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De Pierre Elliott à Justin...

De Pierre Elliott à Justin...
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Au Canada, les dynasties politiques ne courent pas les rues. D’où la tentation, parfois pertinente, de comparer sur un sujet spécifique les actions de feu Pierre Elliott Trudeau, le père, avec celles du fils Justin. Le premier ayant déjà occupé le poste de premier ministre du Canada et le second, l’occupant à son tour depuis 2015. 

Dans ma chronique de ce matin sur la crise des blocages ferroviaires – Le pari de la patience -, je soulève spécifiquement la question de l’envoi ou non de l’armée canadienne contre des civils.  

Voici le passage : 

«Depuis le début de la crise, la déclaration la plus significative de Justin Trudeau est de très loin celle-ci : « On n’utilise pas l’armée contre des civils », a-t-il dit le 21 février. La phrase est d’une rare puissance. À elle seule, elle tourne la page sur certains des épisodes les moins glorieux de l’histoire canadienne, dont la crise d’Octobre de 1970 et la crise d’Oka de 1990. 

Sa phrase est d’autant plus marquante que son propre père, Pierre Elliott Trudeau, avait lui-même accepté avec délectation la demande de Robert Bourassa d’envoyer l’armée au Québec pendant la crise du FLQ. Justin Trudeau ne nie sûrement pas cette partie sombre de l’héritage de son père. Sa phrase parle plutôt du présent et surtout, de l’avenir. Ce n’est pas rien.» 

*** 

Comme on le sait en effet, lorsqu’il était premier ministre, Pierre Elliott Trudeau, pendant la crise d’octobre, à la demande du premier ministre du Québec, Robert Bourassa, n’avait pas hésité une seconde à dépêcher l’armée au Québec, pour reprendre l’expression de Justin Trudeau, «contre des civils». 

À 50 ans d’intervalle, je pense qu’il faut souligner fortement cette immense différence entre Trudeau le père et Trudeau le fils sur une question aussi fondamentale. 

Pour mieux le mesurer, permettez-moi de citer la fameuse déclaration de Trudeau le père – connue depuis comme son fameux «Just watch me».  

Avant cette demande de M. Bourassa d’envoyer l’armée au Québec, Trudeau le père, en réponse à une longue entrevue impromptue devant le Parlement, le 13 octobre 1970, avait montré un côté ultra autoritaire que bien heureusement, on n’ose même plus imaginer possible en 2020. 

En voici un tout petit extrait traduit en français qui l’illustre à merveille. Voici Pierre Elliott Trudeau, dans toute sa «gloire» de premier ministre prêt à envoyer l’armée contre les civils de sa propre province d’origine. Il le fera le 15 octobre 1970.  

Rappelons que le 16 octobre, il invoquera aussi la Loi des mesures de guerre lui permettant de suspendre les libertés fondamentales :  

«Allez-y, pleurnichez! Mais il est plus important de maintenir l'ordre et la loi dans la société que de s'apitoyer sur ceux dont les genoux flageolent à la seule vue de l'armée [...] La société doit prendre tous les moyens dont elle dispose pour se défendre contre l'émergence d'un pouvoir parallèle qui défie le pouvoir des élus du peuple, et je pense que cette obligation ne connaît pas de limites. Seules les poules mouillées auraient peur d'aller jusqu'au bout.» 

Pour regarder son entrevue en entier, c’est ici

Comme quoi, de Pierre Elliott à Justin, certaines différences majeures sont indéniables... 

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