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Deux imprimeurs profitent du déclin du plastique

Solucan offre des services d’impression sur de petites quantités de canettes

Solucan
Photo Andréanne Lemire Sébastien Baril, président de Solucan, et Jean-François Gaudreault, directeur général.

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Au lieu de se battre contre les grands joueurs, une stratégie payante est souvent de desservir les clients que ces géants délaissent. 

C’est le pari qu’ont fait Sébastien Baril et Jean-François Gaudreault en lançant Solucan, une entreprise d’impression numérique pour boissons en canettes, au grand plaisir des microbrasseries d’ici.

« On travaillait tous deux dans le domaine de l’imprimerie depuis 25 ans et on faisait affaire avec des microbrasseries du Québec. On a vite constaté qu’il y avait un besoin pour eux au niveau de l’impression de petites quantités de canettes d’aluminium », raconte Sébastien Baril. 

Le problème : les grands fabricants qui ont pour clients les Pepsi ou Molson de ce monde exigent des commandes de 75 000 à 225 000 canettes minimum, soit un chargement de camion. C’est beaucoup trop pour une microbrasserie de région, qui n’a souvent besoin que de 1000 ou 5000 canettes imprimées à l’image d’une seule de ses bières.

« Comme solution, ces microbrasseries utilisaient des manchons de plastique rétractable qui va habiller une canette déjà préformée. Par contre, cette pratique est tolérée en l’absence d’alternative, mais elle n’est pas conforme au niveau environnemental », explique Sébastien Baril.

C’est la compagnie ToneJet, d’Angleterre, qui leur a fourni une machine flexible permettant d’imprimer en petite quantité. Il a fallu quatre ans pour la développer, et plusieurs millions de dollars. 

« On a collaboré avec eux de façon rapprochée. Ce sont d’excellents ingénieurs, mais notre talent et notre expertise d’imprimeurs ont permis de combiner nos forces et de créer cette machine », dit M. Baril. 

Un marché qui explose 

L’investissement en a valu la peine, car grâce à la mauvaise presse que subit le plastique depuis un certain temps, un marché immense s’ouvre à eux. 

« Ce qui était un projet destiné aux microbrasseries est devenu une solution pour plus de clients, à notre grand bonheur. Aujourd’hui, les embouteilleurs d’eau cognent à notre porte, il y a des demandes pour des canettes de vins, d’eau pétillante, de jus, et bientôt les boissons au cannabis... Plusieurs veulent réduire leur usage du plastique en remplaçant les bouteilles par des canettes », dit Jean-François Gaudreault.

Les deux amis viennent de la région de Montréal, mais ont décidé d’implanter Solucan à Trois-Rivières, et d’y déménager. 

« C’est une ville hyper dynamique qui veut attirer les entreprises manufacturières. Géographiquement, c’est aussi un point central pour desservir toutes les microbrasseries », dit Jean-François Gaudreault. 

Le téléphone ne dérougit pas 

Mais l’entreprise doit déjà voir plus grand. 

« Des clients des États-Unis, de l’Ouest canadien, du Mexique et de l’Afrique nous appellent. On n’a pas beaucoup de démarchage à faire, les appels rentrent, et on ne s’en plaint pas ! », dit Sébastien Baril. 

Solucan veut se positionner rapidement face à cette demande avec l’ajout d’une deuxième ligne de production et possiblement d’une deuxième usine. 

« Parce que si ce n’est pas Solucan qui s’implante dans un nouveau marché, ça va être quelqu’un d’autre. Il y a vraiment une grosse demande et de l’engouement pour ce qu’on fait. »