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Une année de renouveau: Sous Thierry Henry, l'Impact change de visage

FBL-CONCACAF-SAPRISSA-MONTREAL
Photo d'archives, AFP Thierry Henry

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Même s’il demeure des inquiétudes, l’édition 2020 de l’Impact propose un potentiel intéressant. Le travail du directeur sportif, Olivier Renard, a été à la fois subtil et méthodique dans l’entre-saison.  

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Il a dégraissé en commençant à opérer un virage jeunesse à plusieurs positions et ses acquisitions sont intéressantes à des postes où un renouvellement était nécessaire.     

L’arrivée de Thierry Henry mène à l’implantation d’une nouvelle culture et les résultats commencent à se profiler.     

Il faudra de la patience, mais cette équipe est sur la bonne voie. Analyse.     

L’entraîneur  

Il est bien tôt pour porter un jugement sur le travail de Thierry Henry. On sait toutefois déjà qu’il le fait avec le plus grand des sérieux et avec beaucoup de passion et de fougue.     

Il a su sortir des lapins de son chapeau pour aller chercher un verdict nul dans des conditions difficiles, lors du premier match à Saprissa en Ligue des champions de la CONCACAF. L’environnement était hostile, l’équipe jouait un premier match compétitif contre un adversaire en milieu de saison, il a perdu deux joueurs dans la première demi-heure de jeu, mais sa décision de jouer à cinq défenseurs a porté fruit et l’attaque a débloqué avec deux buts.     

Quand on regarde le camp d’entraînement, on se rend compte que le résultat des matchs préparatoires – fiche d’une victoire et quatre revers – n’était pas du tout important.     

Henry faisait des tests de diverses natures lors de chacun de ces matchs et tout ça a pris forme dans un ensemble cohérent contre Saprissa.      

C’est fort encourageant pour la suite des choses puisque lorsque cette équipe aura atteint sa forme de match optimale, elle sera agréable à regarder jouer.      

Les gardiens  

Clément Diop
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Clément Diop

On commence en force en affrontant une question sérieuse, mais de moins en moins clivante.     

D’un côté, on a Evan Bush, un vétéran de 33 ans qui dispute une 10e saison avec le Bleu-blanc-noir, étant le dernier vestige de l’ère pré-MLS.     

Au fil des années, il est passé de troisième à second, à gardien titulaire, et a fini par connaître la meilleure saison de sa carrière en 2018, ce qui lui a valu un contrat qui le rendra millionnaire à la fin de la saison 2021.     

La saison passée a été plus difficile pour Bush, qui fait partie du groupe de leaders au sein de l’équipe.     

De l’autre côté, on a Clément Diop, gardien français de 26 ans qui a un parcours professionnel assez similaire à celui de Bush. Il a gravi les échelons de l’USL jusqu’à la MLS en franchissant toujours le pas.     

Mais si on dit que le clivage est moins grand dernièrement entre qui devrait être partant, de Bush ou Diop, c’est que ce dernier a su exposer des arguments convaincants, assez du moins pour que l’Impact lui accorde un nouveau contrat au cours de l’hiver.     

Diop a été un facteur très important des victoires de l’Impact contre Calgary et Toronto en demi-finale et en finale du Championnat canadien.      

Wilmer Cabrera a décidé de lui donner le filet lors des deux derniers matchs de la saison 2019 et il a bien paru avec une fiche d’une victoire et un match nul, n’accordant qu’un but et obtenant un jeu blanc.     

Ça n’a donc vraiment surpris personne de voir que Thierry lui faisait confiance pour les deux premiers matchs de la Ligue des champions.     

Diop l’a remercié en étant à son meilleur avec une performance de huit arrêts dans un match nul de 2 à 2, lors de la première rencontre. Diop a tenu le fort dans une seconde demie où l’Impact a souvent été en mauvaise posture en raison de la fatigue qui a gagné l’équipe, une fatigue normale dans le contexte.     

Il a été moins occupé dans le second match, mais a réalisé deux arrêts clés.     

Il apparaît donc évident que même si Bush a été nommé adjoint au capitaine cette saison, il y a un passage du flambeau qui s’opère entre les deux poteaux.     

Les défenseurs  

Rod Fanni
Photo courtoisie
Rod Fanni

Pendant une bonne partie de la saison morte, les partisans se sont demandé si l’Impact aurait tous les outils défensifs pour amorcer la saison après avoir délesté beaucoup d’effectifs entre les deux saisons.     

En effet, Daniel Lovitz, Bacary Sagna, Victor Cabrera et Daniel Kinumbe ont tous quitté l’équipe, les deux premiers étant des titulaires.     

On trouvait que la brigade défensive était bien mince, surtout avec l’incertitude quant au retour de Zachary Brault-Guillard, dont le prêt de l’Olympique Lyonnais était échu. Il n’y avait plus personne sur le flanc droit.     

Puis, on a réalisé que Clément Bayiha a le profil pour patrouiller le couloir droit et on le développe à cette position, une idée franchement pas bête du tout. Il a tous les attributs et devra surtout polir son jeu défensif. Et Brault-Guillard a été transféré de façon permanente, ce qui donne du tonus au côté droit de la défense.     

Rod Fanni est un solide vétéran et Rudy Camacho, malheureusement blessé au genou et absent pour quatre à six semaines, jouait son meilleur soccer depuis son arrivée chez l’Impact.     

