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La loi et l’ordre

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Je veux vous parler de la crise des blocus ferroviaires.   

Mais avant d’aborder ce sujet, quelques mots sur la série américaine Deadwood.  

Une ville hors-la-loi  

Écrite par David Milch (le cocréateur de la série-culte NYPD Blue, qui a révolutionné la façon dont on dépeignait le milieu policier à la télé), cette série qui a été diffusée entre 2004 et 2006 sur HBO se déroulait dans un petit village du Midwest américain en 1870.   

Zone de non-droit fondée en toute illégalité par des chercheurs d’or sur un territoire autochtone, la petite ville de Deadwood (qui a réellement existé) a fini par être annexée à l’État du Dakota du Sud.  

C’est d’ailleurs ce qui a intéressé David Milch : comment une ville qui vivait hors de portée de toute loi, et où tout, absolument tout, était permis (la prostitution, le jeu, le trafic d’opium, le meurtre), a fini par se policer et par rejoindre la civilisation.  

« Je voulais montrer, à travers l’histoire fascinante de Deadwood, comment une société se crée à partir de rien, comment elle se développe et comment elle se construit, a dit Milch. Bref, comment on est passé de l’état sauvage à l’état civilisé. »  

Quels furent les premiers signes de l’avènement de la « civilisation » à Deadwood, ville qui est passée à l’histoire pour ses personnages plus grands que nature (Wild Bill Hickok, Calamity Jane, la tenancière de bordel Mollie Johnson et le propriétaire de saloon Al Swearengen) ?  

La création d’un système légal. On a adopté une poignée de lois et on a commencé à organiser des procès dans le saloon, afin de condamner et de punir ceux et celles qui ne les respectaient pas.   

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Des flics, des juges  

C’est comme ça qu’une ville rejoint la civilisation.   

En faisant régner la loi et l’ordre.  

Sans loi, sans ordre, pas de civilisation possible.   

Quelle est la première chose qu’on fait quand un pays s’effondre, à la suite d’une guerre civile, par exemple ? Quand plus rien ne tient, quand toutes les institutions ont implosé, quand l’anarchie règne ?  

On crée un corps de police et on instaure des tribunaux.   

C’est le premier pas vers le retour de la civilisation.   

Des lois, des flics, des juges.  

La loi et l’ordre ne constituent pas l’un des piliers fondamentaux de la démocratie.  

C’EST la démocratie.   

Pas de loi, pas d’ordre, pas de démocratie.  

C’est aussi simple que ça.  

Une menace à la démocratie  

Quand Justin Trudeau refuse de faire respecter la loi, quand il refuse de prendre les moyens nécessaires à la restauration de l’ordre, quand il permet à des groupes (quels qu’ils soient, et quelles que soient leurs causes) de désobéir à la loi en toute impunité, il fait plus que mal faire sa job.  

Il menace l’essence même de notre société démocratique.   

Avant de négocier, avant de dialoguer, avant de discuter, avant d’arriver à une entente, avant même de tendre la main, tu fais respecter la loi, point.  

Si tu n’es pas capable de faire ça, tu es indigne du poste que tu occupes.  

J’irais même plus loin : tu dois être destitué.   

Parce que si tu n’es pas capable de faire respecter la loi, tu n’as pas ce qu’il faut pour diriger un pays.