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L’ex-maire Gingras prend le chemin de la prison

Il avait été reconnu coupable d’abus de confiance et d’intimidation

Jean-Claude Gingras
Photo courtoisie, Simon Dessureault L’ex-maire de L’Assomption Jean-Claude Gingras était débiné après la lecture de sa peine de deux ans moins un jour de prison vendredi au palais de justice de Joliette.

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JOLIETTE  |  L’ancien maire de L’Assomption Jean-Claude Gingras a écopé d’une peine d’emprisonnement de deux ans moins un jour pour abus de confiance, intimidation et entrave à la justice.

L’homme de 56 ans purgera d’abord 15 mois d’emprisonnement pour abus de confiance lors d’attribution de contrats et pour ingérence dans des poursuites liées à des constats d’infraction non conformes en vertu du Code de la sécurité routière, entre autres.

Le juge a notamment fait référence au fait que l’ex-maire avait promis, en décembre 2013, de donner un contrat à une architecte même s’il n’y avait pas eu d’appel d’offres alors que ce contrat s’élevait à plus de 100 000 $.

« L’attribution de certains contrats démontre la volonté de l’accusé de ne pas respecter les règles malgré plusieurs rappels des fonctionnaires », a souligné le juge Mario Longpré, lors de la lecture de son jugement de 59 pages au palais de justice de Joliette, vendredi.

Suspension injustifiée

Le juge l’a aussi réprimandé sur des sanctions injustifiées imposées à des employés, dont la suspension du directeur général, Martin Lelièvre, dès le premier jour de son mandat de maire, en novembre 2013.

« L’accusé s’est servi de son rôle de maire pour punir ses détracteurs et se venger des personnes qu’il croyait être à la source d’un complot pour le faire destituer. » 

M. Gingras a aussi tenté de faire cesser et de contrôler la délivrance de constats d’infraction reliés à des silencieux bruyants de motocyclistes, en juillet 2014.

« Le maire a favorisé les intérêts privés des motocyclistes, il n’agissait pas dans l’intérêt public, a affirmé le magistrat. Et son rôle de maire ne lui permettait pas d’interférer dans ces dossiers. »

L’ex-maire a aussi été condamné à six mois de prison pour intimidation à l’égard d’une personne associée au système judiciaire.

Il a fait suivre une employée

Entre juillet 2014 et mai 2015, le maire avait engagé un détective privé pour faire suivre la greffière, Chantal Bédard, qui était en congé de maladie. Il voulait démontrer qu’elle n’était pas malade. « La preuve révèle que l’incapacité de la greffière avait été confirmée par une expertise, a ajouté le juge. Le maire a aussi publié sur Facebook des extraits d’un rapport médical confidentiel de la greffière. »

Gingras a également écopé de trois mois d’emprisonnement pour entrave à la justice, alors qu’il a tenté de s’immiscer dans le litige juridique entre la Ville et sa propre garderie pour chiens.


Le verdict de culpabilité est en appel depuis novembre dernier.