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Une entente de principe conclue entre le fédéral et les Premières Nations

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Une étape vers la levée du blocus qui paralyse le réseau ferroviaire depuis 25 jours a été franchie, dimanche, avec l’annonce d’une entente de principe entre les gouvernements et les représentants wet’suwet’en.  

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Cette entente a été annoncée dimanche matin à Smithers, en Colombie-Britannique.       

Un des dossiers abordés était non résolu depuis 1997. À ce moment-là, la Cour suprême du Canada avait reconnu les droits et les titres de propriété autochtones dans une décision historique.       

Or, la question de la détermination du territoire ancestral des Autochtones était demeurée en suspens jusqu’à dimanche.       

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Les discussions ont aussi tourné autour du passage du pipeline Coastal GasLink sur le territoire de la communauté wet’suwet’en. Depuis plus de trois semaines, cet enjeu a incité des membres de cette communauté, ainsi que leurs sympathisants un peu partout au pays, à bloquer des voies ferrées. Cela a causé d’énormes répercussions sur les services de transport ferroviaire. Le gouvernement cherche donc une manière de faire tomber les barricades.       

«Les partis ont exploré les moyens de parvenir à une résolution. La province a accepté de fournir de plus amples informations sur le projet. Toutes les parties à la table reconnaissent que les différences persistent», ont fait savoir dans un communiqué conjoint, gouvernements du Canada, de la Colombie-Britannique et les chefs héréditaires.       

Nouveau départ  

Les différents intervenants n’ont dévoilé aucun déetail de l’entente. Elle sera d’abord présentée aux membres wet’suwet’en.       

«Nous verrons si les arrangements fonctionneront avec tout ce que nous défendons, s’est contenté de dire le chef héréditaire Woos. Être témoins de cela tous ensemble est important pour nous.»        

<b>Carolyn Bennett</b>,<br /><i>Ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones</i>
Photo d’archives, Jean-Francois Desgagnés
Carolyn Bennett,
Ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones

De son côté, la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a souligné que c’était le «début» d’une nouvelle relation.       

«C’est la voie à suivre pour le Canada, pour continuer d’aller vers la reconnaissance des droits, le respect, la coopération, le partenariat», a-t-elle déclaré.       

«C’est un pas important dans la reprise du cours des affaires», souligne Charles Milliard, PDG de la Fédération des chambres de commerce du Québec, qui espère un démantèlement rapide. Il faudra rattraper le temps perdu.»       

Prêt au dialogue  

Le promoteur du projet de gazoduc a pour sa part indiqué qu’il reprendrait ses travaux dès lundi. Il s’est dit prêt à dialoguer «avec tous les groupes autochtones le long du circuit [projeté]».       

Pour le politologue de l’UQAM André Lamoureux, cette entente de principe ne signifie rien pour l’instant.       

«Ce n’est pas encore un point tournant. Il y a des chefs qui ont dit qu’il n’y aurait aucune levée de barricades, fait-il remarquer. On ne peut pas régler la question autochtone en deux semaines.»       

Pire encore, cette crise et la gestion qu’en fait le gouvernement Trudeau alimenteraient l’imaginaire des mouvements anarchistes et radicaux du pays, selon lui.       

«Accepter ça, c’est donner un passeport aux radicaux», conclut-il.       

- Avec Guillaume St-Pierre et l’Agence QMI  

Kahnawake veut se réunir avant de lever la barricade  

Les manifestants mohawks n’ont pas cru bon de lever immédiatement leur barricade qui bloque la voie ferrée de Kahnawake depuis trois semaines, dimanche, après l’annonce qu’une entente de principe avait été signée.       

​Kenneth Deer, Mohawk
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
​Kenneth Deer, Mohawk

«Nous devons obtenir plus d’information de tous les chefs [wet’suwet’en] pour voir comment ils se sentent. La communauté va devoir se réunir avant de prendre une décision», a lancé d’emblée Kenneth Deer, secrétaire de la nation mohawk, dimanche, en point de presse, à la réserve de Kahnawake, sur la Rive-Sud de Montréal. «Ça ne peut pas être juste un petit groupe [qui décide], ça doit être tout le monde.»       

Injonction  

C’était après qu’une entente de principe soit intervenue entre des représentants des gouvernements d’Ottawa, de Victoria et de la Première Nation Wet’suwet’en.       

Depuis le 18 février, des habitants de cette réserve bloquent une voie ferrée du Canadien Pacifique en appuie aux chefs héréditaires wet’suwet’en.       

Ils le font malgré qu’une injonction de la Cour valide jusqu’au 5 mars a été accordée à la compagnie ferroviaire afin de les obliger à quitter les lieux.       

Décision aujourd’hui  

La manifestation de leur mécontentement empêche entre autres la société responsable des trains de banlieue d’offrir son service entre Candiac et Montréal.       

«Je pense que c’est significatif comme développement, mais le problème du pipeline n’est pas encore terminé, a-t-il poursuivi. C’est un mélange d’émotions. On est contents de la progression du dossier, mais on demeure tristes pour le problème du pipeline.»       

Kenneth Deer a affirmé que les membres de la communauté devraient se rencontrer « à un moment aujourd’hui » afin de discuter de l’enjeu et ainsi prendre la décision de lever ou non la barricade.       

- Avec l’Agence QMI