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Mythe du tramway en hiver

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Photo d'archives, AFP Le tramway de Prague, en République tchèque, semble bien s’accommoder de la neige.

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S’il est un mythe qui perdure à propos du tramway, c’est bien celui voulant qu’il s’agisse d’un moyen de transport qui n’est pas adapté à l’hiver de Québec.

Ce n’est donc pas un hasard si, dans des publicités sur le Réseau de transport structurant de Québec, on y voit le maire Régis Labeaume tenter de déboulonner ce mythe. On peut s’interroger sur la forme et sur le fait que le maire y apparaît un peu comme un vendeur de chars qui lit son texte. 

Soit. Mais on ne peut certainement pas nier l’importance du message sur le fond. Il est tout à fait approprié de répondre à toute la désinformation qui s’effectue sur le dos du projet.

Dans les faits, les trains fonctionnent typiquement mieux en hiver que n’importe quel véhicule sur pneus, comme l’automobile, par exemple. Quand la chaussée est enneigée, il n’y a pas de problème d’adhésion ou de déplacement. Un véhicule sur rails n’éprouve pas non plus de problème de direction en présence de neige. 

Les rails doivent être déneigés, cela va de soi, à l’aide d’équipements de balayage spécialement conçus à cet effet, une méthode éprouvée.

Fait à noter, un métro peut aussi être paralysé en hiver, comme j’ai pu le constater de visu à New York lors d’une tempête de neige, il y a deux ans. Soufflée par les forts vents, la neige entrait à l’intérieur des stations, ce qui a forcé la fermeture du réseau. 

Conditions à remplir

Ceci étant dit, des conditions devront être remplies par la Ville afin d’assurer une circulation optimale du tramway pendant l’hiver, comme c’est aussi le cas pour les routes. L’exemple d’Ottawa, qui éprouve des problèmes avec son train léger en raison du froid, le démontre bien. 

Comme pour n’importe quel matériel lourd, la neige, la glace et le froid intense peuvent poser des problèmes si certaines exigences ne sont pas remplies. 

La Ville devra ainsi s’assurer que le matériel choisi pourra fonctionner lors de froids extrêmes, soit jusqu’à -40 degrés Celsius. La neige ne devra pas s’accumuler à des endroits sensibles sur le véhicule, comme les portes. 

Le dégivreur de la vitre avant devra être robuste et performant en conséquence, et les systèmes de climatisation et de chauffage devront être adéquats, compte tenu des variations de température. Les portes du tramway devront enfin être dotées de dispositifs permettant de les débloquer facilement si elles venaient à être encombrées par la neige ou le sel de déglaçage.

Il faut bien sûr se doter d’un programme d’enlèvement de la neige sur les rails, au même titre que sur les routes, encore une fois. En cas de bordée, on fait circuler le tramway en continu, pour prévenir le verglas. Il existe des systèmes de coupe-glace et des dispositifs qui distribuent du sable de déneigement afin de faciliter le freinage. 

La lecture de l’Étude d’impact environnemental déposée avant les Fêtes démontre que la Ville est d’ailleurs très consciente de toute cette réalité. Il reste à effectuer les bons choix, mais un tramway moderne s’adapte très bien à l’hiver. Bien mieux, en fait, que l’automobile.