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Des bandits à la boxe?

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Ainsi, le Groupe Yvon Michel aurait « entaché la réputation » de la boxe professionnelle, car des membres du crime organisé auraient été assis aux premières loges, là où l’on trouve les journalistes et les invités VIP. 

Hein ? Des membres du crime organisé à la boxe ? 

Ben ça parle au diable ! 

Je n’aurais jamais cru ça ! 

Et moi qui pensais que c’était le « noble sport » ! 

ALLERGIQUES AU FER 

Non, mais quelle hypocrisie... 

Êtes-vous déjà allé dans un gala de boxe ? 

Les rangées près du ring sont presque toutes occupées par des Hell’s ou des mafiosi. 

Ça sent la pègre à 10 kilomètres.  

On dirait une scène de Goodfellas, tout ce qui manque, c’est Joe Pesci qui dit : « What ? I Amuse You ? I Make You Laugh ? Like I’m a Clown or Something ? » 

Il y a des vedettes, des journalistes, des hommes d’affaires et des bandits, et tout ce monde-là s’entremêle, se parle et rigole... 

Les acteurs se prennent pour des bandits, les bandits se prennent pour des hommes d’affaires, les hommes d’affaires se prennent pour des acteurs, et les journalistes observent tout ce beau monde en ayant l’impression de regarder un film de Scorsese. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Qu’est-ce que vous pensez ? 

Que c’est une soirée de dégustation de kale au quartier général de la Fédération des femmes du Québec ? 

Attendez, j’en ai une autre bonne pour vous. 

Êtes-vous bien assis ? Attention, ça va fesser ! 

Il y a beaucoup de membres de gangs de rue dans les bars de danseuses. 

Oui, je sais, ça vous choque, mais c’est la réalité ! 

Pourquoi croyez-vous que la plupart des bars de danseuses ont des détecteurs de métaux à l’entrée ? 

Parce que les danseuses sont allergiques au fer ? Pour bloquer l’entrée à ceux qui ont des plombages ? 

TUÉS DANS UN STATIONNEMENT 

Il y a quelques années, il y avait un super bon resto italien sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, près de Chabanel, à quelques mètres du bar de danseuses Solid Gold. 

Un resto fréquenté par la mafia. 

Tout le monde qui allait manger là le savait. C’est juste si ce n’était pas écrit à l’entrée.  

J’y suis allé souvent avec un de mes chums journalistes. On y voyait des producteurs, des scénaristes, des hockeyeurs, des acteurs, des journalistes sportifs.  

Et des bandits.  

C’était toujours plein à craquer. Jusqu’au jour où l’un des propriétaires (à qui je parlais souvent) s’est fait descendre dans le stationnement.  

Après, le resto est devenu infréquentable. 

En 2003, dans le cadre d’un documentaire sur le journaliste sportif Ti-Guy Émond, j’ai interviewé le boxeur Eddy Melo. Je ne le savais pas, mais c’était la dernière entrevue que cette légende de la boxe accordait à un journaliste. 

Quelques semaines plus tard, Eddy, le chouchou de Ti-Guy, se faisait abattre (lui aussi) dans un stationnement de Toronto.  

Paraît qu’il était chauffeur pour l’un des parrains.  

HEIN ? VRAIMENT ? 

Je ne dis pas que c’est politiquement correct de laisser des bandits s’asseoir dans des places VIP.  

Mais soyons honnêtes. 

S’indigner que des mafiosi en mènent large dans le monde de la boxe, c’est comme s’indigner de voir qu’il y a des pédophiles dans l’Église catholique. Un moment donné, faut se mettre les yeux devant les trous.