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La présence du Mal

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L’assassinat de la jeune Océane, 13 ans, a révolté les Québécois. Comment une telle chose est-elle imaginable ? 

Je n’entends pas ici revenir sur les détails assurément morbides d’un assassinat qui viendront au rythme de l’enquête, mais rappeler ce que notre société peine à nommer : l’existence du mal dans le monde. 

Plutôt que de voir le mal, la modernité préfère voir la maladie. 

Violence 

On comprend pourquoi. Les problèmes de santé mentale existent et peuvent pousser à des gestes effrayants. Personne ne le conteste. On aime croire aussi que le malade peut guérir. En d’autres mots, qu’il peut se délivrer de la maladie par une thérapie ou une médication appropriée. 

Nous oublions néanmoins qu’il existe une telle chose, dans l’âme humaine, qu’une part sombre, habitée par des tentations inavouables, odieuses, auxquelles l’homme doit se refuser. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Pour cela, la civilisation a constitué des tabous. Celui du meurtre comme celui de l’inceste sont parmi les plus importants. Elle a tissé un système d’interdits symboliques pour dissuader l’être humain de s’aventurer sur ces territoires hantés par la bête qui ne dort jamais complètement en lui. Ou du moins, pour l’en détourner. 

  • Discussion avec Mathieu Bock-Côté, chroniqueur blogueur au Journal de Montréal et au Journal de Québec à QUB Radio :

Mais certaines âmes sont néanmoins attirées par le mal. Elles désirent ce qui devrait les répugner. Elles jouissent à l’idée de dominer complètement leur prochain, de l’esclavagiser, de le torturer, de l’anéantir. Elles jouissent dans l’humiliation de l’autre. On aurait dit autrefois qu’elles sont possédées. 

Perversion 

Elles veulent pour elles la toute-puissance sur le monde et ceux qui le composent. Ou du moins, elles ne savent pas comment résister à cette tentation.  

Et il arrive qu’elles cèdent à son emprise et commettent le pire. On y verra une forme d’envoûtement « diabolique », si on m’autorise ce mot un peu vieilli, qui peut conduire à massacrer une pauvre enfant. 

Le visage du monde porte depuis mercredi dernier une balafre de plus.