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DPJ: Cinq mois avant d’évaluer quatre enfants gravement négligés à Granby

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Les droits de quatre enfants victimes de graves négligences, vivant dans des excréments, à Granby, ont été «lésés», a statué la Chambre de la jeunesse parce que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a pris cinq mois avant d’évaluer leur cas.  

Pourtant, ces quatre enfants vivaient dans des conditions déplorables: déjections de chiens se trouvant partout dans le logement, nourriture moisie laissée dans des assiettes, matelas sales et aucun drap pour dormir, manque de nourriture et presque aucun suivi médical même si les quatre présentent des troubles ou des retards de développement.    

«Le Tribunal est rarement confronté à une situation de négligence aussi importante et à tous les niveaux», peut-on lire dans la décision de la juge Pascale Berardino de la Chambre de la jeunesse à la suite d’une audience survenue le 12 novembre dernier.   

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Me Robert Poitras, l'avocat qui représente les quatre enfants, sur QUB radio :  

 

Elle a noté que ces quatre jeunes «peuvent même sentir l’urine ou les excréments. Les professeurs doivent parfois les laver aux lingettes humides tant ils sont sales».    

Ils étaient aussi exposés à de nombreux conflits entre leur mère et son conjoint, qui n’est pas leur père. Ces querelles ont forcé la police à intervenir «à plusieurs reprises».    

Ces enfants ont donc été placés en famille d’accueil, même si la mère s’était engagée à redresser la situation.    

«C’est malheureusement trop peu trop tard», a mentionné la juge.    

DPJ montrée du doigt   

La juge Berardino a écorché la DPJ qui a trop tardé avant d’agir dans ce dossier de ces quatre jeunes. La DPJ aurait dû «prioriser leur situation», a-t-elle écrit en notant qu’il s’agissait du cinquième signalement concernant cette famille depuis juin 2013.    

Dans ce cas-ci, le signalement a été fait le 4 février 2019, mais leur cas est resté en liste d’attente durant cinq mois avant d’être assigné à une intervenante. L’évaluation n’a été terminée que le 13 août dernier.     

  • L'animatrice et chroniqueuse Sophie Durocher a réagi à ce dossier lors de l'émission On n'est pas obligé d'être d'accord sur QUB radio :  

La juge Berardino a fait part de son «étonnement» quant à la première recommandation de la DPJ de laisser les enfants avec leur mère, malgré toutes les négligences qu’ils subissaient. La DPJ a seulement changé son fusil d’épaule le 1er novembre dernier à la suite d’une visite du logement par un inspecteur du service d'incendie de la municipalité. Ce dernier avait constaté l’insalubrité du logement, l’odeur d’urine et d’excréments, ainsi que le danger d’incendie que représentaient des branchements électriques avec un logement voisin pour fournir l’électricité qui avait été interrompue faute de paiement à Hydro-Québec. C’est après la visite de l’inspecteur du service d’incendie que la DPJ a fait une demande de placement des enfants dans une famille d’accueil.    

Par conséquent, «les droits à la protection, à recevoir des soins et des services de santé et des services sociaux garantis par la loi n’ont pas été respectés», a déclaré la juge.