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Quand l’entreprise se fait ghoster par un candidat

Avec la pénurie, de nombreux candidats coupent court au processus d’embauche

Christian Genest, PDG de Buddha-Station, plus tôt cette semaine, à son siège social.
Photo Jean-Francois Desgagnés Christian Genest, PDG de Buddha-Station, plus tôt cette semaine, à son siège social.

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Le ghosting est de plus en plus présent dans le monde du recrutement. Cette pratique, qui se manifeste quand un candidat coupe toute communication sans donner d’explication durant le processus d’embauche, Christian Genest l’a vécue souvent.

« Un candidat sur trois ne se pointe pas à l’entrevue, estime le président de Buddha-Station. Récemment, on a même eu le cas d’une personne qui avait accepté notre offre d’embauche, mais qui ne s’est jamais présentée le jour de son entrée en poste. On n’a jamais su pourquoi, puisqu’elle n’a pas répondu à nos appels. »  

Ne pas connaître les motifs de cette décision, c’est surtout cela que le dirigeant déplore. « Ce n’est pas grave si un candidat refuse une proposition d’emploi, on aimerait juste savoir pourquoi. C’est un terrain d’apprentissage dont on a besoin comme employeur », explique le fondateur de Buddha-Station, qui fait la livraison de repas santé dans les entreprises.

Des conseils pour le prévenir 

Le ghosting existe depuis longtemps. Attendre en vain une réponse d’un recruteur a longtemps été le lot des chercheurs d’emploi. Aujourd’hui, avec la pénurie de talents, l’équilibre du pouvoir s’est renversé et ce sont maintenant les candidats qui ne donnent pas suite aux messages des employeurs. 

Un sondage de la plateforme d’emplois Indeed mené en 2019 révélait que 83 % des employeurs ont déjà été « ghostés » par un candidat. Le phénomène coûte cher à l’entreprise puisqu’il allonge le processus d’embauche. Il a aussi des répercussions négatives sur la marque employeur.

Comment le prévenir ?

« En modernisant ses pratiques de recrutement », affirme Jenny Ouellette, fondatrice de la plateforme BonBoss.ca, qui offre une certification et de la formation aux employeurs désireux d’améliorer leur style de gestion.

Cela commence par une offre d’emploi bien rédigée qui doit répondre à trois questions essentielles pour les candidats. 

« Ils veulent savoir quelle est la culture de l’entreprise, soit comment les équipes travaillent, dans quel environnement, explique Mme Ouellette. Aussi, avec qui ils vont travailler. Quel est le style de gestion de la personne qui deviendrait leur boss.  Enfin, ils veulent savoir à quoi ils vont contribuer.  

« Un employeur qui saura bien communiquer ce qu’il a à offrir attirera plus de candidats, ajoute-t-elle. Il faut aussi rendre le processus de recrutement agréable pour donner envie au candidat de poursuivre la démarche. »

Chez Buddha-Station, l’équipe de recruteurs fait toujours une rétroaction avec le candidat pour savoir ce qu’il a pensé de l’entreprise et de l’entrevue. « C’est cela qui nous aide à toujours nous améliorer et nous démarquer », explique Christian Genest. Quand un candidat joue aux abonnés absents, il prend maintenant la chose avec philosophie. « Je me dis qu’elle n’était pas la personne pour se joindre à l’équipe puisqu’elle ne rejoint pas nos valeurs. »

Financement

La formation en milieu agricole récolte 1,3 M$

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a annoncé cette semaine une aide de 1,3 M$ pour soutenir la formation de 160 travailleurs en milieu agricole, notamment en francisation et par l’entremise de stages en entreprise. 

Un premier projet, nommé Récolte de talents, permettra d’offrir des stages rémunérés de 875 heures en milieu de travail à 80 ouvriers agricoles dans autant d’entreprises.

Le deuxième projet offrira une formation de 40 heures à plus de 80 travailleurs provenant de différentes entreprises agricoles dans les secteurs de l’élevage, de la culture maraîchère et de la floriculture, entre autres. Elle permettra aux travailleurs d’atteindre un niveau correspondant à un diplôme d’études secondaires.

Les employeurs agricoles doivent souvent combler leurs besoins en embauchant de nouveaux immigrants ou des travailleurs étrangers temporaires qui ont un niveau de français limité. Favoriser l’apprentissage de la langue leur permettra de travailler en toute sécurité et de s’intégrer plus facilement.

Salaire

Laissez-vous de l’argent sur la table ?

Selon un récent sondage du cabinet de recrutement Robert Half, seulement le tiers des professionnels canadiens interrogés (36 %) ont tenté de négocier un salaire plus élevé dans le cadre de leur dernière offre d’emploi. 

La majorité de ceux qui n’ont pas négocié s’est dite satisfaite du salaire offert (59 %). Mais 19 % des sondés qui ont indiqué vouloir plus d’argent étaient mal à l’aise de négocier.

Dans une enquête similaire menée auprès des travailleurs aux États-Unis, plus de la moitié des professionnels (54 %) ont tenté de négocier le salaire dans le cadre de leur dernière offre d’emploi.

Ce sont les professionnels canadiens gagnant plus de 100 000 $ par année (41 %) qui étaient les plus susceptibles de négocier une offre. Chez ceux qui ont demandé plus d’argent, 40 % étaient des hommes et 31 %, des femmes.

Plus d’options pour les travailleurs étrangers

Québec a bonifié la liste des professions admissibles au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Elle compte maintenant 226 professions, dont enseignants de niveaux primaire et préscolaire, professeurs et chargés de cours au niveau universitaire, travailleurs sociaux, personnel de soutien du cinéma, de la radiodiffusion, de la photographie et des arts de la scène, et aussi briqueteurs-maçons.

Pour la mise à jour de la liste, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale a identifié et déterminé les professions évaluées en déficit ou en léger déficit de main-d’œuvre disponible à court terme, en se basant sur le document État d’équilibre du marché du travail à court et moyen terme : Diagnostics pour 500 professions.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a accueilli favorablement l’augmentation du nombre de professions admissibles au PTET. Pour les employeurs, cela réduit le fardeau des démarches administratives et accélère le processus de recrutement.


♦ Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés, s’y préparent.

♦ Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à diane.tremblay@quebecormedia.com