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France: manifestation anti-Polanski avant une cérémonie des César sous tension

France: manifestation anti-Polanski avant une cérémonie des César sous tension
AFP

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La 45e cérémonie des César, l’équivalent français des Oscars, se tient vendredi soir sous haute tension à Paris: plus d’une centaine de manifestants ont protesté avant la cérémonie contre les 12 nominations du film J’accuse de Roman Polanski, visé par une nouvelle accusation de viol.  

Moins de deux heures avant le début de la cérémonie, des manifestants, en majorité des femmes, avec des fumigènes, ont tenté d’approcher de la salle Pleyel, où se tient la soirée, protégée par des policiers et des barrières métalliques en criant «Enfermez Polanski!». Les manifestants qui tentaient de renverser des barrières ont été repoussés par la police.  

«On veut interpeller le milieu du cinéma qui peut soutenir (l’actrice française) Adèle Haenel, qui dénonce des faits d’agressions sexuelles et dans le même temps, avec une hypocrisie incroyable, soutient Roman Polanski», a expliqué Céline Piques, porte-parole de Osez le féminisme à une journaliste de l’AFP.  

 

France: manifestation anti-Polanski avant une cérémonie des César sous tension
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Les manifestantes lançaient des slogans hostiles au cinéaste comme «Polanski violeur, cinéma coupable, public complice».  

Dénonçant un «lynchage public», le cinéaste franco-polonais a décidé de ne pas se rendre à cette grand-messe annuelle du cinéma français, tout comme l’équipe de son film J’accuse, y compris l’acteur Jean Dujardin qui joue le rôle principal.  

Ce thriller historique sur l’Affaire Dreyfus (un des grands scandales politiques de l’histoire de France moderne), figure en effet parmi les principales œuvres nommées. À ses côtés figurent notamment le film de Ladj Ly sur les banlieues Les Misérables (12 nominations aussi et grand favori pour le César du meilleur film) et Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, qui en compte dix.  

La perspective d’une pluie de récompenses au cinéaste franco-polonais de 86 ans a été jugée inacceptable par une partie de l’opinion publique et les féministes, en pleine ère post #MeToo.   

Toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre d’une procédure pour détournement de mineure déclenchée en 1977, Roman Polanski est visé par une nouvelle accusation de viol.  

La photographe française Valentine Monnier affirme avoir été frappée et violée par le cinéaste en 1975, en Suisse, quand elle avait 18 ans. Son témoignage s’ajoute aux accusations de plusieurs femmes ces dernières années, pour des faits prescrits.  

 

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«Regrets» de Costa Gavras   

Le réalisateur Costa Gavras a regretté, pour sa part, que «Roman Polanski et l’équipe du film ne soient pas là». «Les nominations pour le film ont été décidées démocratiquement», a-t-il estimé, ajoutant qu’«il faut distinguer l’homme et l’œuvre».  

Le ministre de la Culture, Franck Riester, a estimé, vendredi matin, qu’un César de meilleur réalisateur pour Roman Polanksi serait «un symbole mauvais par rapport à la nécessaire prise de conscience que nous devons tous avoir dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes».  

Si Roman Polanski sera absent de la cérémonie, l’équipe du Portrait de la jeune fille en feu, largement féminine, devrait quant à elle être massivement au rendez-vous, lors de cette soirée qui devrait voir s’opposer symboliquement deux mondes.  

 

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«Cette cérémonie des César symbolise la fracture de la société. L’affrontement entre un ancien monde en train de s’effriter face à des hommes et des femmes qui ont envie de réfléchir aux représentations», juge l’universitaire Iris Brey, spécialiste du genre au cinéma, dans un entretien au journal L’Humanité.  

Le renouveau sera incarné notamment par Adèle Haenel, nommée pour le César de la meilleure actrice et devenue l’icône d’un nouvel élan de #MeToo, en France, depuis qu’elle a accusé, en novembre, le réalisateur Christophe Ruggia d’«attouchements répétés » quand elle était adolescente.  

Celle qui avait créé un séisme dans le cinéma français à l’automne avec son témoignage, a estimé lundi, dans une interview au New York Times, que «distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes».  

À ses côtés, la réalisatrice Céline Sciamma, très impliquée pour la parité dans le cinéma, pourrait créer un moment d’histoire en raflant le César de la meilleure réalisation, remporté une fois seulement par une femme, Tonie Marshall pour Vénus Beauté (Institut), il y a tout juste vingt ans.  

Cette soirée devrait aussi être celle du début d’une renaissance pour l’institution des César, accusée d’opacité, de manque de diversité et de parité. Une tribune signée par 400 personnalités du cinéma avait conduit, à la mi-février, à la démission en bloc de son conseil d’administration.  

 

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