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«Arrête d’écouter Scotty pis joue ta game»

Henri Richard a été un mentor hors pair pour Guy Lafleur à ses débuts

Henri Richard
Photo d'archives À ses débuts avec le Canadien, Guy Lafleur se nourrissait des conseils prodigués par son capitaine Henri Richard.

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« Arrête d’écouter Scotty Bowman pis les autres. Embarque sur la patinoire pis joue ta game. Joue comme t’aimes jouer, vas où tu veux sur la glace et fais à ta tête. C’est toi Lafleur, c’est personne d’autre. »

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Ça, c’est Henri Richard, le capitaine du Canadien qui parle au jeune Guy Lafleur, un peu perdu à ses premiers pas avec le gros club. 

Si Bowman a pris une première bonne décision avec Guy Lafleur, c’est de le désigner co-chambreur du capitaine.  

Guy ne se souvient pas d’avoir eu un coéquipier aussi assoiffé de victoires. Henri détestait perdre et cultivait simultanément une haine singulière de tous ses adversaires. Un instinct de virulent et véhément guerrier.

« Oui, Henri m’a beaucoup aidé à mes débuts. Il m’a donné confiance et je n’ai jamais oublié ça.   Comme tout le monde, je savais qu’il était malade et atteint d’Alzeimer depuis un certain temps, et je pensais et je penserai longtemps à lui comme un mentor. »

« TU NE VERRAS PLUS JAMAIS ÇA »

Guy Lafleur a toujours été reconnu pour son franc-parler, sa franchise. Flower rend un hommage semblable à Henri : « S’il avait quelque chose à dire à quelqu’un, il ne passait pas par quatre chemins. C’était clair, direct, net et précis. » 

Le dernier des dinosaures, dit Lafleur, soulignant aussi l’importance de la présence d’Henri Richard dans l’entourage du Canadien même après sa retraite. 

« Certains le trouvaient parfois grincheux, mais il fallait le découvrir et le connaître. Il était aussi un pince-sans-rire redoutable. 

C’est une chance de l’avoir eu comme coéquipier. Tu t’imagines-tu ? Onze coupes Stanley ! Tu ne reverras plus jamais ça, de commenter Lafleur avec admiration à l’endroit du légendaire numéro 16 du CH.

Un bleuet bien triste

Imaginez-vous entrer dans le vestiaire du Canadien au Forum. Vous avez 18 ans et autour de vous, il y a des Lafleur, Mahovlich, Lapointe, Savard, Robinson et une tête plus blanche que les autres, un homme qui en est à ses derniers coups de lame, mais qui a bu 11 fois dans le trophée rêvé.

Mario Tremblay n’a pas été intimidé souvent dans sa vie, mais, cette fois-là, dans le vestiaire, il était hypnotisé par cet homme pas si grand, pas si gros et qui avait 38 ans, le même âge que sa mère, Maude. C’est à peine s’il pouvait concevoir que cette célébrité était en « combine » à côté de lui.

« Mon nom c’est Henri »

Mario raconte toujours avec plaisir un des premiers échanges avec son capitaine qui, lors de sa première campagne, Henri, lui, n’a disputé que 16 matches, ses derniers en saison régulière.  

Le Bleuet se tourne vers son capitaine et lui dit : « Monsieur Richard, me passeriez vous le tape, s’il vous plaît ? »  La réponse a été sèche et vive : « J’m’appelle pas Monsieur Richard, le kid. Mon nom c’est Henri. »  La liaison, la soudure entre ces deux caractères a été instantanée et ils sont devenus comme des frères.  

Surtout que Lise, Madame Richard, avait pris sous son aile, la belle Colette, la Gaspésienne de son Mario chéri. « Ça, c’était de la famille, » m’a lancé Mario, très ému, et qui, pendant plusieurs années, était membre au club de golf Islmere de Laval avec Henri. Heureusement que les terrasses ne peuvent pas tout raconter.