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Quand l’aventure nous guide...

ÉVA 0307 Passeport de star
Photo courtoisie Jean-François Pronovost, en plein cœur du Yosemite National Park.

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Jean-François Pronovost, qui interprète le personnage de Passe-Montagne dans la populaire émission Passe-Partout, quittait le Québec sur un coup de tête il y a cinq ans, pour un pèlerinage sur le chemin de Compostelle. « À l’époque, je vivais des moments plutôt intenses, surtout que l’un de mes amis venait tout juste de décéder. J’ai ressenti le besoin viscéral de me reconnecter avec moi-même », dit le comédien de 31 ans qui a trouvé l’expérience particulièrement enrichissante. Il revient avec nous sur ce périple marquant, mais également sur les nombreux coups de cœur ressentis à l’étranger, notamment lors de voyages d’escalade, lui qui se passionne pour cette discipline.

Il y a cinq ans, vous avez décidé de faire le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle... Pourquoi donc ?

J’avais besoin de me reconnecter avec moi-même. Mais je ne savais pas où aller. Tout ce que j’avais envie de faire était de marcher... Un jour, en rentrant à La Cordée, j’ai aperçu un livre sur le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle via le Camino Frances, le chemin principal pour s’y rendre. Je l’ai acheté et une semaine plus tard, j’étais dans l’avion. J’ai fait les deux tiers du trajet et j’ai terminé le reste en voiture avec une amie qui est venue me rejoindre, car je ne disposais que d’un seul mois pour le réaliser.

La Grotta Della Poesia, à Pouilles (Puglia), en Italie.
Photo courtoisie
La Grotta Della Poesia, à Pouilles (Puglia), en Italie.

Et comment avez-vous vécu l’expérience ?

D’abord, le parcours, qui débute à Saint-Jean-Pied-de-Port en France (Bayonne) et qui se poursuit en Espagne (en débutant par la ville de Larasuana), ne demande pas beaucoup de préparation physique. Ce que j’ai surtout aimé, ce sont les rencontres que j’ai faites au cours du trajet. Il s’agit pour la plupart de personnes comme moi, qui ressentent le besoin de se recentrer après des deuils, des peines d’amour ou des pertes d’emploi. L’expérience est très libératrice. On se lève en même temps que le soleil pour terminer notre marche vers midi, car il fait trop chaud ensuite pour poursuivre ! Les gens marchent normalement de 10 à 30 km par jour, pour un total d’environ 800 km. 

Et à quoi ressemblait votre quotidien durant le parcours ?

Je dormais dans des dortoirs de gîtes d’étape qui accueillent les pèlerins. Parfois, il fallait participer aux charges ménagères, faire la cuisine en groupe et même chanter avec tout le monde. Une expérience que j’ai trouvée positive et qui m’a permis encore une fois de faire la rencontre de gens provenant de partout dans le monde !

La plage de Tulum, au Mexique.
Photo courtoisie
La plage de Tulum, au Mexique.

Comment pourriez-vous nous décrire ce panorama ?

Des champs de lavande aux odeurs incroyables et de magnifiques champs de tournesols, si beaux à voir ! Nous avons aussi traversé beaucoup de champs agricoles. C’est une expérience que je recommande à tous ! Il y a des gens de tous âges, chacun y va à son rythme, et ça fait vraiment du bien à l’âme !

Vous êtes un passionné d’escalade, quels endroits avez-vous préférés pour pratiquer cette discipline ?

La région de la baie de San Francisco, en Californie, est idéale pour les débutants en premier de cordée. C’est rempli de petits parcs nationaux aux formations rocheuses formidables pour la grimpe, grâce à la roche de type grès qui offre de grosses prises en « poche » bien adhérente. J’ai aimé le site de Castle Rock, tout près de San Francisco, où nous avons dormi dans des grottes et fait de la grimpe de nuit à la lampe frontale dans un site de blocs magnifiques. D’ailleurs, pour les amateurs de blocs, encore plus près de San Francisco se trouve l’endroit parfait : Mickey’s Beach. De gros blocs s’y trouvent directement au bord de l’eau, sur le sable. C’est aussi une plage nudiste, mais on est en Californie tout de même, il faut en profiter !

Petit moment de répit durant le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.
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Petit moment de répit durant le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Avez-vous d’autres coups de cœur ?

