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Le premier opérateur mobile au monde débarque au Québec

La Caisse a investi un milliard $ dans China Mobile, qui utilise l’infrastructure de Telus

Saisie d'écran du site web de China Mobile.
Capture d’écran, site web de China Mobile Le site web de China Mobile comporte une version en langue française destinée à ses nouveaux clients québécois.

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Le premier opérateur mobile au monde, China Mobile, a commencé à tisser sa toile au Québec ces dernières semaines avec ses forfaits à bas prix, a appris Le Journal. 

« On a lancé notre service mobile en septembre dernier, principalement destiné à la communauté chinoise », a confirmé au Journal James W.G. McCarthy, gestionnaire en développement des affaires de China Mobile International (CMI), qui compte près d’un milliard d’abonnés mobiles. 

Fondée en 1997 à Hong Kong, China Mobile a son bureau d’une vingtaine d’employés à Markham, en Ontario. La firme est au pays depuis 2015, mais ce n’est que depuis l’automne qu’elle offre ses forfaits surtout destinés aux touristes et étudiants chinois. 

Comme de nombreuses sociétés chinoises, China Mobile intéresse la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détenait un investissement de 1,05 milliard $ au 31 décembre 2018, a constaté Le Journal

Même si le géant asiatique offre la téléphonie mobile ici, elle ne prétend pas rivaliser avec les géants canadiens comme Telus, Rogers, Bell ou Vidéotron.  

« Au Canada, on veut d’abord se concentrer sur l’infonuagique des entreprises et les réseaux mondiaux », a précisé M. McCarthy, ajoutant que l’industrie québécoise des jeux vidéo et des effets visuels est un marché intéressant pour China Mobile. 

Pas d’espionnage 

Alors que les Américains bannissent le géant chinois Huawei qu’ils soupçonnent d’espionnage, China Mobile se défend bien de scruter la vie privée de ses abonnés. 

« China Mobile International (CMI) n’est pas intéressé à “espionner” les gens. Nous sommes un fournisseur mondial de services de réseau, avec un point de présence dans des pays du monde entier, et pouvons compter certaines des plus grandes entreprises comme clients », a indiqué James W.G. McCarthy. 

Chez Telus, qui entretient une relation d’affaires avec China Mobile depuis une dizaine d’années, et qui amorcera bientôt la mise en place de son réseau 5G avec l’autre chinoise, Huawei, on dit aussi prendre la sécurité des clients au sérieux.  

« Nous sommes extrêmement diligents pour protéger la sécurité et la confidentialité de nos clients et ce cas n’en fait pas exception – il n’y a aucun risque de sécurité à notre réseau, à nos clients ou aux clients de China Mobile », a assuré son porte-parole François Gaboury.  

Quand on demande au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) si China Mobile pose des questions de sécurité, il répond que non. 

China Mobile est enregistrée comme service de télécommunication internationale de base, fournisseur de lignes d’abonné numérique, revendeurs de services de télécommunications, revendeur de services internet grande vitesse, souligne le CRTC. 

« Ils ont le droit d’offrir ces services. La seule chose qu’ils ne pourraient pas faire, c’est de prendre une licence pour avoir du spectre et offrir un service cellulaire avec leurs propres antennes et leurs lignes », a expliqué Pierre Larouche, professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal. 

Au Canada, le seuil de 46,7 % de participation étrangère est limité aux opérateurs qui détiennent des installations. « Tant qu’ils utilisent l’infrastructure de d’autres, comme Telus, il n’y a pas de problème », a conclu l’expert en télécommunications. 

Fin février, China Mobile a annoncé un partenariat pour l’hébergement de ses données avec l’entreprise canadienne eStruxture, dont la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) est le deuxième actionnaire. 


China Mobile, dont le siège social est à Hong Kong, a enregistré des ventes de 142 G$ US en 2018. Elle compte plus de 459 000 salariés. Jie Yaang est son PDG.