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Le COVID-19 expose les faiblesses du système américain

Le COVID-19 expose les faiblesses du système américain

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On a beaucoup critiqué, avec raison, la réponse de l’administration Trump à la propagation du COVID-19, mais les lacunes du système vont bien au-delà du piètre leadership de l’actuel président dans ce dossier.  

Ce matin, une ancienne administratrice de la Sécurité intérieure brosse un tableau de la situation qui n’a rien de bien rassurant pour nos voisins du Sud et, par extension, pour nous. Nos dirigeants peuvent être à la hauteur et notre système mieux adapté, malgré cela, nous sommes bien souvent tributaires de ce qui se passe aux États-Unis.   

Juliette Kayyem appuie ce qui se fait jusqu’à maintenant et elle tente de rassurer du mieux qu’elle peut. Si les consignes d’usage comme celles de se laver les mains, d’éviter de se toucher le visage ou d’éviter les foules sont de rigueur et qu’elles permettent aux citoyens de ne pas se sentir totalement impuissants dans la lutte pour freiner la propagation, elles sont insuffisantes. 

Pourquoi le système américain serait-il plus vulnérable que les autres? La conseillère pointe d’abord du doigt en direction des tests de dépistage. Si le taux de personnes infectées est actuellement très bas, c’est qu’on a trop peu testé.   

Kayyem croit que le nombre de cas va augmenter significativement lorsque plus de tests seront effectués et qu’il faudra s’habituer aux retombées de cette hausse. De plus en plus d’événements seront annulés, des institutions scolaires suspendront leurs activités en classe et le commerce sera touché. Déjà, ce matin, les principaux indices boursiers étaient en baisse et Wall Street s’effondrait.  

Outre le faible taux de dépistage, l’auteure identifie l’inégalité de la couverture médicale des Américains comme une embûche majeure. Si je ne cesse de déplorer que ce grand pays n’assure pas de soins médicaux adéquats à tous ses citoyens, le prix à payer pour cette grave négligence pourrait être assumé par tout le monde.  

C’est important que tout le monde soit couvert? Oui! C’est ainsi qu’on évite des choix qui n’ont pour seule logique que les coûts, au lieu de la santé et du bien-être de tous. Au Canada et au Québec, on se souciera d’abord de se soigner, d’exiger d’être testé ou de prendre congé plutôt que de penser à la facture.   

Aux États-Unis, on prévoit déjà que des gens ayant des symptômes ne pourront se permettre de s’absenter du travail trop longtemps parce qu’ils n’en auront pas les moyens. Et si son enfant est malade ou que son école ferme, le parent peut-il rester à la maison? En a-t-il les moyens? Notre système n'est pas parfait, mais pensez à tous les outils dont nous disposons pour limiter les dégâts en pareilles circonstances!  

Je sais qu’il y a parmi les lecteurs de ce blogue d’ardents défenseurs du modèle américain. Je suis moi-même bien loin de ce qu’on pourrait qualifier d’anti-américanisme, mais cette société profondément inégalitaire pourrait souffrir bien plus que d’autres en raison des lacunes de sa couverture de santé.  

Les soins médicaux aux États-Unis sont parmi les meilleurs au monde, on y trouve quelques-uns des plus grands centres de recherche sur la planète, mais l’organisation de ce système présente des failles évidentes que le COVID-19 expose au grand jour.  

Pendant la prochaine campagne, les Américains auront le choix entre de vagues promesses de Donald Trump en santé (de meilleurs soins pour moins cher? On attend...) ou la vision démocrate qui souhaite élargir la couverture médicale.   

Qu’on favorise l’approche de Bernie Sanders ou celle des éléments les plus modérés, c’est dans ce sens qu’il faut aller. Aux coûts à court terme, il faut privilégier les économies à long terme et, surtout, la santé de tous. 

Alors que le système dans son ensemble montre ses limites, que fait le président Trump? Il continue à mentir sur le nombre de tests, à blâmer l’administration Obama et à entretenir de faux espoirs quant au développement d’un vaccin. S’il n’est pas responsable de l’état général du système, son attitude cavalière et son ignorance ne peuvent qu’aggraver la situation. Aucun pays ne pourra éviter les retombées de la propagation, mais certains sont mieux préparés que d’autres.  

Si la réflexion de Juliette Kayyem vous intéresse, vous cliquez ici.