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S’assurer d’outiller le réseau face au phénomène

Michel Janosz
Photo courtoisie Michel Janosz, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal

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Des experts du milieu de l’éducation se questionnent sur le volume d’élèves en difficulté actuellement réparti dans des classes régulières, craignant qu’un manque de services finisse par pénaliser tout le monde, élèves comme enseignants.

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« Je suis pour la mixité, mais elle doit être partout et à égale dose, ce qui n’est pas le cas actuellement selon les données. Il ne faut pas les concentrer dans les classes régulières au public seulement, parce que, sinon, on n’aura d’autres choix que de mettre des psychoéducateurs comme enseignants dans ces classes-là. Ce n’est pas l’objectif », croit Claude Lessard, président du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec.

Mieux équiper le réseau

Si Québec veut garder le cap avec la méthode actuelle, il devra s’assurer de donner au personnel les outils pour réussir.

Les classes citées dans les données publiées par Le Journal devraient être menées par des enseignants d’expérience, appuyés par des professionnels en nombre suffisant, conseille Michel Janosz.

« Si les ingrédients y sont, on peut y arriver », assure le directeur du Département de psychoéducation de l’Université de Montréal et directeur du Groupe de recherche sur les environnements scolaires.

« Avec un prof d’expérience et beaucoup de soutien, on peut penser que tous les élèves auront les services dont ils ont besoin. »

Toutefois, dans le contexte actuel, un manque d’encadrement expose les écoles à un fort roulement de personnel si l’accompagnement n’est pas adéquat. « Les enseignants qui n’ont pas la capacité d’aider chacun de leurs élèves à réussir, ça devient difficile au niveau de l’accomplissement professionnel », fait remarquer Monique Brodeur, professeure au Département d’éducation de l’UQAM, ajoutant que les élèves aussi en paieront le prix.

Les profs décrochent

Selon certaines recherches, les enseignants qui se retrouvent avec plus de 25 % d’élèves en difficulté sont plus à risque de quitter à la fin de l’année, souligne M. Janosz. « C’est pour ça que l’important, c’est à quels enseignants on donne ces classes-là. »