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Calin Rovinescu passe (encore) à la caisse

Air Canada
Photo Chantal Poirier Calin Rovinescu. PDG d’AIr Canada

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Le PDG d’Air Canada, Calin Rovinescu, a vraiment de la veine lorsqu’il passe à la caisse avec ses blocs d’actions.  

Ainsi, le 18 février dernier, jour de dévoilement des résultats financiers 2019 d’Air Canada, le grand patron de notre transporteur national a obtenu le paiement au comptant un gros bloc de 69 643 unités d’actions au prix de 46,35 $. Cette transaction lui a rapporté la rondelette somme de 3,2 millions de dollars. (Notons que M. Rovinescu a obtenu ce paiement en vertu d’un programme de rémunération qui s’exécute automatiquement à des dates précises, donc qui ne nécessite aucune intervention de sa part.) 

Remarquez que c’est du « petit change » à comparer au coup d’argent magistral qu’il avait réalisé l’été passé. Le 1er août dernier, soit à trois semaines du vote crucial des actionnaires de Transat sur l’offre d’achat d’Air Canada, M. Rovinescu avait décidé de profiter du prix élevé de l’action d’Air Canada pour liquider un imposant bloc d’actions et ainsi empocher une grosse recette de 52 millions $.     

Par ailleurs, Rovinescu n’est pas le seul dirigeant d’Air Canada à avoir eu de la veine le 18 février dernier. Ils étaient au nombre de 20 dirigeants à passer à la caisse en exerçant au comptant un total de 172 433 unités d’actions, pour une recette globale d’environ 8 millions de dollars.   

Notez que M. Rovinescu et ses quatre collègues de la haute direction ont empoché à eux seuls les deux tiers de cette cagnotte.   

JUSTE AVANT LA DÉBANDADE  

Pourquoi je dis que Rovinescu a de la veine ? Parce que depuis la vente de son bloc d’unités d’actions, le titre d’Air Canada n’a pas cessé de baisser en raison de la propagation du coronavirus et de la correction boursière qui a suivi.   

Le titre d’Air Canada fait partie des compagnies en Bourse qui ont le plus piqué du nez la semaine dernière. Depuis son sommet historique de 52,70 $ de la mi-janvier, Air Canada a même reculé la semaine passée jusqu’à un creux de 32 $, ce qui représente une chute de presque 40 %.   

Lors de la séance d’hier, Air Canada réussissait à se maintenir juste au-dessus de la barre des 34 $.   

Pour vous montrer à quel point le PDG d’Air Canada et ses collègues sont chanceux, il faut savoir que le prix obtenu pour leurs blocs d’unités d’actions à 46,35 $ pièce le 18 février dernier dépasse même le prix le plus haut que le titre ait atteint lors de la séance boursière, lequel « haut » atteignait les 45,75 $.   

MISE EN GARDE  

C’est lors de cette même journée (18 février) que le PDG Rovinescu mettait en garde les actionnaires contre certains facteurs négatifs.   

« Nous entamons 2020 sous le signe de l’incertitude, disait-il, du fait de l’interdiction de vol qui continue de frapper les appareils 737 MAX de Boeing et des contraintes qui s’ensuivent, outre les risques économiques et géopolitiques ainsi que les suspensions de liaisons aériennes découlant de l’éclosion du virus COVID-19. »   

Depuis le 30 janvier, tous les vols directs à destination de Beijing et de Shanghai, au départ de Montréal, Toronto et Vancouver, sont suspendus, et ce, jusqu’au 10 avril prochain.