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Les Mohawks

FD-BLOCUS-KAHNAWAKE
Photo Agence QMI, Maxime Deland

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Ce sont les Autochtones les plus tonitruants. Parmi eux se terrent des truands qui imposent leurs lois et affectionnent les armes à feu « spéciales ». Non pas celles qui permettent à tout chasseur de tirer le chevreuil, l’orignal ou l’ours, mais des armes de guerre automatiques. Celles qui se retrouvent dans les mains des militaires, des terroristes et trop souvent des meurtriers de masse.

Les Mohawks sont des « warriors » irréductibles. Regardez-les défier les gens des médias sur les photos alors qu’ils maintiennent le siège sur les voies ferrées, pendant qu’ailleurs au Canada le blocage est en train de disparaître.

Les Mohawks se sont déclarés solidaires des Autochtones héréditaires de la nation des Wet’suwet’en, car ceux-ci sont des dissidents, alors que la majorité des membres de la nation a voté en faveur du gazoduc. Ces mêmes chefs dissidents ont, l’an dernier, enlevé le titre d’autochtone à trois femmes-chefs héréditaires, car elles étaient en faveur du gazoduc, source d’emplois.

Des radicaux

Les Mohawks de Kahnawake ont donc choisi leur camp, celui des plus radicaux des Autochtones. Qui se ressemble s’assemble. Cela explique alors pourquoi les chefs héréditaires ont rendu visite aux Mohawks de la région de Montréal avant d’accepter de rencontrer hier les autorités politiques sur leur réserve dans l’Ouest canadien.

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Le secrétaire de la nation mohawk de Kahnawake, Kenneth Deer, actif il y a trente ans pendant la crise d’Oka et qui s’y connaît donc en barricades, a déclaré cette semaine : « Nous ne sommes pas canadiens ou américains, même si nous avons des territoires des deux côtés de la frontière. Nous sommes mohawks ». Il affirmait ainsi le droit de son peuple à l’autodétermination.

On est donc en droit de demander au porte-parole des Mohawks de nous expliquer pourquoi, s’il n’est pas canadien, il est exempt de payer des taxes en vivant sur sa réserve. Pourquoi accepte-t-il des subventions d’Ottawa ? Pourquoi utilise-t-il sa carte d’assurance maladie du Québec et pourquoi voyage-t-il avec un passeport canadien ?

Agressivité diffuse

Il faut ici mettre en lumière une délicate réalité mohawk. En vivant sur la réserve à Kahnawake, les membres de la tribu en désaccord avec la politique des chefs n’ont pas la vie facile. Il semble difficile, voire risqué, d’exprimer son opposition aux leaders de la maison longue. Il existe un climat de suspicion, une agressivité diffuse qui semble être le prix pour demeurer sur la réserve.

Kenneth Deer assure que les Mohawks vivent selon un système de clans et que leur société est matriarcale. On peut se demander aussi comment se vit l’égalité des sexes au sein de la réserve. Peut-on la comparer à celle des Québécoises et des Canadiennes ?

Les radicaux blancs ou autochtones ne peuvent nous rendre muets si leurs actions ne respectent pas les quelques valeurs permettant de vivre le respect, l’égalité et la justice. Le Canada ne peut plus manquer de courage. Il doit s’attabler avec les Premières Nations. Celles-ci méritent mieux que des larmes et de la condescendance.

Les Mohawks, eux, sont nos compatriotes. Quoi qu’ils en pensent.