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Le «Pocket Rocket» n’est plus

Henri Richard rend l’âme après une longue maladie à l’âge de 84 ans

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À chacune de ses présences sur la patinoire, Henri Richard donnait tout ce qu’il avait dans les tripes pour aider le Canadien à vaincre ses adversaires. Ce fut la même chose durant la bataille qu’il menait depuis 2015 contre la maladie d’Alzheimer qui l’a finalement emporté, dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’âge de 84 ans.   

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Le Journal de Montréal a publié la nouvelle en exclusivité vendredi matin. C’est une autre légende du Tricolore qui s’est éteinte. À l’instar de Jean Béliveau et de son frère Maurice, Henri Richard a marqué la LNH à sa façon.  

Quatre grands capitaines de la glorieuse histoire du Canadien, Yvan Cournoyer, Jean Béliveau, Henri Richard et Emile « Butch » Bouchard.
Photo d'archives
Quatre grands capitaines de la glorieuse histoire du Canadien, Yvan Cournoyer, Jean Béliveau, Henri Richard et Emile « Butch » Bouchard.

Celui qu’on surnommait « Pocket Rocket », en raison de sa différence en âge et en taille avec Maurice, est le seul joueur à avoir remporté 11 coupes Stanley. Il s’agit d’un record de la LNH qui ne sera possiblement jamais battu.  

« Ils ont beau dire qu’il a joué avec de bons joueurs et de bonnes équipes. Il n’y a qu’un seul joueur qui a gagné 11 coupes Stanley dans l’histoire de la LNH. Ce record ne sera pas battu, a mentionné Guy Lafleur.  

« Henri a toujours joué dans l’ombre de Maurice. Pour lui, c’était une double pression de jouer pour le Canadien. Mais c’est un gars qui détestait perdre, il haïssait l’adversaire. C’est pour ça qu’Henri a eu autant de succès. »   

Richard a terminé sa carrière avec 358 buts et 688 mentions d’assistance pour un total de 1046 points en 1259 parties toutes passées dans l’uniforme du Canadien. D’ailleurs, il détient toujours la marque du plus grand nombre de matchs joués avec le Tricolore.    

Il a également été capitaine de 1971 à 1975, année où il a décidé de prendre sa retraite du hockey.   

Courtoisie

Du caractère  

Durant sa carrière, Richard a fait vivre plusieurs grands moments aux amateurs du Canadien. L’un de ceux-là s’est produit lors de la finale de la Coupe Stanley en 1971.   

À ce moment, le numéro 16 avait déjà neuf bagues de champion à ses doigts. La série contre les Blackhawks de Chicago ne se déroulait pas comme prévu pour Richard.   

Son entraîneur de l’époque Al MacNeil l’utilisait de façon sporadique. Ça ne plaisait pas du tout à l’attaquant québécois. Pendant le cinquième match contre leurs grands rivaux, MacNeil avait décidé de clouer son vétéran sur le banc. Richard n’avait pas hésité à faire savoir son mécontentement à son entraîneur.  

Le Canadien avait perdu cette rencontre avant de provoquer un match ultime avec une victoire lors de la sixième partie. Puis, lors du septième affrontement, Richard a décidé de laisser son empreinte sur sa 10e conquête en carrière.   

Photo d’archives

Après le but de Jacques Lemaire, le droitier a créé une égalité de 2 à 2. Puis, en troisième période, Richard a inscrit son deuxième du match. Ce fut le but vainqueur. C’est une anecdote qui illustre bien le caractère et la ténacité qui animaient la légende lorsqu’il était sur la patinoire.    

Un effort constant  

Comme toutes les légendes sportives, Richard avait cette prestance qui le différenciait des autres hockeyeurs. Il détestait la défaite et il entretenait une haine peu commune envers ses adversaires. Un vrai guerrier.   

Il n’hésitait pas à donner des conseils judicieux aux jeunes joueurs de l’équipe. Il n’était pas un adepte des grands discours dans le vestiaire. Richard préférait montrer l’exemple sur la patinoire.   

« S’il avait quelque chose à dire à quelqu’un, il ne passait pas par quatre chemins. C’était clair, direct, net et précis, a mentionné Lafleur. Certains le trouvaient parfois grincheux, mais il fallait le découvrir et le connaître. Il était aussi un pince-sans-rire redoutable. »  

Jean-Guy Talbot et Richard ont été coéquipiers pendant 12 saisons avec le Canadien. Leur relation a rapidement dépassé le sport.  