L’autre incontournable, considéré comme la Mecque de l’escalade aux États-Unis, c’est le Yosemite National Park. Le plus beau parc national de la côte ouest américaine, où les meilleurs grimpeurs du monde ont fait leur marque, notamment Alex Honnold. Je recommande en particulier la Four Miles Trail, qui mène à Glacier Point, un point de vue imprenable sur El Capitan et Half Dome, les deux sommets les plus prisés des grimpeurs aguerris.

D’autre part, vous aimez beaucoup l’Allemagne ?

En particulier pour Munich, une ville qui bouge, mais qui a aussi une riche histoire. D’ailleurs, pas très loin de Munich se trouve Dachau, le premier camp de concentration nazi créé en 1933. Il avait été mis en place au départ pour amener les opposants politiques allemands hostiles aux nazis. Bien qu’il soit très difficile d’être confronté à toute cette horreur, la visite du camp intéressera tous les mordus d’histoire comme moi.

Plus précisément, comment avez-vous vécu la visite de ce camp ?

Quand j’ai vu les fours crématoires et les chambres à gaz (qui n’auraient pas servi à l’époque, car les nazis ont plutôt utilisé ici la pendaison à la chaîne), des frissons m’ont parcouru le corps. J’ai eu toutes sortes de pensées, et je me suis dit que j’étais chanceux d’avoir la vie que j’ai, alors qu’il n’y a pas si longtemps, des millions de juifs, d’opposants, d’homosexuels et de gitans perdaient la vie dans des conditions si atroces. Même si la visite est pénible, elle nous permet de prendre conscience de cette réalité, et de mettre bien des choses en perspective.

Dans les montagnes, en Autriche, à proximité de Munich.
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Dans les montagnes, en Autriche, à proximité de Munich.

Et qu’avez-vous aimé de Munich ?

J’ai beaucoup aimé me perdre dans les rues de Munich. Comme presque tout a été rasé lors de la Deuxième Guerre mondiale, les bâtiments de la ville sont pour la plupart assez récents. Mon expérience des biergarten m’a particulièrement plu. Il s’agit de parcs transformés en véritables brasseries à ciel ouvert où sont installées des tables de pique-nique. Une belle occasion d’être dehors, de boire entre amis et de goûter à de bons bretzels ! The Englischer Garten, un immense parc dans le centre de la ville vaut aussi le détour ! Magnifiquement bien aménagé avec ses jolis sentiers, il attire les joggeurs, des promeneurs avec leur chien, et on peut même s’y promener à cheval ! Les surfeurs ont aussi adopté l’endroit, car la rivière qui s’y trouve permet de s’adonner au surf !

Parlez-nous de votre visite à Tulum, au Mexique ?

Même si notre but était d’abord et avant tout de nous reposer, ma conjointe et moi avons été très actifs, car il y a beaucoup à faire dans la région. Nous avons visité les ruines mayas de Chichén Itzá, mais j’ai préféré celles de Coba dans la jungle. Il est très agréable de s’y promener à vélo en les admirant. Le point culminant de la visite est cette pyramide surplombant la jungle, que l’on peut gravir à l’aide d’un escalier et d’une corde. Mais il faut faire attention, car les roches sont glissantes. Je suggère aux gens de recourir à un guide accompagnateur pour en apprendre davantage sur le mode de vie et les croyances des Mayas. Leur perception du monde, dont on pourrait s’inspirer, était totalement différente de la nôtre.

Avez-vous d’autres beaux souvenirs au Mexique ?

Notre visite à la réserve de la biosphère de Sian Ka’an. C’est une réserve naturelle au sud de Tulum, classée au patrimoine de l’UNESCO. Elle est constituée de forêts tropicales, de lagunes, de mangroves et de la mer des Caraïbes. Nous avons exploré la jungle, et ce fut un véritable plaisir de nous laisser porter par le courant dans les mangroves pendant près de 45 minutes. Un pur bonheur !

Vous aimez aussi l’Italie ?

Surtout la région des Pouilles (Puglia), dans le talon de la botte, une région que j’ai trouvée tripante, car sa côte est bordée par la mer Adriatique et la mer Ionienne. J’ai eu la chance de résider à Lecce, une ville à l’architecture formidable datant de différentes époques. On dit que c’est l’une des plus belles villes d’art de l’Italie du Sud. Lecce a un centre-ville fortifié et de petites rues étroites en pierre. Je m’y suis perdu facilement, moi qui ai pourtant un bon sens de l’orientation. Son centre-ville est un véritable labyrinthe !


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