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Que faire avec son argent si on devient millionnaire ?

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Gregory Mathieu, 22 ans, a gagné 70 millions à Lotto Max. On est content pour lui, vous avez vu comme il a l’air humble et gentil ?  

Il est emballeur depuis deux ans dans une épicerie de Lévis. On se dit que ce doit être un p’tit gars travaillant.    

Gagnant un salaire qui ne dépasse probablement pas 15 $ l’heure, il a eu le temps de se faire une petite idée de la valeur de l’argent.   

Il a décidé de partager son gros lot avec sept membres de sa famille, ce qui tend à confirmer notre première impression favorable. Si la somme est partagée également, il a conservé 8 750 000 $.    

Dans le 1 %   

Avec un tel magot, il suffit de le placer au taux de 3 % pour s’assurer un revenu de 262 500 $, avant impôt. Pour faire partie du 1 % des gens les plus riches au Québec, il faut un salaire de 190 000 $. L’employé d’épicerie s’y hisse juste en laissant travailler son capital.   

Ses revenus perdent cependant une partie de leur pouvoir d’achat chaque année. Puisque Gregory n’a que 22 ans, son argent vaudra beaucoup moins vers la fin de sa vie.    

Logiquement, si ce n’est pas le cas, il aurait pu se garder une plus grosse part du gâteau que ses parents.   

Maintenant, voyons ça d’un autre angle : quel niveau de vie maximal peut-il soutenir jusqu’à sa mort avec le huitième de son lot ? En faisant ce calcul, ça donne une idée jusqu’où il peut faire des folies avec son cash.   

Une richesse fragile  

« C’est l’exercice que devraient faire tous les gagnants d’un lot important », conseille Daniel Laverdière, directeur principal chez Banque Nationale Gestion Privée 1859. Le planificateur financier a réalisé ce calcul pour notre nouveau millionnaire.    

Avec 8 750 000 $, on ne peut pas s’énerver tant que ça. Imaginons que Gregory, enthousiaste, flambe 1 750 000 $ en partant pour s’acheter une maison, une auto, des voyages, et pour gâter des amis.    

Avec les 7 millions $ qui restent, sans travailler, notre jeune homme pourra se permettre un train de vie de 130 000 $ par année. C’est ce qu’il pourra dépenser jusqu’à son décès, et encore, il lui en manquera s’il vit jusqu’à 100 ans.   

Dans ses calculs, notre expert a supposé des rendements, après frais, de 3,5 % (mélange de gains en capital, d’intérêts et de dividendes) et un taux d’inflation de 2,1 %. En 2050, pour se payer les choses qui coûtent aujourd’hui 130 000 $, il faudra débourser plus de 240 000 $.   

Comme le gagnant semble bien raisonnable et qu’il pourra aussi compter sur un salaire, nous n’avons aucun souci pour son avenir.    

QUELQUES SUGGESTIONS   

  • On encaisse le chèque, ça ne presse pas pour le placer.    
  • Avec l’aide d’un conseiller qui nous sera recommandé par une personne de confiance, on teste des scénarios : combien puis-je donner, en fonction du niveau de revenu que je veux avoir de manière assurée, chaque année ?   
  • Avec autant d’argent, ça ne vaut pas le risque de viser des rendements élevés, à moins d’aimer le risque et l’investissement. Alors, les plans mirobolants, c’est non !    
  • Il faut se rappeler que les gains de loterie ne sont pas imposables au Québec, mais que les revenus qu’on en tire par la suite le sont.