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Elles sont de retour - prise 2

On compte maintenant deux nouvelles entrées dans la catégorie des politiciennes qui perdent les pédales.

Elles sont de retour - prise 2
NANCY LANDREVILLE/LE COURRIER DU SUD/AGENCE QMI

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Les voilà, elles sont de retour dans l’actualité, les «folles».  

Au cours de la dernière semaine, on compte maintenant deux nouvelles entrées dans la catégorie des politiciennes qui perdent les pédales.     

Climat toxique et départs nombreux  

Les deux femmes dont il est question sont Marie-Eve Proulx, ministre déléguée au Développement économique régional et Fatima Houda-Pépin, ancienne députée, ancienne chroniqueuse au Journal et déléguée générale du Québec à Dakar.      

Dans les deux cas, on parle de climat de travail toxique et de nombreux départs. On parle également d’attitude suspicieuse et de comportement visant à dégrader certains employés devant leurs collègues. La politique est certes un milieu où la pression est forte, où les esprits sont susceptibles de s’échauffer et où il y a peu de place à l’erreur. Mais rien de cela ne justifie les traitements rapportés dans les médias.      

Évidemment, les deux situations ne sont pas les mêmes et il ne faut jamais généraliser, mais c’est triste de constater qu’on dirait que plus ça change, plus c’est pareil.      

La déléguée générale du Québec à Dakar ne s’est pas prononcée pour sa défense, par contre, on ne devrait pas s’y attendre non plus. Madame Houda-Pépin n’a jamais eu la réputation de se prendre pour un 7-up flat, au contraire. Tout au long de sa carrière comme députée, libérale puis indépendante, elle avait la réputation d’être «difficile». Ses mésententes avec ses collègues, ses employés du parlement puis, ultimement, avec Philippe Couillard, ne sont des secrets pour personne. Parions qu’elle ne donnera aucune explication à la suite des articles à son sujet.     

Dans le cas de madame Proulx, on croirait relire le scénario déjà joué dans les cabinets de Geneviève Guilbault et de Nathalie Roy. Questionnée sur les mouvements de personnel, la ministre a, sans surprise, jeté le blâme sur ses anciens collaborateurs en répondant : «je tiens à m’entourer de personnes de confiance et de l’équipe la plus appropriée et compétente». Voilà. Le problème ne vient pas d’elle, mais bien de collaborateurs incompétents, indignes de confiance ou n’ayant pas le profil de l’emploi! Mais personne n’est dupe, même le plein emploi n’arrive pas à justifier les taux de roulement dans son équipe.     

Pas juste une affaire de femmes  

Bien entendu, il n’y a pas que des femmes qui font vivre l’enfer à leurs collaborateurs au bureau. Pour chaque folle, il y a un despote ou un cinglé qui tourmente ses employés. Le monde du travail est de plus en plus coupe-gorge et bon nombre de personnes en position d’autorité n’arrivent pas à trouver un équilibre entre exigence et exagération.     

Par contre, c’est encore plus choquant quand les coupables sont des femmes. Pourquoi? Parce qu’on s’évertue à répéter que nous voulons être traitées en égales, que rien ne nous différencie des hommes avec lesquels nous compétitionnons, que nous aussi nous pouvons prendre la pression, diriger fermement et professionnellement des projets complexes, jusqu’au jour où l’une d’entre nous vient jeter un doute sur la compétence de toutes les autres.     

Chaque fois qu’une femme se comporte en bourreau, elle discrédite toutes ses consœurs qui elles, agissent avec compétence et dirigent des équipes en conjuguant tact, respect, autorité et leadership.     

Personne n’est à l’abri d’une mauvaise journée au bureau. Dans la vie, on finit vite par comprendre qu’on devient toutes, un jour ou l’autre, la folle de quelqu’un d’autre. Tout est question de point de vue. Mais dans les deux cas qui font la manchette cette semaine, les apparences jouent contre les intéressées.