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Brûlé certain qu’elle était «consentante»

Michel Brûlé
Photo d'archives, Joël Lemay Michel Brûlé

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« Qu’une femme ait un flirt avec quelqu’un et qu’elle mentionne à son conjoint qu’elle a été agressée » est une situation « classique » pour l’éditeur Michel Brûlé qui s’est dit persuadé que sa présumée victime a fui sa présence, en mars 2014, parce qu’elle s’est sentie « coupable ».   

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Si l’éditeur de 55 ans ne se souvenait pas « vraiment » de sa présumée victime lorsqu’il a été accusé d’agression sexuelle, en 2018, les souvenirs lui sont revenus « peu à peu », plus les semaines et les mois passaient. C’est ce qu’il a mentionné au tribunal, mercredi, lorsque contre-interrogé par la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Valérie Lahaie.    

Encore une fois, Brûlé est revenu sur « le climat et la tension sexuelle » qu’il ressentait le soir du 21 mars 2014, lorsque sa présumée victime s’est présentée dans ce qu’elle croyait être les bureaux de la maison d’édition Les Intouchables.    

Compliment sur l’appartement  

Questionné par la poursuivante à savoir comment cette « tension » se faisait sentir, Brûlé a répondu que la dame avait un côté très « affectueux, chaleureux ».   

« Elle m’a dit : “C’est donc beau ici, c’est formidable, c’est extraordinaire...” Dans ma maison, il y avait des murs de brique, des murs de pierre. Tout était rénové. Elle faisait des compliments sur la maison », a-t-il répondu, soutirant un visage interrogateur à la procureure.   

« À ce moment-là, est-ce que madame a prononcé des paroles laissant croire qu’elle désirait voir la relation d’affaires devenir plus intime ? » a demandé Me Lahaie, ce à quoi l’accusé a répondu que « non », mais qu’après être monté à l’étage avec elle et lui avoir massé les épaules, « elle s’est mise à gémir ».   

 Revenant sur les déclarations faites à l’enquêteur Daniel Raymond à la suite de son arrestation, l’avocate a voulu savoir pourquoi il n’avait jamais parlé du massage, de la tension sexuelle qu’il a ressentie, des gémissements de sa présumée victime ou encore du fait qu’elle lui aurait dit qu’il était « fait fort » et qu’il était « viril ».    

« Parce que ça m’est revenu plus tard, dans les semaines ou les mois suivants, et je ne voyais pas l’intérêt d’envoyer un courriel », a laissé tomber Brûlé.    

Consentement  

L’avocat de la défense, Me Laurent Morin, a rappelé que « le consentement ne se devait pas obligatoirement d’être verbal » et que son client croyait sincèrement que la dame était consentante.   

Pour la Couronne, les « paramètres de la rencontre » avaient été bien établis par la présumée victime et elle désirait une rencontre « professionnelle » avec l’éditeur.    

La poursuivante a également invité le juge Sébastien Proulx à ne pas oublier le témoignage de l’ancien conjoint de la dame qui a confirmé l’état de panique extrême dans lequel elle se trouvait en sortant de chez Brûlé. La décision sera rendue en septembre.