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Harley-Davidson prend le virage électrique

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MONTRÉAL – Réputé pour ses moteurs bruyants, le légendaire constructeur Harley-Davidson a surpris ses inconditionnels, ce week-end, en présentant son premier modèle électrique dans le cadre du Salon de la moto de Montréal. 

La nouvelle LiveWire a tout de même réussi à piquer la curiosité de plusieurs fidèles de la marque. 

Mais Marc Rousseau, gérant du district du Québec pour Harley, ne se fait pas d'illusions: très peu d’entre eux adopteront la LiveWire. En effet, l'entreprise américaine vise surtout à aller chercher une nouvelle clientèle en prenant le virage écolo. 

ÉTIENNE PARÉ/AGENCE QMI

«C’est une moto à vocation urbaine. En ville, on parle d’une autonomie de 235 km, de 135 km si on fait de l’autoroute», a expliqué M. Rousseau. 

Sur les routes, la LiveWire ne fait pas le même bruit que les autres bécanes Harley-Davidson, mais le constructeur a tout de même pensé ajouter un son qui la distingue, question de perpétuer l'image de marque. 

«Ça me fait penser à un bruit de jet», a poursuivi le gérant de district chez Harley-Davidson, le premier gros constructeur de motos à se lancer dans l'électrique. 

Un produit encore niché 

Car jusqu'ici, quand on parlait de motocyclettes électriques, il n'y avait à peu près que Zero, une entreprise californienne qui se spécialise dans ce produit de niche depuis une dizaine d'années. 

«Les ventes stagnent depuis deux ans, mais cette année, on s’attend à ce que ça double», entrevoit Marc-Olivier Larente, directeur de Motoplex, l'un des deux seuls concessionnaires au Québec à avoir des motos Zero sur son plancher. 

ÉTIENNE PARÉ/AGENCE QMI

Outre l'argument écologique, il insiste aussi sur les avantages économiques de la moto électrique quand vient le temps de conclure ses ventes. 

«On est dans les prix. En plus, on élimine les coûts d’entretien, le gaz et on ajoute le crédit accordé par le gouvernement du Québec», a-t-il rappelé. 

À noter aussi que la LiveWire d'Harley et les motos Zero peuvent rouler avec une plaque d'immatriculation verte, qui peut être jusqu’à trois fois moins cher que les plaques d'une moto à essence. 

L’immatriculation au cœur des débats 

Le coût de l'immatriculation reste un enjeu majeur pour les motocyclistes. Depuis 2004, les conducteurs de moto doivent payer plus que les automobilistes, une mesure qui a été mise en place par la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) pour tenir compte, entre autres, du taux d’indemnisation plus élevé chez les motocyclistes à cause du nombre important d’accidents. Aujourd’hui, l’écart est colossal: si la facture annuelle dépasse en général les 200$ pour la voiture, elle grimpe à près de 685$ pour une moto moyenne. 

«Il faut revenir à la législation en vigueur avant 2004. À cette époque, la SAAQ était déficitaire, mais aujourd’hui, elle nage en plein surplus. Les motocyclistes paieraient beaucoup moins et pour les automobilistes, ça reviendrait à une augmentation à la marge, comme ils sont beaucoup plus nombreux», a plaidé Jeannot Lefebvre, porte-parole du Comité d’action politique motocycliste (CAPM-E). 

Il reconnaît cependant qu’il coûte beaucoup moins cher de faire de la moto au Québec par rapport aux autres provinces. C’est ce qui explique sans doute pourquoi la Belle Province est un important marché pour les fabricants de motos. Chez Harley-Davidson, le tiers des ventes canadiennes sont enregistrées au Québec.