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Justin Trudeau avait raison

Justin Trudeau avait raison
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

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Les qualités de leader de Justin Trudeau ne sont pas toujours évidentes. C’est le moins que l’on puisse dire. Or, dans la crise des blocages ferroviaires, il a eu raison depuis le début. Là-dessus, je persiste et signe.  

En effet, il a eu raison de favoriser un «dialogue pacifique» avec les chefs héréditaires de la nation wet’suwet’en opposés au projet de gazoduc Coastal Gaslink en Colombie-Britannique. Idem face aux sympathisants de ces chefs qui, ailleurs au Canada, ont aussi érigé des barricades en signe de «solidarité».    

À long terme, il va sans dire que personne ne sait vraiment vers quoi cette dernière crise autochtone mènera ou non la politique canadienne dite de réconciliation avec les Premières Nations.    

À court et moyen termes, il n’en reste pas moins que le «pari de la patience» de Justin Trudeau a porté ses fruits sans la moindre violence.    

Le premier fruit: une entente de principe, encore confidentielle, négociée entre les chefs héréditaires wet’suwet’en et le gouvernement Trudeau.     

Le second: la plupart des barricades ont été levées sans usage de la force.    

Il en restait deux, au Québec. Une à Lustuguj, en Gaspésie, montée par des membres de la communauté micmaque. Une à Kahnawake, montée par des membres de la communauté mohawk.    

Les Mohawks, en solidarité avec les Wet’suwet’en dissidents, ont levé leur barricade cet après-midi tout en appelant eux-mêmes à une «solution pacifique».     

Comme quoi, le refus de la force prôné par Justin Trudeau fait école. Cinquante ans après la crise d’octobre et trente ans après la crise d’Oka, ce n’est tout de même pas un détail.     

Encore hier, il répétait d’ailleurs une phrase lourde de sens. Celle-là même qu’il avait déjà bien pesée et dite la semaine dernière: «Il n’est pas question pour moi d’envoyer l’armée contre des citoyens canadiens.» Difficile d’être plus clair.    

Cette fois-ci, il le faisait en réaction à la suggestion étonnamment irresponsable du président de l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ). Lequel demandait au premier ministre François Legault de faire appel à l’armée canadienne en renfort des forces policières québécoises si jamais il fallait intervenir par la force pour démanteler la barricade de Kahnawake.    

Heureusement que son appel a été ignoré.    

Quant au refus de Justin Trudeau d’envoyer l’armée contre des civils canadiens, on ne saurait non plus en sous-estimer la portée politique profonde, à court et long termes.     

Une telle déclaration marque en fait un tournant spectaculairement positif.     

La semaine dernière, dans mon billet intitulé «De Pierre Elliott à Justin», j’expliquais justement pourquoi.