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La passion est intacte pour l’arbitre Justin St-Pierre

L’arbitre Justin St-Pierre en sera à son 1000e match jeudi soir au Centre Bell

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Photo d’archives Justin St-Pierre roule sa bosse dans la Ligue nationale depuis la saison 2003-2004.

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Bien qu’il soit sur le point d’arbitrer le 1000e match de sa carrière jeudi soir au Centre Bell et qu’il en est à sa 17e saison dans la LNH, Justin St-Pierre a toujours le feu sacré lorsqu’il arbore fièrement son chandail rayé noir et blanc. 

« J’ai encore la même passion qu’à mes débuts et j’ai toujours très hâte de me rendre à l’aréna la journée des matchs », raconte sans détour l’homme de 47 ans, qui est dans le circuit Bettman depuis la saison 2003-2004.  

« Il y a encore un stress qui s’installe avant les rencontres, car tu ne sais jamais ce qui va arriver lors d’un match, ajoute le natif d’Albanel, au Lac-Saint-Jean. Si un arbitre n’est pas stressé avant une rencontre, ce n’est pas normal. » 

À Montréal 

St-Pierre a mentionné au Journal que ses 1000 matchs dans la LNH ne représentent que les rencontres de saison régulière et que ce sont les arbitres qui comptabilisent cette statistique. 

Lorsque les arbitres atteignent ce plateau, la LNH permet à ceux-ci de choisir la ville de leur choix. 

Pour Justin St-Pierre, il n’y avait aucun doute qu’il souhaitait réaliser cet exploit à Montréal, au Centre Bell, alors que ses proches pouvaient être présents en grand nombre pour assister à cette rencontre qui restera à jamais gravée dans sa mémoire. 

Avant la rencontre qui opposera le Tricolore aux Rangers de New York, la LNH va souligner son 1000e match. 

« Étant donné que je n’aime pas être sous les projecteurs, j’ai eu envie de refuser. Par contre, il y aura plusieurs personnes de ma famille ainsi que des amis qui seront présents dans les estrades (une cinquantaine) et c’est en partie pour eux que j’accepte de le faire. Ce sera très émouvant et sans aucun doute le match le plus émotif de ma carrière. » 

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Photo Reuters

Encore trois ou quatre saisons 

Questionné à savoir s’il songe à la retraite, le sympathique officiel a répondu que l’idée commence à faire son chemin. 

« Je me donne encore trois ou quatre saisons, ce qui m’amènerait à 50 ans ou 51 ans, je ne sais pas encore », lance-t-il sans trop y réfléchir. 

St-Pierre aimerait bien clore sa carrière dans la LNH après 20 saisons. Si tel est le cas, il devrait accrocher son sifflet après la campagne 2022-2023. 

Son ton s’est adouci avec les années 

Justin St-Pierre reconnaît s’être adouci au fil des saisons. 

« Avant, j’étais un jeune loup et maintenant, j’en suis un vieux », lance à la blague celui qui a fait son entrée dans la Ligue nationale lors de la saison 2003-2004. 

Lorsqu’il a commencé dans le circuit Bettman, il lui arrivait régulièrement d’avoir des prises de bec avec certains entraîneurs et que les deux hommes en venaient à hurler l’un envers l’autre. 

« J’étais primé et je voulais me faire un nom, dit-il avec regret. On a tous été comme ça à nos débuts, mais on réalise avec les années que crier ne sert à rien et que c’est beaucoup plus efficace de discuter que de s’engueuler. » 

Toutefois, il reconnaît, sourire en coin, qu’il est encore capable de se fâcher lorsque la situation l’exige. 

Les huées sont là pour rester 

Justin St-Pierre a commencé à arbitrer dans son patelin, à Albanel, au Lac-Saint-Jean, vers l’âge de 14 ans. 

« Je rêvais de jouer dans la LNH, mais je n’avais pas le talent pour m’y rendre, et la seule façon que j’avais de rester dans le hockey, c’était de devenir arbitre », raconte-t-il. 

Il a appris très rapidement à faire abstraction des huées de la foule à l’égard de son travail. 

« Je n’ai jamais eu le souvenir que j’entendais les huées lorsque j’arbitrais. Ça fait partie de la game et je suis bien conscient qu’on n’est pas là pour se faire applaudir, mais je réussis à en faire abstraction », soutient-il en mentionnant qu’il ne va jamais lire les commentaires qui se disent ou s’écrivent sur les arbitres dans les journaux ou ailleurs. 

Beaucoup plus rapide 

« La game est rendue rapide en tabarnouche étant donné que les joueurs arrivent dans la Ligue de plus en plus jeunes », répond sans hésiter l’officiel lorsqu’on lui demande comment le hockey a-t-il changé au fil des dernières années. 

À 47 ans, il assure être encore capable de suivre le rythme des jeunes. 

« Je ne me sens pas vieux et mon corps n’est pas trop magané. Par contre, c’est certain que j’ai de l’usure et qu’arbitrer deux matchs en autant de jours est un peu plus difficile », conclut-il.