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Il rêve d’aller à son bal sur ses deux jambes

Il rêve d’aller à son bal sur ses deux jambes
Élise Jetté / Agence QMI

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Un adolescent amputé sous les genoux lorsqu’il avait 18 mois pourra se rendre à son bal de finissants sur ses deux jambes, un rêve qu’il réalisera grâce à l’impression 3D et une série d’opérations complexes effectuées à l’hôpital Sainte-Justine à Montréal. 

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Charlie Fournier, 16 ans, ne pouvait plus se tenir debout sur ses prothèses depuis deux ans. Ses tibias avaient adopté un angle qui rendait la marche trop douloureuse. 

«Quand je mettais une pression sur mes tibias, c’était l’équivalent de recevoir des coups de marteau», lance le jeune homme originaire de Trois-Rivières, qui a alors troqué ses prothèses trop souffrantes pour son fauteuil roulant. 

«Il souffrait d’une infection méningococcémie, qui a créé des nécroses, explique le chirurgien orthopédique Peter Glavas. Ça n’a pas affecté que les muscles et les tissus, mais aussi les plaques de croissances.» 

Le corps contient de nombreuses plaques de croissances et c’est grâce à elles qu’on grandit. «Les plaques les plus actives dans les membres inférieurs sont sous les genoux, poursuit le médecin. Celles de Charlie ont été infectées, ce qui a fait en sorte que, même après l’amputation, les tibias ont grandi dans des angles anormaux.» 

«Pendant plusieurs mois, je ne voulais plus me lever pour aller à l’école parce que je savais que j’allais trouver les corridors trop longs et que ça allait faire trop mal», se souvient Charlie. 

Grâce à l’impression 3D

C’est une pièce conçue avec une imprimante 3D qui a permis de couper l’os de Charlie de la bonne façon pour qu’il devienne droit. «Il fallait ouvrir l’os sans le fragiliser, soutient le chirurgien. C’est pour ça qu’on a fait de nombreuses simulations sur ordinateur avant de procéder.» 

Quelques mois après la première opération, en mai dernier, Charlie a été en mesure de marcher avec une canne. J’étais content parce que je ne me rappelais plus du sentiment de marcher», dit le jeune homme. Puis, en janvier, l’autre tibia de Charlie a été redressé grâce à la même technique. 

Jouer au badminton

Avant l’été, Charlie pourra mettre du poids sur ses deux membres inférieurs. «J’ai hâte de marcher sans avoir mal au dos et je veux jouer au badminton, lance-t-il avec enthousiasme.» Peter Glavas estime que ces chirurgies devraient être les «solutions finales» pour Charlie qui a subi de nombreuses autres interventions durant sa courte vie. «J’ai arrêté de compter à 25 opérations, plaisante le jeune homme qui terminera son secondaire en juin. 

«J’aimerais ça pouvoir participer à mes cours d’éducation physique avant la fin de l’année, espère Charlie. Peu importe ce qui arrive, je veux vraiment arriver à mon bal de finissants sur mes deux jambes.»