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Avez-vous les moyens de vivre dans une résidence pour aînés?

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L’idée de vivre dans une résidence pour aînés vous attire, mais vous ne savez pas si vous aurez les moyens de mener votre projet à bien. Voici les étapes à suivre pour vous assurer de prendre la bonne décision.

L’âge aidant, les obligations liées à l’entretien d’une propriété en font réfléchir plusieurs. Déneigement, travaux de rénovation, tonte de la pelouse... sont autant de corvées dont on se passerait bien ! Habiter dans une résidence présente plusieurs avantages et vous décharge de ces responsabilités. À cela s’ajoute l’agrément de vivre dans un milieu de vie sécuritaire et de pouvoir bénéficier de plusieurs services (repas, soins de santé, etc.).

Mais ce confort a un prix, et certains craignent de manquer de moyens. C’est le cas de Suzie, 74 ans, et Jean-Louis, 76 ans. Le planificateur financier et conseiller en gestion de patrimoine, Fabien Major, fait le point.

Étapes à suivre

Avant de prendre une décision, il faut passer plusieurs éléments en revue. « Tout d’abord, effectuez l’inventaire de vos actifs. Mettez à part vos actifs liquides et ceux dont vous pouvez vous départir », recommande Fabien Major.

Étape suivante : quantifiez vos revenus actuels et déterminez ceux qui sont indexés à l’inflation (rentes de retraite, par exemple), qui eux, vont croître progressivement en fonction de l’augmentation de l’inflation.

Ensuite, essayez d’établir une estimation des revenus potentiels que vous pourriez tirer de la vente de vos biens, par exemple de votre résidence principale ou d’un chalet. Déposez ces sommes dans des placements, tout en prenant soin de respecter votre profil d’investisseur. La tolérance au risque varie en fonction des étapes de la vie, tenez-en compte !

« Par la suite, vous devrez calculer votre coût de la vie actuel et évaluer ce qu’il vous en coûterait dans une résidence », poursuit Fabien Major. Demandez des soumissions auprès de plusieurs établissements et établissez différents scénarios, notamment en intégrant des frais supplémentaires en soins de santé ou liés à une éventuelle perte d’autonomie.

À ce stade de vos démarches, choisissez la zone géographique où vous souhaiteriez vous installer : voulez-vous demeurer en ville ou au contraire vous en éloigner ? L’offre de résidences est vaste, vous aurez l’embarras du choix. Mais en tout état de cause, pensez à opter pour des endroits où l’on retrouve des services de proximité – hôpitaux, commerces, transport en commun, loisirs, etc. –, à tout le moins où résident des membres de votre famille ou des proches.

Enfin, déterminez les résidences qui correspondent à vos critères et visitez-les. Choisissez le logement qui correspond à votre budget, en n’oubliant pas de valider vos scénarios avec un professionnel, comme un planificateur financier.

Le cas de Suzie et Jean-Louis

Notre couple a réalisé l’exercice et fait le bilan de ses actifs. Reste à savoir s’il pourra effectivement changer de milieu de vie. Leur maison a une valeur de 370 000 $ et ils ont fini de payer leur hypothèque. (Voir le tableau de leur situation financière)

Actuellement, le coût de la vie de Suzie et Jean-Louis est de 60 986 $ par année, auxquels s’ajoutent 5000 $ de frais pour une assurance-décès conjoint, ainsi que des épargnes de 20 000 $ pour pallier les imprévus et faire des cadeaux à leurs quatre enfants.

« Le coût de la vie dans la résidence de leur choix, tout compris, incluant les repas et sorties, s’élève à 71 000 $, précise Fabien Major. Puisqu’ils veulent conserver leur assurance, continuer à épargner et gâter leurs enfants, la meilleure solution est de vendre leur maison. Le fruit de la vente ne sera pas imposable, et ils pourront le placer dans un portefeuille équilibré qui produira en moyenne un rendement de 4 % par an, ce qui leur donnera 14 800 $ supplémentaires. » De plus, s’ils optent pour un portefeuille de série T, cela engendrera surtout du retour de capital non imposable et un peu de dividendes déterminés.

Résultat : en vendant leur propriété et en plaçant ce montant à bon escient, ils bénéficieront des revenus nécessaires pour réaliser leur projet. En prime, le capital de la maison pourra être légué à leurs héritiers au décès du deuxième conjoint. Un plan de match qui leur assurera la paix de l’esprit.