« On était de grands, grands amis, mais c’est rare qu’on revenait sur le hockey. [...] Quand on a eu fini de jouer au hockey, on était toujours ensemble, a-t-il indiqué. Quand le club ne jouait pas trop bien, on était marabouts pas mal. On a eu beaucoup plaisir. »     

Le Journal de Montreal

Petit, mais fougueux  

Né le 29 février 1936 à Montréal, Henri est issu d’une famille de huit enfants. Au cours de son adolescence, il avait pour objectif d’évoluer avec le Canadien avec son frère Maurice.   

Il a donné ses premiers coups de patin à l’âge de 15 ans avec le National de Montréal dans la Ligue de hockey junior du Québec qui deviendra par la suite la LHJMQ. Après deux saisons, il a fait le saut chez le Canadien junior de Montréal. Il a remporté deux championnats des marqueurs en trois campagnes.   

Malgré ses exploits, son entraîneur Elmer Lach croyait qu’il n’avait pas le physique (5 pieds 7 pouces et 160 lb) pour avoir du succès dans la LNH. Dans les années 1950, les équipes optaient pour le jeu robuste pour remporter des matchs. C’était mal connaître celui qui allait devenir le « Pocket Rocket » quelques années plus tard.   

Il a fait ses débuts dans la LNH à l’âge de 19 ans. Malgré les rumeurs qui mentionnaient qu’il avait obtenu son invitation au camp d’entraînement en raison de la présence de son frère Maurice, il a démontré qu’il possédait les habiletés requises pour jouer avec les meilleurs. À sa première campagne, il avait pivoté un trio, flanqué de Bernard Geoffrion et Dickie Moore.   

Pour faire sa place dans le circuit, il n’avait pas hésité à lâcher les gants à plusieurs reprises. Il avait démontré du courage en engageant souvent des combats avec des adversaires plus imposants que lui. Il était tout aussi combatif le long des rampes. C’est devenu sa marque de commerce qui l’a suivi durant toute sa carrière.  

Des réactions de partout  

Le décès de Richard a provoqué des réactions dans toutes les sphères durant la journée d’hier.  

« J’offre mes sympathies à la famille et aux proches de notre capitaine, notre légende, M. Henri Richard. Je garde des souvenirs merveilleux du #16 qui a gagné 11 Coupes Stanley ! » a mentionné le premier ministre du Québec, François Legault, sur son compte Twitter.   

Le commissaire de la LNH a également souligné les exploits de Richard dans son circuit.   

« Henri Richard était l’un des géants du sport, a mentionné Gary Bettman par voie de communiqué. L’entièreté de la famille de la LNH fait le deuil de cet incomparable gagnant, leader, gentilhomme et ambassadeur de notre sport et du Canadien de Montréal. »  

L’actuel attaquant du Canadien Tomas Tatar a voulu lui aussi rendre hommage à Richard lors d’une publication sur Instagram.   

« Ce fut un honneur pour moi de porter le chandail du no 16 Henri Richard lors de l’échauffement plus tôt cette saison, a-t-il écrit. Henri est encore à ce jour celui à avoir disputé le plus de matchs au sein de l’équipe et le seul joueur de la LNH à avoir gagné 11 coupes Stanley. Il était un vrai champion qui jouait avec passion et intensité. »  

Pas de chapelle ardente  

Jean Béliveau et Maurice Richard ont eu droit à des chapelles ardentes de plusieurs jours après leurs décès. Ce ne sera pas le cas pour Henri Richard.   

Le Canadien l’a offert à la famille de sa légende, mais celle-ci a préféré vivre son deuil dans l’intimité. Les funérailles seront donc réservées à la famille, aux amis et aux proches.   

Richard laisse dans le deuil son épouse Lise, ses enfants Michèle, Gilles, Denis, Marie-France et Nathalie, 10 petits-enfants et 4 arrière-petits-enfants de même que des milliers de partisans.   

Henri Richard emporte avec lui un chapitre important de l’histoire du Canadien avec ses 11 bagues de la Coupe Stanley. Il représentait bien l’expression « nos bras meurtris vous tendent le flambeau ». Il aura laissé une empreinte indélébile sur l’organisation montréalaise.