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Le classique des classiques

L’œuvre de Shakespeare Roméo et Juliette vivra dans une version contemporaine au Trident

Le Trident (Répétition Roméo et Juliette)
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois Laurence Champagne, qui interprète Juliette, et Marie-Josée Bastien lors des répétitions.

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La pièce Roméo et Juliette est souvent considérée comme le classique des classiques. Jean-Philippe Joubert avoue avoir ressenti un moment de vertige lorsqu’on lui a proposé de monter cette œuvre de Shakespeare. 

Il aurait même reculé sur sa chaise, lorsque Anne-Marie Olivier, directrice artistique et codirectrice générale du Trident, lui a parlé de ce projet à l’été 2018. 

« Je ne m’en souviens pas précisément, mais c’est ce qu’elle m’a rappelé lors d’une conversation », a-t-il lancé, à quelques jours de la première.  

À l’affiche au Trident, à partir de mardi, la pièce raconte l’histoire d’amour entre deux adolescents à travers la haine qui existe entre leurs familles respectives. 

« Roméo et Juliette, c’est un gros morceau. Il n’y a pas beaucoup de pièces comme celle-ci que tout le monde connaît », a-t-il mentionné. 

« Que tout le monde pense connaître », a ensuite ajouté le metteur en scène, lors d’un entretien.  

Cette œuvre de Shakespeare va bien au-delà de l’histoire d’amour entre Roméo Montaigu et Juliette Capulet. 

« Il y a des meurtres et des jeunes qui se tuent. C’est une pièce dure. Des parents d’amis de ma fille m’ont dit que leur fille voulait venir. Je leur ai dit d’être prudents », a-t-il fait savoir, précisant que l’aspect suicide était délicat et avait été très difficile à traiter émotivement.  

Un être humain 

Le metteur en scène, Jean-Philippe Joubert.
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois
Le metteur en scène, Jean-Philippe Joubert.

Jean-Philippe Joubert et la co-conceptrice de la mise en scène, Marie-Hélène Lalande, ont rapidement choisi d’attaquer cette œuvre écrite au 16e siècle avec une approche contemporaine. 

Ils ont écrit un scénario à partir du texte et ils l’ont soumis à Rébecca Déraspe, qui a signé l’adaptation.  

« On a conçu le spectacle comme si c’était une création. On a conservé des scènes, éliminé certaines, coloré les personnages avec des référents contemporains et amené le tout dans une langue écrite au Québec », a-t-il expliqué.  

Le metteur en scène a adoré s’infiltrer dans cette œuvre de cette façon.  

« Shakespeare est un auteur puissant, mais aussi imparfait. Il reste des défauts dans ses pièces avec des concordances qui ne sont pas là et des choses qui sont trop longues et bizarrement écrites. Ce qui est intéressant, parce que ça donne de la place aux créateurs. C’est tripant de se donner la permission de prendre Shakespeare et de réécrire par-dessus, mais à la condition, bien sûr, d’être vigilant et de conserver l’essence de la pièce », a-t-il dit. 

Gabriel Cloutier-Tremblay qui personnifiera Roméo.
Photo courtoisie, Stéphane Bourgeois
Gabriel Cloutier-Tremblay qui personnifiera Roméo.

Gabriel Cloutier-Tremblay a obtenu le rôle de Roméo à la suite d’un processus d’audition. L’acteur a choisi de mettre de côté l’aspect mythique entourant cet immense personnage. 

« Pour moi, Roméo est un adolescent extrêmement pulsionnel et qui est pris dans cette adolescence parfois violente, tant positivement que négativement. Les adolescents embrassent tout avec passion et pas nécessairement avec réflexion. Roméo reste un être humain, et il faut le jouer avec le plus de sensibilité et d’humanité possible. Si on se met à penser à l’aborder par son aspect mythique, ça devient trop gros et trop vertigineux. C’est un grand privilège de pouvoir camper ce personnage et jouer la langue de Shakespeare », a-t-il laissé tomber. 


♦ Cette version contemporaine de Roméo et Juliette est présentée du 3 au 28 mars au Trident. Une supplémentaire a été ajoutée le 24 mars.