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Une étude du MIT louange Hydro

Les États du nord-est des É.-U. ont besoin du Québec

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Le gouvernement et Hydro-Québec peuvent maintenant compter sur une étude du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour convaincre les États du Nord-Est américain d’acheter de l’électricité d’ici.

L’étude démontre que l’État de New York et la Nouvelle-Angleterre économiseraient des milliards de dollars en mettant le Québec à contribution pour décarboner leur électricité, plutôt que de tenter de tout faire eux-mêmes.

Les auteurs se sont inspirés d’un système qui existe déjà en Scandinavie : la Norvège exporte ses surplus d’hydroélectricité au Danemark et achète à celui-ci ses excédents d’électricité éolienne.

Pour faire la même chose entre le Québec et le Nord-Est américain, il faudrait décupler les capacités de transport d’électricité entre les deux régions, ce qui signifierait construire au moins quatre nouvelles lignes à haute tension.

« Ce serait un partenariat mutuellement bénéfique », assure au Journal l’un des auteurs de l’étude, Emil Dimanchev.

Plus d’importations des États-Unis

Mais pour atteindre une décarbonation optimale à l’horizon 2050, il faudrait que le Québec importe des quantités significatives d’électricité éolienne et solaire produite aux États-Unis.

Ainsi, à un niveau de décarbonation de 100 % en Nouvelle-Angleterre, celle-ci exporterait davantage d’électricité au Québec que l’inverse, projette l’étude. Un scénario semblable se produirait dans l’État de New York.

De plus, une intégration étroite des réseaux électriques du Québec et du Nord-Est américain pourrait avoir l’effet pervers de faire augmenter les tarifs ici.

« Quand vous connectez deux marchés ayant des prix différents, les prix tendent à s’égaliser, de sorte qu’ils baissent dans une région et augmentent dans l’autre », explique M. Dimanchev.

Appui à la vision

Malgré tout, Hydro-Québec s’est réjouie de l’étude, y voyant un appui à sa « vision » de devenir une « batterie naturelle » pour le nord-est des États-Unis.

Le mérite de l’étude des chercheurs du MIT est de mettre en relief les coûts de la décarbonation sans recourir à de nouvelles lignes de transport, estime Pierre-Olivier, professeur à HEC Montréal.

« C’est de nature à jeter une lumière plus favorable sur ces lignes », souligne-t-il.


► La Nouvelle-Angleterre et l’État de New York produisent respectivement 67 % et 60 % de leur électricité à partir de combustibles fossiles et d’énergie nucléaire, contre à peine 1 % pour le Québec.