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Le mythique hôtel Habana Libre

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Une visite de La Havane ne serait pas complète sans un saut dans le quartier Vedado, sur la Rampa, au mythique hôtel Habana Libre, anciennement le Habana Hilton, en biais avec le parc Coppelia, réputé pour sa crème glacée.   

Le dictateur Batista avait de grands projets pour la capitale cubaine. Il voulait en faire le Las Vegas des Caraïbes. La construction de cet hôtel, propriété du groupe hôtelier étatsunien Hilton avec la participation de la caisse de retraite de l’Union des travailleurs d’hôtels et de casinos de Cuba, débuta quelques années après le coup d’État de Batista, en 1952. On fit appel à de prestigieux architectes, dont le Cubain Lin Arroyo, un disciple de Le Corbusier et de Oscar Niemeyer et père du modernisme cubain. C’était l’époque des Cadillacs rutilantes, du glamour et des personnalités louches en tuxédo cachées derrière leurs verres fumés. Les Al Capone, Santos Traficante, Meyer Lansky et autres capos de la mafia contrôlaient le monde interlope aussi bien aux États-Unis qu’à Cuba.   

Inauguré devant tout le gratin cubain et étatsunien le 22 mars 1958, ce Hilton de 27 étages et de 570 chambres changera très bientôt de vocation lorsque, quelques mois plus tard, en janvier 1959, après son entrée triomphale dans La Havane, Fidel Castro en fit son quartier général, plus précisément dans la chambre 2324, mieux connue comme la suite La continentale. L’année suivante, en juin 1960, cet hôtel, à l’instar du Capri et du Riviera, fut nationalisé et rebaptisé Habana Libre.   

C’est au Habana Libre que devait se produire la première tentative d’assassinat du leader cubain. LA CIA avait recruté une jeune femme de vingt ans, Marita Lorenz, pour qu’elle devienne l’amante de Fidel. Elle devait l’empoisonner alors qu’elle se trouverait en sa compagnie dans une suite de l’hôtel. Au dernier moment, elle se ravisa et refusa de le faire. La CIA n’abandonna pas pour autant et quelque temps plus tard, elle fit parvenir une capsule de cyanure à un cuisinier de l’hôtel qui devait la mélanger au « smoothie » que Fidel avait l’habitude de boire. Mais le complot échoua de nouveau.   

Depuis 1996, cet hôtel quatre étoiles est géré par la chaîne espagnole Melia. Sur la façade extérieure, on peut encore admirer la magnifique et gigantesque murale de la peintre cubaine Amelia Pelaez, tandis qu’à l’étage de la mezzanine, on peut voir des œuvres de peintres cubains comme René Portocarrero et Alfredo Sosa Bravo, ainsi que des photos d’époque. L’hôtel est aussi mis à contribution lorsque se produisent des événements d’envergure internationale comme la visite du pape Jean-Paul II en 1998 ou celle de l’ex-président Barack Obama, en 2016.   

L’hôtel possède une belle piscine extérieure accessible aux gens qui ne sont pas hébergés dans l’hôtel, moyennant le paiement d’une vingtaine de dollars (CUC) qui vous donne également droit à presque l’équivalent en consommations et en nourriture à consommer sur place. C’est l’endroit idéal pour passer un agréable après-midi par temps de canicule. Au dernier étage se trouve la fameuse discothèque Turquino, où, grâce à son toit rétractable, on peut danser une bonne partie de la nuit sous les étoiles des tropiques. À l’intérieur, on trouve une galerie commerciale ainsi qu’une boutique des prestigieux cigares cubains.