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La grève générale illimitée votée à 97,5%

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Les 10 000 responsables de services de garde en milieu familial de la province ont voté dimanche, en assemblée générale, à 97,5 % en faveur d’une grève générale illimitée.

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Après avoir eu recours à des moyens de pression depuis plusieurs semaines, les membres de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-QC) ont finalement décidé d’opter pour une grève générale illimitée à compter du 1er avril.  

« On veut lancer un message fort au ministre [de la Famille], Mathieu Lacombe. On est contentes que ça ait passé, mais on est déçues d’être rendues à ce stade-là des négociations », explique la présidente de la FIPEQ-QC, Valérie Grenon.

D’ici là, les grèves progressives se poursuivront. L’ouverture des services de garde sera retardée de 1 h 45, le 13 mars, puis de 2 h, le 20 mars. Ils ne seront ouverts qu’en après-midi, le 27 mars.

« Insultant »

Le cœur du litige entre les deux parties réside dans la rémunération des éducatrices. Alors qu’elles exigeaient un rattrapage salarial de 16,75 $/h, le ministre de la Famille a offert un montant équivalent à 12,48 $/h, rapporte M. Grenon. 

Pour arriver à ce montant, un économiste de la FIPEQ-QC doit prendre en compte les revenus des éducatrices et les subventions qu’elles reçoivent, tout en retirant les dépenses qu’elles doivent effectuer pour maintenir leur garderie à flot.

« Pour nous, c’est insultant. C’est dégradant pour ces milliers de femmes là, surtout en cette journée internationale des droits de la femme », s’indigne-t-elle.

Si les deux parties ne parviennent pas à s’entendre d’ici le 31 mars, à minuit, ce sont 60 000 familles qui se retrouveront sans services éducatifs à la petite enfance.

Des parents conciliants

Même si les moyens de pression entrepris par les intervenantes en petite enfance compliquent le quotidien des parents, Valérie Grenon affirme que la grande majorité d’entre eux les appuie.

« Depuis le début, on a senti un énorme appui des parents du Québec. [...] On est des partenaires importants pour le développement de leurs enfants et ils le reconnaissent. »

Si certains viennent à se sentir pris en otage par cette situation, ils sont invités à en informer le ministre Lacombe.

« Il doit prendre ça en main et ne pas laisser la situation se dégrader », tranche Mme Grenon.

De son côté, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, dit déplorer que les parents doivent subir l’impact des moyens de pression. 

« La conciliation famille-travail étant déjà un défi, nous regrettons le casse-tête supplémentaire », a-t-il indiqué par le biais de son cabinet.

Rappelons que, depuis le 31 janvier dernier, les services de garde en milieu familial ont organisé six grèves progressives, allant d’une quinzaine de minutes à 1 h 30.