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Blocus ferroviaire: François Legault jette de l'huile sur le feu

Le blocus ferroviaire se poursuit à Kahnawake malgré une injonction du Canadien Pacifique

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La déclaration de François Legault sur la présence d’armes d’assaut à Kahnawake a été vivement dénoncée par des leaders autochtones, tandis qu’un ex-haut gradé de la Sûreté du Québec estime qu’elle nuira à la résolution de la crise.   

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«On a des renseignements qui nous confirment qu’il y a des armes, des AK-47, des armes très dangereuses. Donc, actuellement, on essaie de trouver quelqu’un pour signifier l’injonction», a déclaré le premier ministre du Québec mercredi pour expliquer pourquoi le blocus se poursuit sur la voie ferrée du Canadien Pacifique à Kahnawake, sur la Rive-Sud.       

Les Mohawks de Kahnawake ont renforcé leur barricade avec des roches, mercredi. Ils ont aussi fait le plein de bûches pour se garder au chaud.
Photo Agence QMI, Maxime Deland
Les Mohawks de Kahnawake ont renforcé leur barricade avec des roches, mercredi. Ils ont aussi fait le plein de bûches pour se garder au chaud.

Une barricade érigée en appui à la tribu wet’suwet’en de la Colombie-Britannique a même été renforcée mercredi matin avec un chargement de roches.        

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«Je ne veux pas avoir sur ma conscience que des policiers sont blessés suite à une intervention», a ajouté M. Legault, précisant que les armes se trouvent « au sein de la réserve ».     

Malgré cela, il plaide pour une fin de crise rapide, après trois semaines d’impasse.       

Photo Stevens Leblanc

«Je comprends qu’il faut dialoguer et j’ai essayé, M. Trudeau a essayé. Mais, à un moment donné, combien de temps il faut attendre?» a dit M. Legault.     

  • Paul Laurier, ex-enquêteur de la Sûreté du Québec au service des renseignements autochtones et président directeur général de Vigiteck, est revenu sur le dossier à l'émission Dutrizac, sur QUB Radio:

Les propos du premier ministre caquiste ont soulevé la colère de leaders autochtones.     

Déclaration «dangereuse»  

Photo Agence QMI, Maxime Deland

«Il n’y a pas plus d’armes ici qu’à Montréal. En plus d’être fausse, cette déclaration est dangereuse et irresponsable», a réagi le porte-parole de la police des Peacekeepers, Kyle Zachary, ajoutant que la déclaration de M. Legault ne ferait qu’augmenter la tension.     

«Nous sommes choqués par le commentaire du premier ministre [...]. Nous ne sommes pas armés et ce n’est pas dans notre intention de l’être», a ajouté Kenneth Deer, secrétaire de la nation mohawk à Kahnawake.     

«Le premier ministre Legault tient des propos très dangereux et offensants [...]», a soutenu Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.       

Photo Agence QMI, Maxime Deland

Plus de pression  

Pour un ancien directeur général adjoint à la Sûreté du Québec (SQ), cette déclaration de M. Legault n’aide en rien à la sortie de crise.     

«Ça va tout simplement mettre un peu tout le monde sur les dents, a commenté Marcel Savard.     

«Ça vient seulement ajouter une confrontation supplémentaire», estime celui qui travaillait pour l’escouade tactique de la SQ lors de la crise d’Oka en 1990.     

Le seul but d’une telle sortie est «d’enlever de la pression médiatique» sur le fait que les policiers n’interviennent pas, selon lui.    

  

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La déclaration du premier ministre risque d’ailleurs d’éloigner les parties d’une solution négociée, seule issue possible au conflit, selon M. Savard.      

Trois raisons d’intervenir  

À la suite de la crise d’Oka, le coroner Guy Gilbert avait identifié trois éléments pour déterminer si une intervention est nécessaire : urgence, nécessité et assises légales.       

«Pour le moment, il n’y a pas d’urgence», fait valoir M. Savard.       

D’un point de vue policier, l’urgence viendrait d’une confrontation entre Mohawks et citoyens des zones environnantes, par exemple.       

«Actuellement, elle est où la tension? demande-t-il. C’est quoi l’urgence?»      

Un autre policier à la retraite qui a connu la crise d’Oka estime d’ailleurs que la SQ n’interviendra pas sans l’accord des Peacekeepers.       

«Personne ne veut revivre ce qu’on a vécu il y a 30 ans», dit François Doré.      

– Avec Cédérick Caron, Le Journal de Montréal, et l’Agence QMI