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Pas question d’interdire les vols venant de l’Iran

Plus de la moitié des cas de coronavirus proviennent de ce pays

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L’Agence de la santé publique du Canada refuse d’empêcher les voyageurs en provenance de l’Iran d’atterrir ici, même si plus de la moitié des cas de coronavirus répertoriés viennent de ce pays.  

« Ce n’est pas un moyen efficace maintenant de fermer nos frontières avec les vols », a indiqué hier le sous-administrateur en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, Howard Njoo.     

Hier, l’Agence suédoise de santé publique a pourtant exigé l’interdiction des vols en provenance de l’Iran. Au Liban, on est allé jusqu’à interdire l’entrée de voyageurs de Chine, d’Italie, d’Iran et de Corée du Sud. Des restrictions similaires ont été déployées en Allemagne.     

« Je peux comprendre qu’en Allemagne ils aient décidé d’interdire ces vols parce qu’ils ont plus d’allées et venues qu’au Canada », s’explique Amir Khadir, médecin spécialisé en microbiologie-infectiologie.     

Selon lui, les autorités canadiennes gèrent bien la situation.      

« Il faut qu’il y ait un triage, un registre et un suivi », insiste-t-il.     

Il rappelle que le seul cas confirmé au Québec prouve que le système est bien huilé.      

« Dès qu’elle a eu des symptômes, elle a appelé Info-Santé. Elle a été responsable ».     

  

Des inconnus  

« On ne sait même pas en ce moment s’il y a des gens qui sont des porteurs sains, c’est-à-dire qui ont le virus sans avoir les symptômes », a prévenu Hélène Carabin, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épidémiologie.     

Au Canada, même si plus de la moitié des cas sont liés à un voyage en Iran, soit 14 sur 27, l’Agence de la santé publique du Canada préfère miser sur un isolement volontaire de 14 jours pour les voyageurs en provenance de ce pays plutôt que de leur interdire l’accès au territoire.      

Chaque semaine, plus de 800 personnes d’Iran atterrissent au pays.     

Pour John Gradek, chargé de cours en gestion intégrée de l’aviation à l’Université McGill et ancien haut dirigeant d’Air Canada, nos gouvernements devraient bouger plus vite en suspendant les vols des pays touchés par le coronavirus.     

« C’est un bon moment pour les gouvernements d’agir et de suspendre les services d’aviation pour ne pas laisser la décision seulement entre les mains des compagnies aériennes », a-t-il conclu.     


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