Il y avait seulement le jeune Karifa Yao, 19 ans et pas un match d’expérience en MLS.     

Puis l’équipe a embauché Joel Waterman, un jeune central canadien qui a fort bien fait en Première ligue canadienne. Et est arrivé en essai, Luis Binks, un jeune Anglais de 18 ans, surdoué de l’Académie de Tottenham qui en avait assez d’attendre son tour en Premier League. Il n’aura eu besoin que de deux matchs pour convaincre l’état-major du club et il présente un potentiel énorme.     

Au moins, sur le flanc gauche, onsavait à quoi s’en tenir avec le nouveau capitaine, Jukka Raitala, et Jorge Corrales comme frappeur de relève.     

Cet effectif avait la profondeur pour jouer à quatre ou cinq défenseurs, mais c’était sans compter les blessures puisque Camacho s’est blessé à un genou et qu’Il sera absent pour encore au moins un mois. Et comble de malheur, Raitala s’est fracturé le péroné droit et va rater entre deux et trois mois. Voici que s’amincit la défense.     

Les milieux   

Samuel Piette
Photo d'archives, Agence QMI
Samuel Piette

Voilà une autre position où Thierry Henry a des options pour varier le style de jeu et où il peut compter sur un bon mélange de vétérans et de jeunes.     

Il a deux bons milieux défensifs en Samuel Piette et Steeven Saba, en plus de compter sur Shamit Shome, qui est sorti de sa coquille l’an passé et qui a des arguments solides pour devenir titulaire puisqu’il est notamment aussi à l’aise dans le jeu défensif que lorsqu’il doit appuyer l’attaque.     

L’année 2020 pourrait être celle où Amar Sejdic suit les traces de Shome. Le jeune Américain a déjà une histoire intéressante en étant né à Berlin de parents bosniaques qui se sont ensuite établis dans le Kentucky. Avouez que ce n’est pas banal.     

Le jeune homme est sérieux, mature et intelligent avec le ballon, a du caractère et est responsable défensivement en plus d’être en train de développer une bonne chimie avec Bojan.     

Puisqu’il est question du Catalan, celui-ci pourrait devenir la courroie de transmission de l’attaque alors qu’on l’attendait peut-être plus en buteur.     

Dans le trident qui se dessine entre Bojan, Romell Quioto et Orji Okwonkwo, Bojan est celui qui pourrait devenir le fournisseur des ailiers. On l’a d’ailleurs vu à San Jose quand il a décoché un long centre contre le vent et ultra précis à Quioto, qui a enfilé le second but montréalais.     

À eux se greffe Lassi Lapalainen, blessé, mais qui aura beaucoup de minutes à gauche malgré une absence pour l’Euro avec la Finlande cet été.      

Ballou Tabla devra trouver sa voie sur le côté droit, ce qu’il peine encore à faire malgré un talent évident.     

Saphir Taïder est un peu un homme à tout faire, mais il est nettement plus à l’aise dans les missions offensives. Il devra devenir le meilleur ami de Bojan sur le terrain parce que si ça fonctionne, l’Impact sera très souvent en bonne posture en milieu de terrain avec un jeu bien articulé pour la première fois depuis quelques années.     

Quant au jeune Mathieu Choinière, qui a plein de talent, mais qui a besoin de minutes, ça ne serait pas une vilaine idée de lui proposer un prêt en Première ligue canadienne afin qu’il joue beaucoup pour trouver son rythme.     

Les attaquants  

Anthony Jackson-Hamel
Photo d'archives, Agence QMI
Anthony Jackson-Hamel

Maxi Urruti a souvent fait pester les partisans l’année dernière par son manque de précision avec le ballon.     

Personne n’a jamais nié son implication dans un match. Il possède trois poumons, court comme un démon, mais est toujours un peu décevant lorsqu’il s’approche du filet adverse.     

Bonne nouvelle pour lui, si Thierry Henry développe son jeu en triangle, l’attaquant devient la pointe d’un losange qui n’a plus besoin d’avoir l’essentiel de la pression de marquer des buts.     

Urruti bouge énormément dans la surface adverse et c’est possiblement lorsqu’il est le plus près du but qu’il est le plus efficace, même s’il possède une grande vitesse.     

Il a une présence irritante pour les défenses adverses et ne craint pas le contact. S’il mise sur ses qualités, les partisans vont peut-être changer d’opinion à son endroit.     

Anthony Jackson-Hamel a déjà fait la preuve qu’il sait marquer des buts. Au cours des deux dernières années, le courant ne passait tout simplement pas avec Rémi Garde et Jackson a broyé du noir sur le bout du banc plus souvent qu’à son tour.     

Il est heureux de travailler avec Thierry Henry et avec raison. Voilà un mentor d’une qualité exceptionnelle de qui Jackson peut apprendre énormément. Henry fait son boulot avec une grande rigueur. C’était vrai lorsqu’il était joueur. Ça l’est maintenant qu’il est entraîneur.     

Sous Henry, on souhaite à Jackson de trouver sa voie et sa voix dans cette attaque qui peut certainement être à son meilleur si Jackson l’est aussi, que ce soit comme partant ou comme substitut qui vient terroriser les défenses en fin de match.