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Julien, la mauvaise cible

Canucks c. Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Plusieurs joueurs croient que Claude Julien est encore l’un des cinq meilleurs entraîneurs de la LNH.

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Maintenant que le Canadien est hors course, les rumeurs vont bon train et congédient Claude Julien. Dites-moi pourquoi il serait plus à blâmer que Marc Bergevin. Évidemment, ça prend un coupable et l’entraîneur est habituellement la cible la plus facile.

Comme tout le monde, Julien a sa part de responsabilités dans cette troisième saison d’affilée sans participer aux séries éliminatoires, mais même en admettant que ses torts soient pires que d’autres, c’est tout de même Bergevin qui lui a octroyé un contrat de cinq ans à cinq millions par saison.

C’est Bergevin et tous ses acolytes qui lui fournissent les joueurs qu’il a sous la main, dont certains jeunes qui ne sont peut-être pas encore prêts à évoluer dans la Ligue nationale.

On a beaucoup parlé dernièrement du fait que le Canadien perd ses avances de deux ou trois buts et on explique cela par un manque de concentration, par le fait qu’on ne joue que 40 minutes, ou qu’on manque de confiance.

J’ai une autre théorie. Je joue au golf et après quelques trous, je peux parfois tenir tête à un meilleur joueur que moi, mais après 18 trous, la plupart du temps, le meilleur joueur remettra la meilleure carte. Le Canadien est ce qu’il est, soit, au mieux, une équipe de milieu de peloton qui manque de profondeur.

Pour avoir une équipe de premier plan, le premier trio du Canadien devrait être le deuxième trio et on aurait aussi besoin de deux autres défenseurs d’impact ainsi que d’un gardien auxiliaire de qualité.

C’est la réalité du Canadien. Est-ce que Julien mérite d’être congédié parce qu’il lui manque tant d’éléments ? Absolument pas. Ça serait frapper sur la mauvaise cible.

Julien fait partie de la solution

D’après moi, Julien fait davantage partie de la solution que du problème, tout comme Carey Price d’ailleurs. Les deux sont meilleurs que leurs statistiques ne l’indiquent et Price ne connaît pas une mauvaise saison, loin de là.

Beaucoup de joueurs disent qu’il est encore le meilleur gardien de la ligue, mais le Canadien est tout de même à 9 points d’une place en séries éliminatoires.

Plusieurs anciens joueurs de Julien me disent qu’il est encore l’un des cinq meilleurs entraîneurs de la ligue. Est-ce qu’on va le congédier pour une question d’image, parce qu’on ne sait trop quoi dire aux amateurs ?

L’an dernier, on entrevoyait de l’espoir après une saison de 96 points, mais Bergevin n’a pas amélioré l’équipe après une campagne dans laquelle plusieurs joueurs avaient connu leur meilleure saison en carrière.

Je n’achète pas non plus la théorie selon laquelle Julien n’est pas capable de diriger des jeunes. Encore faut-il qu’ils soient prêts. Nick Suzuki a progressé cette saison, alors que Jesperi Kotkaniemi a régressé. Saku Koivu, qui connaissait Kotkaniemi mieux que n’importe qui, avait raison lorsqu’il a dit que Kotkaniemi aurait dû rester en Finlande une ou deux saisons de plus.

Bergevin et son équipe ont mal évalué KK et c’est Julien qui a hérité du problème. Bergevin n’a pas réussi de coup d’éclat l’été dernier ni à la date limite des transactions et les amateurs sont frustrés.

Acheter la paix avec les amateurs en congédiant Julien serait injuste et ça ne m’impressionnerait pas. Bergevin devrait plutôt se concentrer à réaliser un, deux ou trois coups d’éclat au repêchage (qui aura lieu à Montréal) et le premier juillet.

Price et Weber veulent gagner maintenant et ça va prendre un remède de cheval. Je reconnais que Bergevin a réalisé quelques bons coups avec les acquisitions de Shea Weber, Max Domi, Tomas Tatar et Nick Suzuki, mais honnêtement, ça va prendre plus qu’un changement d’entraîneur pour redonner la foi aux amateurs.

Et jusqu’à preuve du contraire, Julien possède une meilleure réputation que Bergevin.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

À la défense de Price

J’ai adoré les commentaires de Claude Julien, jeudi, lorsqu’il s’est porté à la défense de Carey Price après qu’un journaliste lui ait demandé s’il était fatigué. Oui, Price a peut-être laissé un tir voilé passer entre ses jambes, mais en général, il a connu un fort match. Je m’attends à ce qu’il joue dix des 15 derniers matchs. Charlie Lindgren a bien fait, samedi, dans la victoire contre les Hurricanes. Il est très combatif, mais ses arrêts semblent rarement faciles. Je doute qu’il soit la solution pour être l’auxiliaire de Price.

Retrait du chandail de Luongo

Les Panthers de la Floride vont retirer le chandail de Roberto Luongo, samedi, juste avant le match contre le Canadien. C’est amplement mérité pour Roberto, qui est sans aucun doute le joueur le plus populaire de la concession. La plupart du temps, il a transporté les Panthers sur ses épaules, et même s’il fut l’un des plus grands gardiens de l’histoire de la LNH, il n’a participé aux séries qu’une seule fois en 11 saisons en Floride. Avec les Canucks de Vancouver, il a participé six fois aux séries en sept saisons et, pourtant, il était le même gardien qu’en Floride. Il comprend certainement ce que vit Carey Price à Montréal.

Déception en Floride

Ça regarde mal pour les Panthers en ce qui concerne une participation aux séries éliminatoires, et le directeur général Dale Tallon pourrait bien perdre son poste. Le principal coupable est le gardien Sergei Bobrovsky, mais les gens dans le sud de la Floride n’en perdent pas le sommeil. Si les Panthers ne participent pas aux séries, ce n’est pas plus grave que ça. C’est la coutume. Par contre, il y a un buzz lorsqu’ils sont dans le coup.

Bravo à Bobby Ryan !

L’histoire de la semaine dans la LNH, c’est le retour au jeu de Bobby Ryan chez les Sénateurs d’Ottawa. Inscrire un tour du chapeau à son premier match après avoir suivi un programme de désintoxication, c’est extraordinaire et ça pourrait servir d’inspiration à plusieurs gens aux prises avec le même genre de problème.