FTQ avait investi dans des projets auxquels étaient mêlées des personnes associées au crime organisé.   

La juge France Charbonneau l’avait même remercié d’avoir fait preuve de « beaucoup de courage », à la suite de son témoignage public en octobre 2013.   

Mais, depuis, le Fonds FTQ ferait tout pour qu’il ne remette plus les pieds sur les chantiers, allègue Pereira.   

Pour appuyer son propos, le syndicaliste relate des événements qui se seraient produits à l’été 2018. Il dit avoir été embauché par Cogir comme surintendant d’un gros chantier résidentiel à Montréal, dans lequel le Fonds était investisseur.   

Importantes pressions  

Il n’aurait reçu que des compliments de ses supérieurs pour son travail. Or, quelques semaines plus tard, un des patrons de Cogir lui aurait rapporté avoir subi « d’importantes pressions » du Fonds FTQ pour qu’il le congédie.   

Ces pressions auraient continué jusqu’à ce que Pereira soit bel et bien renvoyé, allègue ce dernier.   

« Le congédiement [...] s’inscrit dans le but précis que poursuit [le Fonds] depuis 2009, qui est de l’évincer du monde syndical et du domaine de la construction dans la province du Québec et fort probablement ailleurs au Canada », expose le syndicaliste.   

Le Fonds FTQ et Cogir n’ont pas encore produit de défense dans ce dossier.