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La machine à voyager dans le temps des Hay Babies

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Le cheminement du trio du Nouveau-Brunswick est tout simplement fascinant.  

  

Les Hay Babies   

Photo courtoisie

★★★★½  

Boîte aux lettres  

De ses débuts folk compétents, mais pas si mémorables, avec le recul, sur son maxi Folio et son premier album Mon Homesick Heart (mes excuses), le collectif s’est « relancé » ensuite sur une courbe inattendue avec La 4ième dimension (2016), une œuvre plus rock faisant autant écho aux beaux jours de Fleetwood Mac qu’à la trame sonore d’un film de science-fiction italien des années 80 (en plus d’être fort appréciable, bien évidemment). Ce détour semble être maintenant la voie privilégiée pour les auteures-compositrices-interprètes dès la première écoute de Boîte aux lettres, un troisième LP correspondant avec plusieurs époques.    

Voyage, voyage  

L’interprétation et l’ambiance (voire tout !) sur Fontaine à vœux, qui nous introduit au disque, fait écho à Beau Dommage. Puis vient Roses rouges qui pourrait se retrouver sur un album de l’époque « diva » de Diane Dufresne... ou en ouverture d’un film James Bond. Tout un trip, bref !    

Bien qu’une nostalgie assumée baigne l’œuvre — dès la couverture du LP, le ton est donné, faut dire -, Boîte aux lettres se distingue de bon nombre de productions en évitant la facilité et, surtout, en ne versant pas dans l’exploitation crasse. Le trio glane ici et là des éléments dans son voyage musicotemporel et il en résulte une mixture aussi intéressante que personnelle.    

Plus incroyable encore : même sans l’effet de surprise « brûlé » par La 4ième dimension, la proposition est aboutie.     

Beneath The Massacre  

Photo courtoisie

 ★★★★  

Fearmonger  

Huit ans après Incongruous, un troisième album brutal, mais aussi « accessible », les virtuoses death metal locaux refont surface avec l’équivalent musical d’une attaque au canon électrique. Fearmonger est un véritable assaut des tympans. Sans relâche, viscéral et avec une précision qui désarçonne, Elliot Desgagnés et ses frères d’armes livrent donc une œuvre un brin moins mélodique que la précédente (les dilettantes devront redoubler d’efforts pour l’apprécier à sa juste valeur), mais qui épate autant, sinon plus. La trame sonore pour se défouler quoi.     

Soccer Mommy  

Photo courtoisie

 ★★★½  

Color Theory  

Sophie Allison ne chôme pas. Depuis 2016, l’auteure-compositrice-interprète indie rock de Nashville livre un LP par année et le cru du moment semble être celui qui la fera connaître auprès du grand public (elle a notamment monté sur scène à Houston pour un rassemblement en l’honneur de Bernie Sanders). Pour les amateurs de repères, Soccer Mommy plaira aux fans de college rock craquant pour Big Thief et Japanese Breakfast ainsi qu’aux nostalgiques de l’esthète du même genre circa des années 90 à la Liz Phair. Color Theory ne réinvente pas la roue, mais s’apprécie rondement (excusez-la).     

Zoo Baby  

Photo courtoisie

 ★★★  

Pomme  

Projet solo de Xavier Dufour-Thériault, membre du groupe Gazoline, Zoo Baby s’affranchit avec brio du collectif qui l’a tout d’abord fait connaître avec une proposition éclatée à souhait. Le noyau de l’œuvre — l’enchaînement entre la ballade rock folk Coeur de pomme et la pièce-titre plus dynamique, mais surtout épique et vaguement 80’s — en témoigne tout particulièrement. Aussi à souligner, une réalisation assumée de Julien Mineau (Malajube) qui complète bien le matériel de Dufour-Thériault. Les amateurs de mumblecore vont adorer.      

  

Coup de coeur  

ARIANE ZITA  

Photo courtoisie

★★★★  

Beige  

Pour une raison que j’ignore, je n’ai jamais trop accroché sur l’œuvre — pourtant fort appréciable ! – de l’auteure-compositrice-interprète par le passé. Vous vous en doutez bien, Beige vient secouer ce statu quo. Entre les chansons plus pop planantes et les balades éthérées, Zita propose sûrement la production la plus mature de son corpus. Féminicide, une pièce lancinante bardée de piano, de violon et de mots qui résonnent, tout particulièrement de nos jours, vaut une écoute attentive, voire un moment de recueillement. À titre de référence, les mélomanes appréciant autant Klô Pelgag que Cœur de pirate devraient tendre également l’oreille.